Un derby basque sur fond de plaintes

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    Un derby basque sur fond de plaintes
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D’aussi loin que l’on s’en souvienne, les sommets du Pays basque entre Bayonnais et Biarrots ont toujours charrié leurs lots de petites histoires plus ou moins folkloriques, plus ou moins graves, plus ou moins graveleuses, qui contribuent, en exacerbant la rivalité entre les deux clubs, à faire monter la température autour du prochain match entre les deux locomotives de feu le comité Côte basque-Landes.

Ce derby du 4 avril 2019 n’a pas échappé à la règle. À l’heure du politiquement correct, les supporters de Bayonne ont franchi la ligne jaune le 14 mars dernier, au retour d’un déplacement de l’Aviron à Mont-de-Marsan. Ce soir-là donc, passablement énervé par la défaite des leurs chez les Montois (17-13), un groupe de supporters bayonnais réalise une vidéo d’un goût douteux, au cours de laquelle ils profèrent des insultes homophobes à l’encontre de Jean-Baptiste Aldigé, le président du directoire du Biarritz olympique. Postée naïvement sur les réseaux sociaux, ladite vidéo n’a pas tardé à faire réagir du côté d’Aguilera. Et même si ses auteurs ont retiré la publication douteuse des réseaux dès le lendemain de sa mise en ligne, le mal -profond- était fait.

Jean-Baptiste Aldigé, dans la foulée mandatait un huissier de justice pour faire constater les propos homophobes tenus dans le film, et portait plainte le jeudi 21 mars pour « injure publique envers un particulier en raison de son orientation ou identité sexuelle ». Mardi 26 mars à 14 h 41, la direction du BO se fendait d’un communiqué intitulé « Non à l’homophobie » dans lequel elle condamnait fermement « les agissements des supposés membres de l’association de supporters de l’Aviron bayonnais, le BOC (Bayonnais d’Origine Certifié). Le communiqué regrettait aussi ouvertement « l’attitude des dirigeants de l’Aviron bayonnais qui, avertis immédiatement de la situation ont choisi d’ignorer et donc de cautionner de tels agissements ».

Moins de trois heures plus tard, à 17 h 40, la réponse de l’Aviron arrivait, tranchante comme une lame. Par la voix de son président du directoire Philippe Tayeb, le club de Bayonne s’inscrivait en faux contre les déclarations de son homologue biarrot. « L’Aviron bayonnais ne peut en aucun cas accepter d’être entraîné dans une polémique qui lui est totalement étrangère. […] L’Aviron n’est en rien homophobe, ni directement, ni indirectement, ni ouvertement, ni de façon subliminale. »

Deux jours après, le jeudi 28 mars, c’était au tour de la LNR de prendre position et de crier son « Non à l’homophobie », toujours par voie de communiqué. « L’homophobie n’aura jamais sa place dans le sport, sur les terrains et en dehors Ces propos et les comportements homophobes sont aux antipodes des valeurs partagées dans le rugby. »

Jeudi, dans un Jean-Dauger débordant, espérons que le jeu apaisera les tensions, que les deux présidents se serreront la main et que cette polémique de bas étage sera enterrée sous une orgie d’essais. Pour qu’enfin, on parle de rugby.

Par David Bourniquel

midi olympique
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