Palis : "Tout le temps que je peux gagner..."

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    Palis : "Tout le temps que je peux gagner..."
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Geoffrey Palis - Arrière de Castres et de l’équipe de France Capé pour la première fois lors du Tournoi cet hiver, le Tarnais a été victime d’une rupture des ligaments croisés du genou gauche le 5 avril dernier. Il espère revenir en novembre et met toutes les chances de son côté pour reprendre son envol brisé par la suite.

Midi Olympique : Où en êtes-vous dans votre programme de rééducation ?
 
Geoffrey Palis : Ça va, j’en suis à deux mois et demi après ma blessure. Pour reprendre la course, je vais attendre d’aller au Cers de Capbreton le 16 juillet. Pour le moment, j’effectue du renforcement sur tout ce qui est autour du genou, les « quadris », les ischios, le fessier… Je fais un peu de watt-bike aussi pour travailler le cardio.
 
Comment vous organisez-vous, sachant que le Castres olympique est en vacances ?
 
G.P. : C’est ce qui est dur actuellement, c’est que je suis tout seul. Mais je ne lâche pas. Je vais tout de même régulièrement au Lévezou où je croise parfois un ou deux joueurs. Le kiné m’a envoyé un programme sur quinze jours pour la rééducation de mon genou. Je suis aussi en contacts réguliers avec le préparateur physique en charge des blessés pour suivre l’évolution de mon travail. Les exercices, je les connais et je peux les réaliser sans être guidé. Je suis assez autonome. Quand je reviendrai des trois semaines à Capbreton, je retrouverai la vie de groupe. Ça sera mieux même si je ne peux pas participer au rugby.
 
Quel est votre échéancier pour les mois à venir ?
 
G.P. : J’ai vu le chirurgien la semaine dernière, tout évolue bien. Les spécialistes sont prudents en général mais nous tablons sur un nouveau rendez-vous en octobre pour valider la reprise terrain. J’espère être compétitif dans le courant du mois de novembre.
 
L’appréhension de ne pas retrouver les sensations est-elle dans un coin de la tête ?
 
G.P. : La première fois, ça pouvait être le cas. Mais je n’ai plus cette crainte désormais. Je connais le processus et je sais que l’on revient très bien de ce genre de blessures sur le plan physique. Mieux qu’avant même car tu as plus de temps pour te préparer et peaufiner ta condition. Sur ce plan, ça va assez vite : après trois mois, tu reprends la course, à cinq, tu as de nouveau les appuis… Ce qui pose question, ce sont les repères de jeu. C’est ce qui est le plus dur à retrouver. Après sept ou huit mois sans jouer, les situations de rugby manquent.
 
Comment avez-vous supporté cette énième sérieuse blessure, un an après un pépin similaire ?
 
G.P. : Je ne m’attendais pas à cette rechute. Tout allait bien pour moi. J’étais sur une phase ascendante et puis soudain, à l’entraînement, tout s’est effondré. Ça a été très dur sur le coup, pendant la première semaine particulièrement. Une fois l’opération passée, j’ai pu basculer.
 
Vous vous apprêtiez à disputer les phases finales et la tournée néo-zélandaise était à l’horizon…
 
G.P. : Il n’y a jamais de bon moment pour se blesser mais c’est vrai que tout était en train de bien s’enchaîner. Ça a tout coupé. Mais je me dis que ça aurait pu m’arriver trois mois avant et je n’aurais jamais été en équipe de France, c’est comme ça… De toute manière, si tu veux te retourner le cerveau, c’est facile. J’ai suivi au plus près le titre de l’équipe et j’étais très content même si j’eus préféré en être acteur. Pour la tournée, c’est un gros regret de ne pas être parti. Maintenant, j’ai envie de me projeter et de penser à demain.
 
Après-demain, il y a la Coupe du monde 2019. Est-ce que cette motivation en arrière-plan vous anime actuellement ?
 
G.P. : Honnêtement, qui n’y pense pas ? Évidemment, j’ai envie d’en être. Mais il y a beaucoup d’échéances à court terme avant, beaucoup de facteurs qui vont entrer en ligne de compte, dont certains ne dépendent pas de moi. C’est trop tôt pour se projeter véritablement. Pour le moment, je pense avant tout à ma progression. Après, disons que l’objectif est de se donner le maximum de chances et de négliger le moins de détails possibles. Tout le temps que je peux gagner en ce moment pourra être précieux pour la suite…
 
D’autant qu’avec un Julien Dumora en forme internationale et l’arrivée de Scott Spedding, il vous faudra batailler pour avoir du temps de jeu en club…
 
G.P. : De la concurrence, il y en a toujours eu. C’est vrai qu’elle va être particulièrement dense la saison prochaine. Tant mieux, ça ne pourra que me faire avancer.
 
Votre début d’année aura aussi été marqué par la troisième mi-temps d’Édimbourg en février au terme de laquelle vous étiez marqué au visage. Cet incident a-t-il laissé une trace chez vous ?
 
G.P. : Une semaine après, c’était derrière moi. Ça ne m’a pas impacté… Bien sûr je sais que ça a fait parler et si ça a plu à certains, tant mieux. Mais à mes yeux, ça n’a été qu’un épisode et il appartient au passé.
Vincent Bissonnet
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