• Pablo Matera, ici lors de la victoire des Jaguares chez les Hurricanes, va vivre à l’instar de ses coéquipiers sa première demi-finale de Super Rugby. Le troisième ligne argentin rêve d’une finale avant de s’envoler pour Paris et le Stade français.
    Pablo Matera, ici lors de la victoire des Jaguares chez les Hurricanes, va vivre à l’instar de ses coéquipiers sa première demi-finale de Super Rugby. Le troisième ligne argentin rêve d’une finale avant de s’envoler pour Paris et le Stade français. Icon Sport / Icon Sport
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Super Rugby

La der de matera

Le troisième ligne des Jaguares, Pablo Matera dira au revoir à son public avant d’aller exercer ses talents au Stade français. Un crève-cœur pour le rugby argentin.

La demi-finale Jaguares – Brumbies peut-être traitée sous bien des angles, tant la saison des Argentins est magnifique. Mais ce match marquera la dernière apparition du capitaine Pablo Matera devant son public de Buenos Aires… avant longtemps. Le numéro 8 ou numéro 6 international a déjà signé à l’étranger pour la saison prochaine. Après le Mondial, il portera la tunique du Stade français, il est donc le symbole de ce rugby argentin prolifique en talents, mais fragile en termes de moyens puisque manifestement, son entrée en Super Rugby ne suffit pas à retenir ses meilleurs joueurs au pays. On le crut pourtant en 2016… Mais les clubs du Top 14 sont si puissants financièrement. On se demande d’ailleurs ce que va devenir cette franchise si elle ne concentre plus vraiment l‘élite nationale.

Pablo Matera aura fait une saison énorme en 2019 : quinze matchs joués (sur dix-huit possibles), douze en tant que titulaire pour six essais marqués. Il est en tête des statistiques de franchissements et de offloads. En fait, il avait presque fait oublier l’exil du Toulonnais Facundo Isa tant il éclabousse les matchs de sa facilité, de sa maîtrise et sa personnalité. En avril dernier, il a impressionné tout le monde en marquant un essai plein de facilité contre les Sharks. Il avait un boulevard devant lui, une course de soixante mètres à faire pour marquer avec, tout de même un défenseur. Il choisit alors de… taper par-dessus la tête de celui-ci. Pour marquer lui-même, après le rebond, chef-d’œuvre de dosage de jeu au pied.

Sera-t-il capitaine des Pumas au Mondial ?

Il s’est mis sérieusement au rugby assez tard après avoir caressé l’espoir d’être joueur de foot professionnel. Mais on imagine que son poids l’a limité… Il est désormais un "grognard" de la sélection nationale (58 capes) puisqu’il a fait ses débuts en 2013, à 20 ans, tout de suite après le Mondial des moins de 20 ans. Mais en 2014, il eut la bonne idée de rallier Leicester comme joker de Tom Croft : il n’a joué que huit matchs chez les Tigres, mais il est revenu dans la peau d’un meilleur joueur. Il le prouva lors du Mondial 2015, puis dès ses débuts avec les Jaguares. En 2018, à la surprise générale Mario Ledesma lui offrit le brassard de capitaine à la place de Creevy. Il lui succéda aussi dans cette fonction chez les Pumas dans la foulée. Mais quand il s’est engagé avec le Stade français en janvier, tout le monde comprit que Ledesma (désormais coach des Pumas) n’apprécia pas trop la nouvelle.

Pablo Matera est resté le "patron" des Jaguares en 2019, mais tout le monde se demande s’il va rester celui de l’équipe nationale lors du prochain Mondial. Si c’est le cas, il quitterait donc le rugby argentin sur cette petite fausse note. "Nous nous étions promis de faire une meilleure saison en 2019 qu’en 2018. Nous y sommes parvenus, et il nous reste deux matchs pour faire encore mieux et je veux encore attendre avant de vivre mon dernier match sous le maillot des Jaguares." En ouverture de la Coupe du monde, les Bleus feront tout pour le contrer car il a une vraie tête de fossoyeur possible des coqs.

Frankie Deges avec Jérôme Prévot
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