O’Connell comme un symbole

Présenté aux joueurs lundi dernier, Paul O’Connell a effectué ses premiers pas sur le terrain avec le Stade français cette semaine, durant le stage à La Rochelle. La légende du rugby irlandais, par-delà les raisons sportives qui ont conduit à son arrivée, est un signal fort des nouvelles ambitions stadistes.

Afficher ses ambitions, c’est bien ; les matérialiser par des faits, c’est mieux. C’est ce qu’a fait le Stade français en fin de semaine dernière. Pour ceux qui doutaient encore de la nouvelle dimension souhaitée par les dirigeants du club de la capitale, l’annonce de l’arrivée de Paul O’Connell au titre d’entraîneur en charge spécifiquement du secteur de la touche a probablement frappé les esprits. L’ancien deuxième ligne, retraité des terrains depuis 2015, est une légende du rugby irlandais qui compte 108 sélections. Rien que ça. O’Connell a aussi à son compteur sept sélections avec les Lions britanniques et irlandais, participant à trois tournées, en 2005, 2009, où il est désigné capitaine, et 2013. Qui dit mieux ? Avec son compère O’Callaghan, on a longtemps dit que le XV d’Irlande possédait la meilleure deuxième ligne du monde. Ces deux-là ont survolé l’Europe durant de longues années, faisant de la conquête aérienne leur terrain de jeu favori.

Les zones de ruck également dans ses prérogatives

Justement, ça tombe bien. Parlons-en, de la conquête aérienne. C’est pour ce secteur de jeu que le technicien irlandais a été enrôlé. Jusque-là, il s’est exercé avec le centre de formation du Munster et avait intégré le staff de l’équipe d’Irlande des moins de 20 ans. Le C.V. d’entraîneur est mince au regard de son expérience sur le terrain. "On sait bien que les grands joueurs ne font pas toujours des grands entraîneurs, sourit le troisième ligne Sylvain Nicolas. Mais lui, il a quand même une sacrée expérience dans ce secteur-là. Et puis, il n’est pas manager. Son rôle sera vraiment de nous accompagner sur tout ce qui concerne la touche. Avec lui, je pense qu’on devrait progresser. On a vraiment hâte de voir ce qu’il va nous proposer et la façon dont nous allons travailler."

Son arrivée annoncée vendredi, Paul O’Connell n’a pas tardé à entrer en action. L’ancien capitaine du XV d’Irlande a été présenté aux joueurs lundi lors de la séance vidéo. Et a déjà fait forte impression. "On sent que c’est un mec qui a du charisme, qui est intelligent, glisse un des cadres du groupe. Et je pense qu’il va très vite parler français." Une exigence de la part du Docteur Wild, propriétaire du club. En mai dernier, ce dernier déclarait : "Le problème, c’est que Greg (Cooper) ne parlait pas français et n’avait donc pas de lien direct avec les joueurs. Nous changerons donc ça. Heyneke Meyer s’est engagé à très vite parler français." Et tous les techniciens anglo-saxons embauchés ont ce devoir. Au cours de la présentation faites aux joueurs dans la salle vidéo, il a été souligné que Paul O’Connell ne serait pas cantonné uniquement au jeu aérien. Ce véritable guerrier de la grande époque du Munster, champion d’Europe en 2006 et 2008, interviendra également sur tout ce qui touche à la zone de combat au sol avec Pieter De Villiers, en charge de la mêlée.

Un nom qui claque, qui parle aux partenaires…

Depuis mardi, Paul O’Connell est donc avec l’ensemble du squad parisien en stage à La Rochelle. Se familiariser avec l’effectif, c’est son objectif. Mais aussi poser les premières bases de ce qu’il attend de ses joueurs dans l’alignement. Voilà pour le côté sportif. Mais en allant chercher l’Irlandais sur son île, le Stade a aussi envoyé un signal fort. O’Connell, c’est un nom qui claque dans le monde du rugby. L’annonce de son arrivée n’est pas passée inaperçue sur les réseaux sociaux. "Le recrutement de Paul participe à la reconstruction que nous avons lancée, souligne le président Hubert Patricot. Le Docteur Wild a été assez clair sur l’ambition qui nous anime. On se donne donc les moyens de l’ambition que nous avons affichée. Paul O’Connell a un nom qui résonne au-delà des frontières françaises évidemment. Mais ça s’inscrit d’abord dans une logique de performance. L’idée, c’est d’aller chercher les meilleurs pour faire progresser l’équipe. Les premiers bénéficiaires seront donc les joueurs. Ensuite, évidemment les échos que nous avons de nos partenaires sont aussi très positifs. Globalement, les gens sont impressionnés par le recrutement global qui a été fait. On le sent au niveau de la campagne d’abonnement et même des hospitalités qui sont en très nette progression par rapport à l’an dernier." Convaincre les derniers réticents de la nouvelle stature du Stade français ne passera désormais que par les résultats… 

Par arnaud BEURDELEY