La vie en rose

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Avant d’en devenir le dernier rempart, Kylan Hamdaoui, arrière du Stade français, fut longtemps un simple supporter du club parisien.

Il était, l’an passé, l’un des meilleurs arrières de Pro D2. Dès lors, des clubs se sont naturellement rapprochés de Kylan Hamdaoui au cœur de l’hiver, au moment où le mercato battait son plein. Le Racing a fait le forcing. Pau, Montpellier ou Castres n’étaient pas indifférents. Pourtant, au jour où le Stade français -alors à la dérive en championnat- a frappé à la porte du jeune homme, il n’a plus hésité une seule seconde : "Je supporte le Stade français depuis que je suis tout petit. J’ai encore à l’esprit l’épopée du club en 2007, le titre de champion de France et l’essai de Radike Samo. À l’époque, j’avais le maillot bleu avec les éclairs et portais aussi l’autre, le rose. Quand Julien Dupuy m’a appelé, j’ai donc immédiatement dit oui". De fait, l’attachement de Kylan Hamdaoui au club de la Porte d’Auteuil semble aller au-delà du simple souvenir d’enfance. Il poursuit : "À mes yeux, le Stade reste un club à part, un club un peu folklo. Un club qui vit, qui joue, qui ne peut traverser une saison sans avoir vécu divers rebondissements."

Naturellement porté vers le jeu de mouvement, Kylan Hamdaoui avait enfin la conviction que ses qualités d’attaquant pourraient davantage s’exprimer dans la capitale que dans tout autre club. "J’adore le jeu, la relance. Je prends des risques même si, parfois, je me plante. Je souhaitais donc intégrer un club qui ose, qui tente, qui ne joue pas avec le frein à main". Aussi décidé soit-il à marquer les esprits pour sa première année en Top 14, force est de constater que l’ancien Biarrot sera soumis à rude concurrence au Stade français. À ce sujet, le Néo-Zélandais Tony Ensor fut le meilleur Parisien de la saison dernière et, derrière lui, Djibril Camara n’a jamais déçu à ce poste. Alors, Hamdaoui sera-t-il capable de franchir le fossé séparant encore l’élite du rugby français à la seconde division nationale ? "D’autres l’ont fait avant moi, explique-t-il. Vincent Rattez (de Narbonne à La Rochelle), Yoann Huget (d’Agen à Toulouse), Sofiane Guitoune (d’Albi à Perpignan) ou Thomas Ramos (de Colomiers à Toulouse) sont autant d’exemples de belles réussites. J’espère juste qu’on me donnera ma chance."

Biarritz, pour le meilleur et pour le pire

Après avoir passé quatre saisons au Biarritz olympique, un club perpétuellement sous tension, Kylan Hamdaoui aspire aujourd’hui à plus de sérénité. Il confie : "J’ai passé des moments merveilleux à Biarritz. Mais là-bas, c’était tous les ans la même chose. Quand se dessinait la fin de saison, on ne savait jamais si le club allait se maintenir, si on fusionnerait avec Bayonne ou s’il y aurait assez d’argent pour rassurer la DNACG. Même si nous tentions tous de faire abstraction du contexte, c’était usant au quotidien. Je n’ai jamais vécu une saison lisse, normale, au BOPB". Sauvé des eaux comme le furent Alex Arrate (centre, Stade français) ou Alban Placines (flanker, Toulouse), Kylan Hamdaoui a l’opportunité de se faire connaître. La saisira-t-il ? 

Marc Duzan
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