• Thomas Ramos, Romain Ntamack, Yohann Huget, Gaël Fickou et Louis Picamoles durant l'hymne française lors du Tournoi des 6 Nations 2019
    Thomas Ramos, Romain Ntamack, Yohann Huget, Gaël Fickou et Louis Picamoles durant l'hymne française lors du Tournoi des 6 Nations 2019 Icon Sport / Icon Sport
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Coupe du Monde

Une liste de 31 sous pression !

Le sélectionneur Jacques Brunel a été clair : il n’hésitera pas à se priver d’un joueur ne satisfaisant pas aux exigences physiques du staff et à faire appel à un réserviste.

Mathieu Bastareaud peut témoigner, Jacques Brunel, malgré son image paternaliste, peut se révéler impitoyable, cinglant et même dénué d’empathie. Se priver de son vice-capitaine, douze fois présent sur les seize matches disputés par le quinze de France sous l’ère Brunel (décembre 2017-2019), n’a rien d’anodin. Au contraire. Brunel avait averti en amont de l’annonce de cette liste de joueurs retenus pour le Mondial au Japon. "On leur a donné des objectifs, notamment physique, pour la préparation à cette Coupe du Monde, avait-il déclaré au moi de mai sur le site internet de la FFR. Ceux qui n’auront pas rempli ce contrat-là ne pourront pas y participer, quel que soit le joueur. Je n’ai pas de gestion de carrière à faire, ni d’amitié ou de collaboration à vouloir continuer coûte que coûte. " Des propos exempts de toute ambiguïté qui viennent expliciter l’éviction de "Basta", coupable de ne pas répondre aux nouvelles exigences physiques.

Mais force est de s’interroger : le futur New-Yorkais sera-t-il le seul à subir les foudres de la nouvelle lubie du Staff tricolore, semblant découvrir que le rugby moderne est fait de vitesse et de mouvement ? Mardi, dans une des tours du quartier sans âme de La Défense qui abrite le siège de la Société Générale, le moustachu le plus célèbre du rugby français, sans jamais élever la voix, a renouvelé son discours. "On a donné à tous des objectifs physiques mais aussi en termes d’implication. Si certains ne les remplissent pas, les suppléants sont là ", a déclaré mardi Brunel. Une menace à peine voilée. Ou comment placer un groupe sous pression pour qu’il ne se repose pas sur ses lauriers ?

Eviter un nouveau psychodrame

Contrairement aux éditions préparations précédentes, Brunel a souhaité clarifier la situation avant même le début de l’aventure. Les 31 futurs Mondialistes sont connus, les "réservistes", au nombre de six, aussi. "L’objectif, c’est d’éviter les cassures liées au choix des joueurs à la fin, a souligné Brunel. On espère que chacun pourra ainsi se préparer au mieux." En 2015, Philippe Saint-André n’avait annoncé sa liste des 31 joueurs retenus que le 23 août, écartant ainsi Sébastien Vahaamahina, Rémi Lamerat, Loann Goujon, Xavier Chiocci et François Trinh-Duc. Ce dernier avait très mal vécu la situation. En 2011, le sélectionneur de l’époque Marc Lièvremont avait annoncé également une liste de trente joueurs au lendemain du dernier match de préparation face à l’Irlande, se séparant de Thomas Domingo et Sylvain Marconnet. Un épisode qui avait marqué une première cassure, la non-sélection de Marconnet ayant "choqué" plusieurs joueurs de l’époque.

Vous l’avez compris, Jacques Brunel souhaite éviter qu’un nouveau "psychodrame" vienne polluer l’atmosphère du XV de France, déjà bien empoisonnée ces derniers mois par des résultats calamiteux et décisions manquants de cohérence. Il n’empêche, il a placé ses 31 "Mondialistes" devant leurs responsabilités. S’ils ne sont pas prêts, Brunel n’hésitera pas à se passer d’eux à l’instant de transmettre la liste définitive à World Rugby. Désormais, la jurisprudence "Bastareaud" fait foi.

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