• Pour cette nouvelle saison, les Montois de Théo Duhourquet veulent progresser sur le contenu et retrouver de l’enthousiasme. Ils ont pu se jauger en amical face à Pau le week-end dernier. Photo Icon Sport
    Pour cette nouvelle saison, les Montois de Théo Duhourquet veulent progresser sur le contenu et retrouver de l’enthousiasme. Ils ont pu se jauger en amical face à Pau le week-end dernier. Photo Icon Sport
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Saga Mont-de-Marsan

Mont-de-Marsan, une nouvelle histoire

La saison qui s’annonce marque pour le Stade montois une nouvelle ère. Mais comme à l’habitude dans la capitale landaise, le changement se fera par petites touches.

Il y a trois mois à peine, les Montois terminaient leur parcours par une défaite cinglante en barrage sur le terrain de Vannes. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts de la ville aux trois rivières, et c’est un nouveau roman que les coéquipiers de Julien Tastet s’apprêtent à écrire. Ils vont s’y atteler sous les ordres d’un staff en partie renouvelé, et c’est là que réside le vrai changement de l’intersaison. Christophe Laussucq parti à Agen après six années passées au club et cinq phases finales consécutives, excusez du peu, David Darricarrère est arrivé, auréolé d’un second titre de champion du monde avec l’équipe de France des moins de 20 ans, pour faire équipe avec David Auradou, promu manager. Bien sûr, le retour au bercail d’un de ses fils prodigues suscite, chez les supporters, une certaine excitation. C’est que le rugby pétillant proposé par les deux générations championnes du monde, tout comme le parcours d’entraîneur de l’ancien Montois, portent les promesses d’un rugby offensif et de la part belle donnée aux jeunes pousses du club. D’ailleurs, début juillet, lors de la présentation officielle de l’effectif 2019-2020, le président Jean-Robert Cazeaux n’a pas hésité à promettre au public montois de nombreux essais. «Il nous a mis la pression», sourit David Darricarrère, qui assume pourtant pleinement cette volonté de tendre vers un rugby spectaculaire. Même s’il sait qu’il est parfois difficile d’être prophète en son pays, le technicien se dit prêt, avec l’ensemble du staff, à relever ce défi : «Je sais que quelque part je me mets en danger car je vais être attendu, mais j’ai envie de prouver que je peux réussir chez moi, avec mes convictions et ma philosophie. C’était le bon moment pour le faire. Le début de la préparation est très positif, nous sommes dans un vrai dialogue avec David Auradou et le groupe est extrêmement réceptif. Il nous reste pas mal de choses à régler, mais le travail est bien engagé.»

Remplir les tribunes

Avec plusieurs objectifs, que définit le nouvel entraîneur : «Le premier objectif, c’est le contenu. Il nous faut être entraînants, enthousiastes. Il faut donner du plaisir aux gens qui viennent nous voir pour qu’à leur tour, ils nous transmettent leur énergie. Et puis, il faut absolument remplir ces tribunes, faire en sorte que le public landais s’identifie à ce club, à son histoire riche, mais aussi à ce qu’il propose aujourd’hui. Vannes, Nevers, Soyaux-Angoulême y arrivent, nous devons être capables d’en faire autant. Pour cela, il faut proposer un jeu ambitieux, offensif, et s’appuyer sur notre formation qui est de qualité, en faisant confiance aux jeunes comme cela a déjà été fait ces dernières années. Si nous sommes bons sur le contenu, si nous fédérons autour de nous, les résultats viendront forcément. Cela ne signifie pas que nous allons nous lancer dans l’attaque à tout va. Jouer un rugby offensif demande au contraire beaucoup de rigueur, d’efforts collectifs et individuels, et des bases solides. Mais nous devrons, en toutes circonstances, tenter de créer le danger, garder la volonté de prendre des initiatives et faire souffler un état d’esprit positif.»

Une belle déclaration d’intention qui se heurtera peut-être à un moment ou à un autre, au principe de réalité. C’est que la concurrence est de plus en plus rude dans ce championnat au long cours et que les ambitieux sont légion, la plupart mieux armés financièrement et humainement que le club jaune et noir.

Qu’importe, l’argent ne fait pas tout, heureusement. Forts d’une ossature stable pimentée de jeunes prometteurs et de recrues ambitieuses, d’un projet enthousiasmant et de l’expérience accumulée lors de ces dernières saisons, les Montois espèrent bien pouvoir se mêler, une fois encore, à la lutte en haut du tableau. Ce serait déjà un remarquable exploit, et c’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Pierre BAYLET
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