• Tout à sa joie au moment de célébrer le titre de champion de France, Florent Benech s’offre une partie de surf sur le Bouclier. Voilà des moments inoubliables dans une carrière de joueur ... Photo DR
    Tout à sa joie au moment de célébrer le titre de champion de France, Florent Benech s’offre une partie de surf sur le Bouclier. Voilà des moments inoubliables dans une carrière de joueur ... Photo DR
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Portraits

Benech : un leader explosif !

Florent Benech, troisième ligne, joueur et préparateur physique, est l’un des artisans de la montée en puissance du club auvergnat.

Florent Benech, formé à Saint-Cernin et au stade Aurillacois, a connu les Reichel et les espoirs à l’ASM avant de jouer à Clermont-Cournon en Fédérale 2 et à Montluçon en Fédérale 1. Depuis cinq saisons, le troisième ligne joue avec Issoire. "Nul n’est prophète en sa demeure." Et pourtant, il s’était préparé avant tout le monde cette saison. Mais une blessure en début de championnat l’avait écarté des terrains jusqu’à la mi-octobre. De retour aux affaires, il est vite revenu à son meilleur niveau. À 32 ans, le tempérament du fougueux troisième ligne a rapidement retrouvé sa place au sein de la famille issoirienne. Et pour sa dernière saison de joueur, quelle récompense… Un titre de champion de France de Fédérale 2. Ce fils de Saint-Cernin, où son père avant lui avait joué, n’a jamais perdu son caractère de combattant. Un fidèle parmi les fidèles, jamais loin des points de rendez-vous sur le terrain. Honneur, Fédérale 3, Fédérale 2 peu importe, on rentre sur le pré pour gagner. Gagner et ne jamais rien lâcher, même dans les situations les plus difficiles. La marque de fabrique des Mauve et noir et cela depuis la nuit des temps. Mais sans doute un peu plus aujourd’hui qu’hier.

Irréprochable

Depuis cinq ans à Issoire, ses adversaires l’ont compris et surtout appris à leur dépend. "Je joue pour le maillot que je porte et les copains qui m’entourent", confie l’intéressé. Mais parfois, lui aussi, s’est retrouvé confronté au pire. Pas plus tard que cette saison où il aura vécu une minute douloureuse sur la pelouse du stade du Mas, devant son public. Le tout pour un le match comptant pour la montée en Fédérale 1. Une minute, celle juste après sa rentrée. Celle de la 54e à Issoire contre Orthez lors du 8e retour où il s’est vu sanctionner d’un rouge : "Cela aura sans doute été la minute la plus courte mais aussi la plus longue de ma carrière, se rappelle Florent Benech. Je ne sais pas ce qui m’a pris de marcher sur un adversaire. Une rancœur du match aller ? Un coup de folie ? Je n’avais peut-être pas digéré le fait de ne pas débuter le match… Je ne sais pas. Dans tous les cas j’ai laissé les miens à XIV… et pourtant je n’étais pas rentré dans le match avec cette idée en tête. J’ai été le plus malheureux des hommes durant les deux heures qui ont suivies. Inconsolable car j’avais pour la première fois honte de ce que j’avais fait. Certains m’ont sans doute haït, mais je l’avais mérité. Je me rappelle encore du regard décomposé de Léo Cabantous quand je me suis relevé. Je ne sais pas si c’était de la colère ou de la compassion…"

La peine purgée, le troisième ligne a retrouvé sa place, jurant haut et fort qu’il ne recommencerait plus. Car pour sa dernière saison de joueur, il était question d’aller chercher un titre de champion… Et justement lors de la finale face à Rumilly, en toute fin de partie (80e), Rumilly reprenait le score en inscrivant un essai non transformé (29-30). Que faire alors que le temps réglementaire était largement dépassé ? Abdiquer. Certainement pas. Il aura fallu toute la force de caractère et la ténacité du Cantalien et des siens pour aller contester un ballon au sol et récupérer la pénalité salvatrice transformée par le jeune Baudonnat.

L’an prochain, Florent Benech n’aura plus que la casquette de préparateur physique, mais se rappellera sans doute longtemps de toute cette belle épopée.

Éric Bayard
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