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Gourdon : "Il n’y a jamais un moment où tu peux faire une pause"

Le troisième ligne international de La Rochelle, Kevin Gourdon, se confie sur la période difficile traversée il y a quelques mois. Envahi d'une saturation certaine du rugby, il a entamé une formation en maçonnerie pour se changer les idées mais aussi "faire quelque chose d'autre". Entretien.

 

Midi Olympique : Kevin, tout n’a pas été rose cette saison, notamment il y a quelques mois à l’automne. Pouvez-vous revenir sur cette période difficile ?

Kevin Gourdon : J’ai fais une bonne préparation puis j’ai eu quelques pépins qui m’ont gêné. Puis après, ça ne s’est pas bien enchaîné pour moi. Je pense que le corps n’allait pas bien, la tête non plus. Et ça a fait un peu effet boule de neige. En milieu de saison sur le terrain, j’étais un peu perdu. Les ballons ne m’arrivait pas. C’était compliqué à expliquer.

Est-ce en raison une mauvaise préparation d’avant saison ?

K.G. : Non, j’ai toujours apprécié les périodes de préparation physique parce qu’il n’y a que ça à penser. Il n’y a pas de pression extérieure par rapport au match. Tu as ta séance, il faut la faire à fond.

Petit à petit, à partir de la fin de l’hiver, vous avez été plus incisif en match, non ?

K.G. : J’ai eu une grosse remise en question. J’ai énormément bossé aux entraînements, comme rarement. Je pense que ça paye de travailler de façon plus rigoureuse. Même chez moi, en termes de récupération. Je suis vraiment passé dans un truc ultra-professionnel en me disant “voilà, il faut que je mette toutes les chances de mon côté si je veux retourner en équipe de France”. C’est à moi d’être hyper rigoureux aux entraînements sur ma préparation. Faire ça, ça et encore ça, alors que je ne le faisais pas forcément d’habitude. C’est une question de mieux travailler.

Comment expliquer cette période dans le creux de la vague ? Est-ce une forme de saturation ?

K.G. : C’est la redondance de tout. Ce que je veux dire, c’est que c’est un cursus, avec le centre de formation puis le monde professionnel. Tout s’enchaîne très vite et finalement tu passes pro. Tu joues, tu joues et il n’y a jamais de moment où tu peux avoir une pause. Et ça fait beaucoup…

Est-ce la saison la plus compliquée de votre carrière ?

K.G. : Franchement, oui. J’ai débuté ma carrière en 2012 et tout s’était plutôt bien goupillé. Même si une année avec Patrice (Collazo), la première je crois, je n’avais pas trop joué. Mais il y avait eu un concours de circonstances pour que je réintègre le groupe et j’avais cassé la ligne à ce moment-là. Mais sinon, oui, tout s’était plutôt bien passé.

Vous parlez de redondance. Que faire à côté pour se changer les idées ?

K.G. : En ce qui me concerne, j’ai entamé un CAP maçonnerie parce que j’avais envie de faire quelque chose en dehors du rugby. On a un peu de temps même si la maçonnerie ce n’est pas la formation la plus simple et la moins fatigante du monde. J’avais envie de faire quelque chose d’autre, même si ce n’est pas toujours évident d’y aller sur les jours de repos. Au-delà du diplôme, j’ai envie d’avoir un peu d’expérience et de faire autre chose. Et pourquoi pas faire autre chose pendant mes dernières années années de carrière sportive.

On vous sent davantage impliqué ces dernières semaines, le sourire revient plus souvent. C’est aussi votre sentiment ?

K.G. : C’est en train de changer petit à petit et je me sens de mieux en mieux. Par exemple, le jour de la finale de Challenge Cup (le 10 mai à Newcastle contre Clermont), j’étais très excité toute la journée. Bizarrement, ça ne m’arrive pas. Je suis en chambre avec Romain (Sazy) et d’habitude, c’est lui qui est insupportable. Finalement, c’est moi qui l‘ai saoulé toute la journée ! (rires) Je n’avais qu’une envie, c’était de jouer, jouer, jouer…

Pourquoi un tel regain d’envie ?

K.G. : Je ne sais pas l’expliquer. C’était comme ça. D’habitude, je ne fais pas chier Romain. Je lis tranquillement mes bouquins dans la chambre. J’étais vraiment excité. Après, c’était une finale et c’était un peu particulier.

Une liste de 65 joueurs est sortie dans la perspective du Mondial. Vous n’y êtes pas mais elle est aussi non exhaustive.

K.G. : Oui, il y avait bien marqué non exhaustif mais si tu n’es pas dans les 65, c’est que ça ne sent pas très bon. Mais c’est normal au vu de ma saison. Je comprends parfaitement qu’on puisse avoir des réserves sur mon cas. Mais je continue à travailler, justement pour pouvoir casser la ligne, comme on dit. Ce serait une belle surprise d’y être.

 

 

Arnaud BEBIEN
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