• Yannick Noah a lancé en musique le congrès du centenaire de la FFR à Nantes. Photo Isabelle Picarel
    Yannick Noah a lancé en musique le congrès du centenaire de la FFR à Nantes. Photo Isabelle Picarel
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XV de France

FFR - Un air de campagne

Le Congrès du centenaire de la FFR a été marqué par une forte mobilisation, le lancement de "France Rugby" et l’accueil chaleureux réservé à la Rif, menée par la LNR. Mais aussi par les tensions entre l’équipe de Bernard Laporte et l’opposition menée par Florian Grill.

Dans la fournaise nantaise, Yannick Noah a fait grimper encore un peu plus le mercure de ce congrès du centenaire de la FFR. Au cœur d’une bodega des clubs à l’ambiance toujours aussi festive, l’ancien tennisman a donné vendredi soir un concert, offert par Le coq sportif, équipementier de la FFR, jusqu’à provoquer quelques déhanchés de Serge Simon, patron des équipes de France, entouré de Sébastien Conchy, son directeur général et Laurent Gabanini, directeur général adjoint. Mais la température ambiante n’avait pas attendu le dernier vainqueur français de Roland Garros pour exploser.

Ce qui a une nouvelle fois mis le feu aux poudres, c’est cette proposition, faite la veille en comité directeur, par Bernard Laporte de créer un "code électoral", à la façon de ce qui se pratique dans le monde politique dans la perspective des élections à la présidence de la FFR en 2020. "Nous sommes la première fédération sportive française à vouloir mettre ça en place assure, Serge Simon, vice-président de la FFR. Je ne comprends pas les réactions négatives. Ça posera les mêmes règles pour tout le monde et garantira la transparence."

Un débat animé

D’aucuns ne manqueront pas de souligner le timing de cette annonce. Trois jours plus tôt, Florian Grill, président de la Ligue Ile-de-France, entouré de son groupe de travail baptisé "Ovale ensemble" et réunissant des personnalités comme Jean-Marc Lhermet, Serge Blanco, Jean-Claude Skréla et d’autres dirigeants issus du monde amateur, a été intronisé "tête de liste" de l’opposition. "C’est clairement une mesure pour nous empêcher de mener campagne, s’insurge Grill. Si cette mesure est votée au mois de décembre lors de l’AG de Clermont, nous ne pourrons pas avoir accès officiellement à la base de contacts mails des licenciés avant le 1er avril (N.D.L.R. : date de début officielle de la campagne) nous permettant d’aller à la rencontre des clubs."

"C’est faux, rétorque Simon. Il pourra le faire avant le 1er avril. L’idée de ce code, c’est de mettre en place par exemple une obligation de créer une association dédiée, de publier les comptes de campagne, d’imposer des règles qui seront les mêmes pour tout le monde." Et Simon de cingler : "Avant, c’était le far-west." Pour Bernard Laporte, "cette mesure sera même plus contraignante pour lui". L’avenir le dira.

Laporte se défend

Toujours est-il que ce congrès a rapidement pris des airs de campagne électorale. À la bodega des clubs, Florian Grill et Serge Blanco n’ont pas manqué de profiter de l’occasion pour saluer, discuter et échanger avec des dirigeants venus de tous horizons. Et les différentes interventions de la 148e assemblée générale ont fait confirmer que le débat serait vif et intense.

"Des gens disent le rugby français moribond, au bord du gouffre, a lancé Laporte en préambule. Mais où vivent-ils, ces gens-là ? N’écoutez pas ces gens qui par jalousie, intérêt personnel ou ambition disent que le rugby est au bord du précipice. Nous sommes deux fois de suite champions du monde des moins de 20 ans, ce que seuls la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre avaient réussi avant nous." Un message exempt de toute ambiguïté, répondant aux inquiétudes de Grill et ses camarades.

Un peu plus tard, Laporte a ajouté : "Aucune ambition personnelle ne justifie qu’on diffame un élu ou un salarié de la FFR." La veille, le président de la FFR, aurait menacé Grill de justement porter plainte en diffamation contre lui pour avoir affirmé que deux salariés de la FFR avaient été missionnés pour travailler dans le cadre de la campagne des élections électorale des Ligues. Une ambiance qui laisse augurer un climat probablement houleux dans les semaines et les mois à venir, ne grandissant pas forcément le rugby.

BEURDELEY Arnaud
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