• Sébastien Bézy (Toulouse) lors de la demi-finale contre La Rochelle
    Sébastien Bézy (Toulouse) lors de la demi-finale contre La Rochelle Icon Sport - Icon Sport
Publié le / Modifié le
Top 14

Stratégie : les bancs des acculés

Attendue comme ultra-serrée, cette finale entre les deux plus grosses puissances du championnat pourrait tout à fait se jouer dans le money-time, où le coaching des managers sera prépondérant. un art délicat dont les toulousains ont prouvé face à la rochelle qu’ils le maîtrisaient...

C’est l’arme absolue, l’apanage des très grands clubs comme Toulouse ou Clermont. Celui de pouvoir compter, au sein de leur banc de remplaçants, sur autant de titulaires en puissance… Concernant Clermont ? Ce fut une force majeure tout au long de la saison, qui leur permit de faire tourner en permanence leur effectif, avec une régularité remarquable (26 journées sur 26 passées dans les 6 premières places). Quant au Stade ? Si les analystes doutaient en début de saison de la qualité des réservistes toulousains, ceux-ci ont prouvé tout au long de l’année qu’ils étaient de l’acabit des titulaires. La preuve en fut d’ailleurs apportée lors de la demi-finale contre La Rochelle, qui vit clairement les remplaçants haut-garonnais gagner la rencontre après le travail de sape des titulaires…

En remplaçant ainsi Tekori par Gray, Faumuina par Van Dyk et Mauvaka par Marchand, Ugo Mola et son staff purent amener un surplus de mobilité dopé par le changement stratégique à la charnière avec l’arrivée de Sébastien Bézy et le déplacement de Dupont à l’ouverture, tandis que la caution « puissance » au sein du pack redoubla d’intensité avec les entrées de Castets pour Baille, de Fa’asalele pour Elstadt et surtout celle de Tolofua à la place de Kaino, dès la 50e. Un dernier choix qui avait de quoi interpeller ? Pas tant que ça… « Je sentais qu’on dominait physiquement et que notre banc allait apporter, nous confirmait au lendemain du match le capitaine toulousain. Nos coachs savent très bien ressentir quand il faut sortir un joueur du terrain, pour le bien de l’équipe. À titre personnel, j’aurais encore pu jouer quelques minutes, bien sûr. Mais ma culture est de respecter les choix et de ne pas envoyer de mauvais messages à l’équipe. C’est arrivé souvent cette saison, et ça s’est toujours bien passé. Je respecte à fond. »

Clermont, des réserves sur la charnière ?

Une stratégie qui, à en croire Imanol Harinordoquy, était surtout due aux circonstances et ne sera pas forcément reproduite samedi. « Si Toulouse prend le score, je ne serais pas étonné que Kaino reste davantage, pour apporter de la sérénité, nous expliquait l’ancien numéro 8 international. On l’a vu sur l’autre demie : le capitaine Fritz Lee est resté beaucoup plus longtemps sur le terrain contre Lyon parce que son équipe avait besoin de froideur pour gérer cette avance. Mais rien ne dit que, s’ils avaient été menés au score, Franck Azéma ne l’aurait pas remplacé plus tôt par Peceli Yato. »

Parce que le coaching constitue évidemment le dernier recours pour une équipe acculée dans les cordes. Un atout dont les Auvergnats bénéficient évidemment en première ligne, où la triplette Uhila-Ulugia-Zirakashvili ferait le bonheur de bien des équipes, tandis que des joueurs comme Cancoriet, Nanai-Williams ou Naqalevu incarnent le profil d’impact-players par excellence, susceptibles de faire exploser n’importe quelle défense… La réserve ? On la situera plutôt en cas de blessure précoce au sujet de la charnière… En effet, si Laidlaw a bien assuré un intérim remarquable à la mêlée en l’absence de Parra, on peut craindre qu’en cas de blessure de lui ou de Lopez, le jeune Cassang et le fantasque Nanai-Williams aient un peu de mal à faire oublier les titulaires dans la gestion du jeu. De quoi faire la différence ? Réponse samedi soir… 

Sur le même sujet
Réagir