• Déjà les « phases finales »
    Déjà les « phases finales »
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Top 14

Déjà les « phases finales »

Montpellier - Dos au mur après leur défaite à Grenoble, les Héraultais, battus trois fois cette saison dans leur antre, doivent triompher de Pau dimanche pour rester au contact du Top 6.

L’heure de vérité. Montpellier va jouer en grande partie sa saison sur les quatre prochains matchs. Trois réceptions consécutives, Pau, Lyon en Top 14 et Newcastle en Champions Cup, suivies d’un voyage à Édimbourg. Une défaite sur la scène européenne serait synonyme d’élimination. Là où un quatrième revers à domicile en championnat exclurait quasi définitivement le MHR de la lutte aux phases finales. Et la crise serait alors inévitable. Kélian Galletier refusait d’envisager ce scénario noir après la défaite à Grenoble : "On va basculer tout de suite sur Pau, même si on a peu de temps pour le préparer. À domicile, on n’a plus le droit de perdre, c’est hors de question." Antoine Guillamon confirme : "On a des points de retards à rattraper, maintenant c’est la course aux points…"

Alors, sont-ils réellement capables de réaliser un "grand chelem" pour rester en course dans les deux compétitions ? Non, selon plusieurs données : six défaites lors des huit dernières rencontres, accumulation de blessés, manque de confiance…

Condamnés au quatre à la suite

Pourtant, Paul Willemse y croit dur comme fer : "Nous pouvons encore faire tourner notre saison, rien n’est perdu. Pour moi, il ne manque qu’une petite chose qui peut tout changer. Il y a juste un petit truc qui ne marche pas bien dans l’équipe et on va le trouver. Je sens qu’on va le faire (le grand chelem, N.D.L.R.)." 

D’autres fais donnent d’ailleurs raison au Sud-Africain : les Cistes ont déjà réalisé une série de quatre succès cette saison (Toulouse, à l’Usap, Toulon et Édimbourg) et ils ont toujours répondu présent lors des matchs couperets cette saison, contre Toulouse, à Agen ou face au RCT en Coupe d’Europe. Cette équipe a de l’orgueil, du caractère et reste soudée au bord du précipice. "Il y a une bonne ambiance dans le groupe, nous sommes juste en manque de confiance et en colère par rapport à nos résultats. C’est trop facile de parler des mauvaises choses, de la mauvaise ambiance quand une équipe perd. Moi, je ne vois qu’une mauvaise période. Et je pense même que le groupe est encore un peu plus proche que l’an dernier, car tu ne changes réellement que dans la difficulté. On veut utiliser ces moments difficiles pour se rapprocher encore et devenir ainsi une vraie équipe", ajoute le deuxième ligne. Et pour que ces propos aient encore du sens dimanche soir, le MHR doit triompher de Pau, un adversaire à sa portée qui affiche une dynamique encore plus négative que la sienne (7 défaites sur les 8 derniers matchs).

Mais attention au piège, car Montpellier joue sans « filet ». Il n’affiche plus de régularité sur ses forces de l’an passé, hormis les ballons portés. Sa mêlée a encore été chahutée à Grenoble, sa défense n’est plus souveraine (10e de Top14, 30 essais encaissés), son jeu au pied d’occupation manque parfois de précision, la domination physique de ses avants sur les collisions est limitée et les erreurs techniques, trop nombreuses. Les Cistes ne peuvent donc pas développer assez souvent ce rugby de pression et d’usure qui les a menés en finale l’année dernière. La clé ? Une prise de conscience individuelle : chaque élément doit élever son niveau de jeu, d’exigence et de concentration, pour redevenir dominant. Et permettre ainsi au collectif de retrouver de l’avancée et de la confiance.

Le retour de Nemani Nadolo, comme les montées en puissance de Yacouba Camara, Jacques du Plessis et Benoît Paillaugue, doivent tirer les autres vers le haut. Montpellier veut réapprendre à faire des choses simples, mais à la perfection. Une visée affichée par Paul Willemse face à la Section puis contre Lyon et… : "Une seule chose importe pour chaque joueur de l’équipe : gagner. Si on trouve le jeu pour y arriver, qu’il plaise ou non, on l’utilisera." L’heure est venue.

 

Par Julien Louis 

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