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Entretiens

Aguilar : « Finir comme ça, c’est énorme »

À bientôt 36 ans, le troisième ligne aile Guillaume Aguilar a décroché le plus beau titre de sa carrière. Et le dernier. Le joueur, capitaine de touche de l’AS Mâcon, a raccroché les crampons au soir de la finale pour devenir le futur manager général du club mâconnais.

C’est votre premier titre en carrière en Fédérale 1. Vous étiez de la finale perdue contre Rouen en 2017, c’est une belle revanche sur le sort ?

J’ai mis beaucoup de temps à réaliser que l’on était champion. Cette victoire, c’est celle du collectif, un truc que l’on partage entre nous les joueurs. Je ne pense plus au passé même si j’ai toujours une petite pointe d’amertume mais le match contre Rouen était différent.

En plus c’était votre dernier match, votre 247e en Fédérale 1.

Finir comme ça, c’est énorme. Surtout que deux minutes avant le coup de sifflet final, j’étais au fond du seau. Je revoyais plein d’images du passé, pas forcément les bonnes. Je regardais mes équipiers tenter de marquer l’essai de la victoire et ne pas réussir à le faire. Et puis…

Arrive cette fameuse dernière minute et cet essai de pénalité accordé par l’arbitre M. Ramos.

J’étais sorti en début de seconde période et sur l’action, je suis juste derrière dans l’en-but et je regarde l’arbitre. Je le vois discuter cinq minutes avec son assistant et se diriger sous les poteaux. J’ai jeté mes crampons en l’air et j’ai sauté dans les bras d’un joueur, je ne sais plus lequel, et là, je me suis effondré.

Vous avez repensé à cette saison de galères, ces trois matchs perdus d’entrée, cette place de dernier de poule et les phases finales ?

On sortait de deux saisons au cours desquelles nous avions pris l’habitude de gagner beaucoup de matchs. Au début du championnat, on était déçu pour nous, pour les jeunes qui arrivaient dans l’équipe. Mais le staff était nouveau, le projet de jeu aussi. Nous avions besoin de temps. Mais il faut reconnaître qu’on a eu peur.

Comment expliquez-vous aujourd’hui avec le recul ces mauvais résultats ?

On a manqué de constance tout au long de la saison, qui peut s’expliquer par un manque de patience surtout. Il faudra se pencher là-dessus la saison prochaine. Les phases finales ont apporté quelques éléments de réponse et ont balayé tout ça.

Jusqu’à cette victoire contre Cognac.

Oui, il ne faut pas oublier tout ce qu’on a fait avant. Le match aller en infériorité numérique contre Nîmes en huitième, le retour à Hyères en quart de finale quand Greg Paquelet réussit la pénalité du bonus défensif et de la qualification en fin de match. Cette demi-finale contre Chambéry et ces cinq minutes de défense intense. C’est pour tous ces moments que l’on joue au rugby.

Vous ne serez plus sur le terrain la saison prochaine, cela ne va-t-il pas vous manquer ?

J’ai fait beaucoup de sacrifices durant ces 15 saisons et ça a fini par payer avec cette médaille que j’ai montrée à mes enfants et à mon épouse. Maintenant, ce sont d’autres combats qui m’attendent.

Quel genre de combats en l’occurrence ?

L’AS Mâcon m’a embauché pour gérer et créer le projet de jeu de l’ensemble du club. Je vais être aussi sur le terrain comme entraîneur de l’équipe première avec les deux coaches en place Ben Noirot et Andre Hough. Je serai là pour trancher, pour donner la parole à tout le monde. Je veux de la transparence et de l’honnêteté.

Salvatore Barletta
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