• Rynhardt Elstadt
    Rynhardt Elstadt Icon Sport - Icon Sport
Publié le / Modifié le
Entretiens

Elstadt, le jour de la bête

Il y a moins de deux ans, le flanker Rynhardt Elstadt débarquait à Toulouse dans l’anonymat le plus complet. Depuis devenu incontournable en championnat, il fêtera samedi sa première sélection avec l’Afrique du Sud...

Débarqué à Toulouse comme joueur supplémentaire en octobre 2017, Rynhardt Elstadt (29 ans, 1,93m et 118 kg) s’est depuis imposé dans la ville rose comme le justicier qui manquait jusque-là aux champions de France. Moins de deux ans après son arrivée en Midi-Pyrénées, le flanker sud-africain s’apprête même à célébrer sa première sélection avec les Springboks. Après Cheslin Kolbe, lui-aussi longtemps boudé par le rugby international, le Stade toulousain vient donc d’offrir un deuxième Springbok à Rassie Erasmus. Mais si l’on connaît tous les qualités de l’hyperactif Kolbe, que pourra donc apporter Elstadt au collectif sud-africain ? En quelques mots, l’ancien flanker des Stormers dresse un profil plutôt éloquent de sa personne : "En France, vous dites qu’il y a ceux qui jouent du piano et ceux qui les déménagent. Dans une équipe de rugby, les deux sont indispensables. Sans des mecs comme moi, les artistes ne peuvent pas faire grand-chose." Le grand Rynhardt assume donc volontiers le registre dans lequel il évolue. Et en revendique même l’aspect rugueux : "J’ai toujours adoré quand ça tape fort, je m’épanouis dans un rugby physique. C’est ma nature et ma culture. Puis notre sport réclame du combat, même quand on produit un jeu ambitieux comme à Toulouse."

Le rugueux Elstadt va faire vibrer l’Ellis Park

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le flanker du Stade toulousain aurait pourtant pu arriver plus tôt dans le championnat de France. Il poursuit : "En 2011, j’ai eu l’occasion de venir à Castres mais j’étais un gamin. J’ai donc préféré continuer à me construire, à me faire un CV chez moi. Et puis, quand je me suis retrouvé au bout de l’aventure avec les Stormers, Toulouse s’est présenté avec une offre. C’était le moment idéal pour basculer." Et rejoindre son pote Cheslin Kolbe, avec qui il évoluait aux Stormers. "Cheslin avait signé à Toulouse et, le jour des adieux, il était très ému, carrément en larmes. Moi, j’avais déjà quelques contacts avec le Stade et je lui ai glissé à l’oreille : "T’inquiète, je vais peut-être vite arriver." Lorsque j’ai atterri à Blagnac, on m’a directement amené de l’aéroport au stade pour assister à un match contre Clermont. C’était une découverte incroyable. La passion, le bruit, l’ambiance étaient formidables..."

Si les contacts sont rudes avec Elstadt le week-end, ils peuvent aussi l’être en semaine. Dorian Aldegheri, victime d’un plaquage sévère, en a d’abord fait les frais, jusqu’à être "électrocuté" selon un témoin de la scène. Ce qui a failli accoucher d’un accrochage général. "Vous êtes au courant de ça, se marre l’intéressé. Oui, j’avais un peu secoué "Doudou"… C’était chaud sur le coup mais c’est la manière dont je fonctionnais. En Afrique du Sud, on m’avait toujours appris qu’on s’entraîne comme on joue si on veut connaître le succès. En arrivant en France, on m’a demandé d’être plus relax." Comment aurait-il pu en être autrement, pour un joueur dont le modèle ne fut autre que Schalk Burger, le boucher de la sélection sud-africaine ? "Il est mon mentor, une légende que j’admirais depuis l’adolescence. J’ai eu le privilège de jouer une cinquantaine de matchs à ses côtés aux Stormers. Il a été mon capitaine et j’en suis fier. J’étais un petit garçon devant lui. C’est un des hommes les plus droits que j’ai pu croiser." Samedi après-midi, dans le mythique Ellis Park de Johannesburg, Rynhardt Elstadt enfilera les bottes de géant abandonnées par Schalk Burger il y a quatre ans, au crépuscule du Mondial anglais. Et si l’on était Bernard Foley, l’ouvreur d’en-face, on prendrait soin d’éviter de croiser la route du flanker au regard bleu glace. Doudou Aldegheri confirmera probablement...

Sur le même sujet
Réagir