• Maro Itoje avec le trophée de la Premiership
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Entretiens

Itoje : « Chaque saison, c'est plus difficile »

La « pieuvre » du pack des Saracens a accroché un trophée de plus à son palmarès. Dans les coulisses de Twickenham, il a commenté le retour fantastique des Saracens pour s'imposer in extremis en finale du championnat anglais face à Exeter (37-33).

Il a encore fait un match de folie par son abnégation et son activité frénatique. Il y a gagné un carton jaune et une titre d' « Homme du match ». Itoje banalise l'excellence et les Saracens se sont imposés 37-33 après avoir tremblé.

Midi Olympique : Quels sont vos premiers sentiments après ce nouveau triomphe ?

Maro Itoje : Je pense vraiment que quand nous sommes à notre sommet, il faut vraiment être très fort pour nous battre, il faut être une drôle d'équipe pour nous perturber. Après, je le reconnais, nous n'avons pas été au top de nos possibilités aujourd'hui. Nous avons même été hors-sujet une large partie du match. Mais à 27-16 pour Exeter, on a compris que le choix était clair. Soit tout était fini, soit on donnait tout pour revenir.

Qu'est qui explique votre retour après avoir compté onze points de retard ?

M. I. : Je pense que parmi nos atouts, il y a aussi le caractère et nous en avons à revendre. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu Exeter aussi fort. Ils nous ont poussé dans nos retranchements, ils ont trouvé des espaces dans notre défense, et si nous n'avons pas brillé plus que ça, nous avons eu la force de caractère pour surmonter ce processus. Je crois aussi que nous avons aux Saracens des leaders fantastiques, capables de nous galvaniser au bon moment. Je pense à des gars comme Owen Farrell ou Richard Wigglesworth. Croyez-moi, ils ont su le faire samedi et nous avons compris qu'il nous restait assez de temps pour revenir.

On a eu sincèrement peur de vous voir tomber dans la fébrilité....

M. I. : Nous savons tout simplement qu'un match dure 80 minutes pas 60 ou 65, c'est important de le rappeler. Et je savais que nous ferions le maximum pour revenir au score, mais je savais aussi que nous serions capable de jouer à fond quand nous retrouverions le momentum. C'est ça qui est difficile, profiter d'un temps fort pour le faire fructifier au maximum. C'est ce qui s'est passé sur notre dernier essai, conclu par Jamie George. Nous étions déjà repassés devant, mais nous sommes allés quand même au bout de nous-même sur cette séquence.

Qu'est ce qui définit ce club si spécial ?

M. I. : Nous sommes une équipe qui progresse constamment. Mais on a l'impression que plus on progresse plus on nous en demande. Personnellement, je trouve que chaque saison est plus dure que la précédente. Je vous assure malgré nos résultats, cette saison a été très dure d'un point de vue physique et d'un point de vue émotionnel.

Ne craignez vous pas une lassitude ?

M. I. : Je n'ai pas de doute que nous allons continuer sur cette lancée, même si je ne serai pas là pour le prochain début de saison (à cause du Mondial, NDLR) mais je sais comment ce club travaille.

Vous êtes jeune, mais vous avez déjà un gros palmarès et pas mal de sélections. Vous êtes désormais un joueur d'expérience. Comment définiriez vous ce terme ?

M. I. : En fait l'expérience, c'est ce qui vous permet de vous dire que les choses ne vont pas aussi mal qu'elles en ont l'air et qu'on peut toujours s'améliorer ; et c'est ce qui vous fait dire aussi que les choses ne vont pas aussi bien qu'elles en ont l'air et qu'il faut continuer à travailler dur. J'aime bien cette formule.

Quid de votre titre d'homme du match ?

M. I. : Vous le savez, je ne goûte pas trop ces distinctions individuelles. En tout cas je la partage avec tous les salariés de l'organisation des Saracens, tous ceux qui nous mettent dans les meilleures conditions.

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