Capitaine Basta

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Mathieu Bastareaud n’a certes rien gagné avec son équipe de Toulon ou avec l’équipe de France sur le plan collectif mais cette saison 2017-2018 a été riche sur le plan personnel. il s’est affirmé comme un leader, en club et avec les Bleus de Brunel.

À l’heure où le rugby français se cherche toujours une tête de gondole pour faire oublier les Chabal, Michalak ou Harinordoquy, Mathieu Bastareaud a pris une nouvelle dimension cette saison. Un nouveau statut facile à mesurer en se baladant en Nouvelle-Zélande en compagnie de l’équipe de France. Dans les rues d’Auckland, dans les aéroports de Wellington ou Dunedin, le trois-quarts centre tricolore était bien le seul tricolore à susciter la curiosité des badauds Néo-Zélandais, s’empressant de venir lui serrer la main ou lui demander de prendre la pose. Être ainsi reconnu au pays du rugby est un signe qui ne trompe pas. Mathieu Bastareaud est depuis longtemps un phénomène du rugby français, autant encensé que critiqué, aussi flamboyant que désespérant, aussi indispensable qu’inutile en fonction des entraîneurs et sélectionneurs successifs, lui offrant une carrière où le trois-quarts centre toulonnais a dû surfer entre les hauts et les bas. En le propulsant capitaine du RCT lors de son arrivée comme manager, Fabien Galthié lui a certainement permis de prendre la bonne vague. L’ancien demi de mêlée international avait pourtant une tripotée de joueurs internationaux rompus à l’exercice dans son effectif. Mais bluffé par la maturité et le charisme de Mathieu Bastareaud, il n’a pas hésité à lui confier les clés du camion toulonnais, devant son ami Guilhem Guirado pourtant capitaine de l’équipe de France.

Cette reconnaissance lui a aussi permis de se libérer sur le terrain. Toujours aussi percutant, il a néanmoins réussi à casser les clichés du tank incapable de faire autre chose. Mathieu Bastareaud a changé, surveille son corps et soigne ses passes, prend de la hauteur et gagne en vitesse. Une transformation qui lui permet de récolter 19 étoiles dans Midi Olympique, meilleur total pour un centre de Top 14 cette saison. Alors qu’il n’avait plus jamais été convoqué chez les Bleus depuis la coupe du monde 2015, il a retrouvé le maillot Bleu lors de la tournée d’automne alors que l’équipe de France se cherche un guide dans la tempête. C’est finalement avec l’arrivée de Jacques Brunel à la tête de la sélection que Mathieu Bastareaud a aussi pris une nouvelle dimension sur la scène internationale. Absent lors des deux premiers matchs du Tournoi des 6 Nations, en raison d’un débordement verbal en coupe d’Europe, le Toulonnais est revenu au cœur de la tempête après la soirée d’Édimbourg. Épaulant Guilhem Guirado, l’ancien parisien a rassuré une équipe en plein doute au moment d’affronter l’Italie à Marseille et s’est rapidement imposé comme un précieux soutien. Au point de devenir aussi un relais important pour Jacques Brunel à la recherche de leader. Logiquement, il a endossé la fonction de capitaine lors de la blessure de Guirado avant le dernier match du Tournoi des 6 Nations, avant d’enchaîner la tournée en Nouvelle-Zélande avec les mêmes prérogatives.

Nicolas Augot
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