Le temps n’efface pas la mémoire

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    Le temps n’efface pas la mémoire
Publié le , mis à jour

Et l’on présente souvent l’histoire comme un perpétuel recommencement, manière d’affirmer que les faits s’enchaînent, parfois se répètent à intervalles plus ou moins réguliers et finissent par s’ordonner dans le temps. L’un après l’autre. L’un avant l’autre… Les calendriers du Top 14 et du ProD2 sont ainsi tombés ce jeudi comme la promesse d’un avenir meilleur.

Ils viennent nous rappeler combien, année après année, la nature a horreur du vide et comment elle fait s’enchaîner les événements avec une vitesse toujours plus grande. La saison dernière s’est à peine terminée, il y a quinze jours par une défaite cuisante des Bleus en Nouvelle-Zélande et nous en sommes déjà à rêvasser devant la grandeur des futures affiches de nos deux championnats professionnels.

Sur ce point encore, le passé reste précieux pour éclairer l’à-venir et tout ce qui nous attend demain. C’est même lui qui détermine notre échelle des valeurs, au premier rang de laquelle se trouveront désormais les retrouvailles programmées entre Montpellier et Castres, dès la première journée du Top 14. Le champion en titre sait en effet à quoi s’attendre et ce cadeau fait à Vern Cotter - c’est l’occasion unique de laver l’humiliation vécue en finale au Stade de France - a immédiatement sonné le signal d’alarme dans le camp castrais. 

On a coutume de dire que l’été du titre est celui de tous les excès, avec un retour sur terre souvent douloureux en début de compétition. Cette fois, le CO n’aura pas le temps de cogiter depuis son piédestal. Contrairement à Clermont, qui fut défait l’an dernier dès l’entame (à Bordeaux), les Tarnais sont prévenus. Et à plus d’un titre, d’ailleurs. Parce qu’en 2013-2014, leur retour à la compétition, après avoir soulevé le Bouclier de Brennus, avait été des plus douloureux. Leur qualification n’avait ensuite tenu qu’à un fil, contrairement aux Clermontois qui ont traîné leur titre comme un fardeau durant toute la saison passée, avant de s’écrouler. 

Comme pour les Castrais, les premiers pas des hommes de Franck Azéma (on vous raconte ici leur retour à l’entraînement cette semaine) seront scrutés de près. Parce que le défi de la relance immédiate est toujours délicat et certains des clubs les plus prestigieux dans l’histoire ont ainsi échoué avant de devoir tout révolutionner pour retrouver un cycle enfin favorable sur l’échelle de la performance sportive. C’est tout le défi du temps et de la continuité qui se présente à l’ensemble des clubs présents sur la ligne de départ. Et c’est tout ce qui fait la magie des premières joutes du Top 14 et de Pro D2 qui s’annoncent plus intenses que jamais. Voilà une sacrée bonne nouvelle à un an de la Coupe du monde au Japon, alors que tout va se jouer pour des internationaux désormais placés dans les meilleures conditions possibles par le fait d’une nouvelle convention FFR-LNR qui suscite l’adhésion de tous ou presque… Peut-être parce qu’il faut toujours avoir un combat à mener pour exister. Mais ça, c’est une autre histoire.

Emmanuel Massicard
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