• En progression constante depuis son accession en Pro D2, le RCV, ici en match amical contre Rouen, se veut modeste et vise encore le maintien. Mais tout laisse à penser que les Bretons auront un rôle à jouer dans le haut du tableau.
    En progression constante depuis son accession en Pro D2, le RCV, ici en match amical contre Rouen, se veut modeste et vise encore le maintien. Mais tout laisse à penser que les Bretons auront un rôle à jouer dans le haut du tableau. Photo Bruno Perrel - Photo Bruno Perrel
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Saga Vannes

Vannes : Faire mieux ?

Une première saison pour apprendre, une seconde pour comprendre et une troisième pour consolider. Le RC Vannes a passé avec succès ses trois premiers parcours dans le monde professionnel. À l’aune de son quatrième exercice, son credo restera le même à savoir… un maintien.

Onzième, puis dixième et… quatrième lors du dernier exercice et une demi-finale de Pro D2, le RC Vannes est dans une logique qui est la sienne depuis vingt ans. La politique des petits pas vers le Graal. Il ne brûle pas les étapes, ne dépense pas l’euro qu’il n’a pas en caisse, sait faire un recrutement ciblé et malin, vise juste sur ses jokers médicaux qu’il renouvelle systématiquement depuis son arrivée dans le monde pro. Le Top 14 ? Oui bien sûr, tout le monde en rêve, mais pas dans l’instant. Ses dirigeants redoutaient plus que tout qu’il aille en finale à Pau, sachant qu’en cette circonstance tout peut arriver… même le pire ! Une accession, qu’il n’aurait pas refusée parce que cela ne se refuse pas, aurait été un mauvais service à rendre au club qui n’est pas préparé à cela. «Le club n’est pas près. Sportivement, il est en avance sur nous dirigeants. Il l’a toujours été. Mais nos infrastructures ne sont pas encore celles d’un club de Top 14, notre administration non plus», confessait François Coville, grand argentier et garant de la solidité financière de la SASP. Et puis, à quoi bon aller à l’étage au dessus pour prendre des "tôles" à décourager les plus fervents supporters. Non, le RCV dans l’instant fait son beurre en Pro D2. Et comme l’a dit un jour Jules César : «J’aimerais mieux être le premier dans un village, que le second à Rome.»

Modeste et ambitieux

Le RC Vannes reste donc encore un petit dans la cour du Pro D2, même s’il sait désormais se faire respecter. Le club breton démontre que le rugby peut se marier avec la Bretagne qui n’est pas terre d’élection de ce jeu. Il reste envers et contre tout modeste de son statut, même si son mérite est grand de relever le défi du maintien à chaque départ de saison. Il trace son sillon, tranquillement, animé d’une conviction qui le dispute encore et toujours à l’enthousiasme de grandir.

Bien qu’il ait sensiblement augmenté son budget prévisionnel, le club cette année est resté "sage" dans son recrutement. La saison dernière, le club avait cassé sa tirelire pour s’attacher les services des Tuohy, Chalmers, Kamikamika et Vulivuli… et consenti les efforts financiers pour les conserver (sauf Kamikamika). Cette année, changement des règles fédérales oblige, le club a choisi délibérément la carte jeune. Hormis Schalk Hugo qui débarque d’Afrique du Sud, tous ceux qui ont été séduits pour faire carrière ou la poursuivre à Vannes ont le label Jiff. Mais c’est aussi pour préparer l’avenir que le RCV a fait le pari de la jeunesse. Nombre de ces jeunes joueurs auront la possibilité de s’épanouir cette saison. Picquette, Sénéca, Holder, Neparidze… tous ont réussi le passage dans la cour des «Grands» du monde professionnel. D’autres vont suivre alors que le club devrait pouvoir, à court terme (2, 3 ans), tirer des talents de son centre de formation.

Derrière un effectif qui, sur le papier, semble plus riche potentiellement et quantitativement, le RC Vannes sait pertinemment que, malgré sa quatrième place de l’exercice précédent et de sa finale perdue à Brive, les compteurs sont remis à zéro. L’exemple de Montauban la saison dernière est significatif. Finalistes lors de la saison 2017-2018, les Tarn-et-Garonnais ont connu quelques misères à accrocher le maintien avec quasiment un groupe inchangé. Un exemple à méditer. Le RCV reste néanmoins confiant en ses capacités, notamment au niveau de ses "poètes de devant". Un groupe de 8 qui a gagné en volume et en puissance physique. Le chantier de la touche avec Hugh Chalmer a été solutionné la saison dernière. Reste donc à mettre tout cela en musique, sous la baguette d’un entraîneur toujours aussi exigeant vis-à-vis de lui-même et plus encore de son groupe. Mais n’est-ce pas là le credo de la crédibilité ?

Didier LE PALLEC
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