• Un diamant à polir
    Un diamant à polir
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Top 14

Un diamant à polir

Stéphane Onambélé - Troisième ligne de toulon. Arrivé sur la pointe des pieds en provenance de Colomiers, il a su saisir sa chance et se révèle en ce début de saison. Puissant et fougueux, le flanker a encore une belle marge de progression.

Une éclaircie dans la grisaille. Si le début de saison du RCT suscite de nombreuses d’inquiétudes, il existe au moins une satisfaction. Tout juste arrivé de Pro D2, en provenance de Colomiers, Stéphane Onambélé a trouvé grâce auprès des supporters et a su convaincre ses entraîneurs. à 25 ans, le puissant troisième ligne dispute pourtant sa première saison en Top 14. Mais pour ceux qui le connaissent, le voir exploser au plus haut niveau n’a rien d’une surprise. "Le fait qu’il signe à Toulon pouvait faire peur mais je me suis dit qu’il pouvait tirer son épingle du jeu. Il a toutes les qualités pour le poste par son gabarit, sa puissance, sa dextérité. Et il saute en touche… Le connaissant, il a dû faire un grosse préparation. C’est un joueur qui s’investit pleinement. à Colomiers, il restait après les entraînements pour travailler encore et encore. Patrice Collazo lui a donné sa chance et il a gagné le respect sur le terrain", raconte Fabien Berneau, responsable du centre de formation de Colomiers mais aussi ancien coéquipier d’Onambélé. "Il a commencé à intégrer le groupe professionnel lors de mes deux dernières années de joueurs (en 2013-2015). Je l’ai eu ensuite au centre de formation. C’est un vrai passionné. Il s’intéressait à tout, il me posait énormément de questions pour progresser", poursuit l’ancien troisième ligne columérin qui décrit un garçon "sain et intelligent sur et en dehors des terrains".

Déjà au-dessus du lot dans les catégories de jeunes, le flanker a franchi un cap la saison passée. En vingt-trois rencontres, il a inscrit 4 essais, fait étalage de sa puissance et de ses qualités dans l’antichambre du Top 14. "Il a explosé, notamment sur la dimension physique. Il était déjà athlétique mais en deux ans, il s’est vraiment étoffé", détaille Berneau.

Sans maîtrise, la puissance n’est rien

Et ses performances ont tapé dans l’œil de Fabien Galthié et Mourad Boudjellal. Un choix qui satisfait aujourd’hui Patrice Collazo. Le nouveau manager toulonnais n’a pas hésité à lancer le jeune joueur dans le grand bain avec déjà trois titularisations. "Quand on suit le rugby, on n’est pas surpris. Un joueur qui est capable de traverser le terrain en Pro D2, ça veut dire qu’il peut jouer en Top 14, qu’il a des prédispositions", explique l’ancien pilier. Et de poursuivre : "Quand on parle de Stéphane, on évoque cette envie d’avancer, une fraîcheur et une forme d’insouciance. Il joue tel qu’il est. Il est passé de Colomiers à Toulon mais c’est toujours comme s’il évoluait au stade Bendichou."

S’il mesure sa chance d’être "dans le plus grand club de ces dix dernières années - Toulon je n’osais pas en rêver", Stéphane Onambélé sait qu’il ne doit pas s’endormir sur les louanges qui accompagnent son début de saison. "Je dois progresser dans la lecture du jeu. J’ai de la fougue, de l’énergie, mais il faut canaliser cela, jouer un peu plus debout, penser à lever la tête", admet-il de son ton qui peut parfois surprendre, très professoral et passionné. Et s’il se montre élogieux envers son joueur, Patrice Collazo abonde : "Il ne se pose pas de questions. On lui demande d’être comme ça mais à nous de l’encadrer avec des joueurs qui lui permettent de faire exploser son potentiel. Il doit gagner en maîtrise dans le dernier geste. Quand il déboule dans le fermé sur cinquante mètres, il perd le ballon derrière. Ca veut dire qu’il y a des choses perfectibles." Perfectible mais déjà presque incontournable. Un pari en passe d’être gagné.

Par Fabrice Michelier 

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