• Maro Itoje, avec le trophée de la Champions Cup
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  • Maro Itoje, la tête et les bras
    Maro Itoje, la tête et les bras
  • Sur une séquence du Leinster, le ballon semble parfaitement libéré et protégé au sol, avec un joueur placé en position de « gripping  ». Maro Itoje semble donc logiquement arriver trop tard pour contester le ballon. Mais c’est mal connaître l’Anglais… Plutôt que d’amorcer un contre-ruck, le deuxième ligne des Saracens choisit plutôt de tirer au sol le premier soutien, obligeant un autre de ses partenaires à venir se consommer.
    Sur une séquence du Leinster, le ballon semble parfaitement libéré et protégé au sol, avec un joueur placé en position de « gripping ». Maro Itoje semble donc logiquement arriver trop tard pour contester le ballon. Mais c’est mal connaître l’Anglais… Plutôt que d’amorcer un contre-ruck, le deuxième ligne des Saracens choisit plutôt de tirer au sol le premier soutien, obligeant un autre de ses partenaires à venir se consommer.
  • Ensuite ? Itoje poursuit son travail, en restant scrupuleusement dans l’axe du ruck, de façon à ne pas être sanctionné par M. Garcès. L’Anglais parvient ainsi à « tirer » encore trois adversaires, dont un qu’il parvient à carrément éliminer en le propulsant au sol. Au final, d’un ruck qui aurait pu ne mobiliser que deux joueurs, Itoje parvient à en « griller » cinq. Plus du tout la même histoire pour l’attaque, privée de trois soutiens potentiels…
    Ensuite ? Itoje poursuit son travail, en restant scrupuleusement dans l’axe du ruck, de façon à ne pas être sanctionné par M. Garcès. L’Anglais parvient ainsi à « tirer » encore trois adversaires, dont un qu’il parvient à carrément éliminer en le propulsant au sol. Au final, d’un ruck qui aurait pu ne mobiliser que deux joueurs, Itoje parvient à en « griller » cinq. Plus du tout la même histoire pour l’attaque, privée de trois soutiens potentiels…
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Champions Cup

Maro Itoje, la tête et les bras

Si la défense des Saracens s’est avérée déterminante en finale de Champions Cup, celle-ci doit beaucoup au travail de son deuxième ligne, dont les intelligentes interventions dans les rucks ont obligé les attaquants du Leinster à se surconsommer. Analyse et explications.

Tous ceux qui ont assisté à la dernière finale de Champions Cup entre les Saracens et le Leinster auront nécessairement été frappés par une impression : celle de voir, au fur et à mesure de la rencontre, les Irlandais attaquer en perpétuel sous-nombre, au pont de devoir se cantonner à un jeu de possession à une passe fatalement rendu inefficace par la dimension physique supérieure des joueurs anglais.

De quoi se poser la question : comment les coéquipiers d’Owen Farrell sont-ils parvenus à se retrouver presque systématiquement en supériorité numérique face aux assauts irlandais ? On peut bien sûr, en premier lieu, évoquer l’excellence de la condition physique des Sarries, capables de se relever et de se replacer à une vitesse hallucinante, et cela même lors des rares situations de franche avancée du Leinster.

Une explication certes tout à fait recevable, mais qui ne saurait suffire à elle seule. D’autant plus que les Irlandais sont également réputés pour être une des équipes les plus "fit" d’Europe, et avaient en outre sur cette rencontre l’avantage de la fraîcheur…

De fait, c’est bien au rayon technico-tactique qu’il s’agit de rechercher l’explication. Laquelle s’est manifestée, après une deuxième vision du match, par une surconsommation des joueurs irlandais dans les phases de rucks offensifs. Une inefficacité inhabituelle, qui doit évidemment beaucoup à la densité physique des George, Skelton, Itoje ou Vunipola. Mais également à une bonne part de malice… Il fut en effet patent que, sur cette rencontre, les Anglais ont utilisé quelques artifices auxquels les Irlandais ne s’attendaient pas, à commencer par un Maro Itoje diablement malin…

Utilisation intelligente de la règle

Qu’a fait le deuxième ligne international, au juste ? Oh, rien d’autre qu’une utilisation subtile du règlement… Ainsi, sur certaines situations où les Irlandais semblaient avoir gagné le ballon, Itoje a à plusieurs reprises semé une belle pagaille. Non pas en les engageant des contre-rucks pour les repousser dans l’axe, mais en cherchant systématiquement à faire tomber le joueur adverse situé en "tête de pont", en le tirant vers l’avant.

La manœuvre obligeant les partenaires de se dernier à se porter au soutien, ce qui eut pour effet de consommer beaucoup plus de joueurs que prévu, à l’image de l’exemple ci-dessus, qui mobilisa quatre soutiens offensifs au lieu d’un seul ! Une manœuvre certes discutable du point de vue de l’esprit du jeu, mais que rien n’interdit dans le règlement. En effet, l’alinéa 16 de la règle 15 le stipule en toutes lettres : dans un ruck, un joueur ne doit pas

- Ramasser le ballon avec leurs jambes.

- Écrouler intentionnellement ou sauter sur le ruck.

- Marcher intentionnellement sur un autre joueur.

- Tomber au-dessus du ballon quand celui-ci sort du ruck.

- Botter, ou tenter de botter, le ballon hors du ruck.

Rien qui interdise donc de tirer un joueur vers le sol… Un coup de Jarnac grandeur nature qui a fichtrement bien fonctionné, au moment le plus important de la saison… De quoi donner des idées avant les phases finales qui s’annoncent, et pourquoi pas de la prochaine Coupe du monde ? Réponse dans les prochaines semaines.

ZANARDI Nicolas
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