• George Ford et Manu Tuilagi peuvent laisser exulter leur joie : ils ne sont pas tombés dans le piège tonguien.
    George Ford et Manu Tuilagi peuvent laisser exulter leur joie : ils ne sont pas tombés dans le piège tonguien. PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Coupe du Monde

Angleterre : Entame typique

Les Anglais n’ont pas particulièrement brillé, c’est vrai. mais ils n’ont pas souffert non plus. Ils ont vécu une entame classique de Coupe du Monde, sans aspérité.

Soixante dix-sept. C’est le temps, en minutes, qu’il a fallu attendre pour voir les Anglais empocher le point de bonus offensif, sur ce plongeon du talonneur suppléant Luke Cowan-Dickie mis sur orbite par Jonathan Joseph, pénétrant comme un dard. Le réalisateur se sentit obligé de faire aussitôt un gros plan sur Jamie George, le talonneur titulaire. Pas de faute pour lui, il était en train d’applaudir avec enthousiasme. Le groupe vit bien.

Franchement, on ne voit pas d’autre fait majeur que ce bonus à retirer de ce match sans grand relief. Si ce n’est aussi ce doublé de Manu Tuilagi, c’est la deuxième fois en 2019 que ça lui arrive après l’Angleterre-Italie du dernier tournoi. C’est la preuve que le char d’assaut de Leicester a retrouvé toutes ses sensations. On imagine qu’Eddie Jones continuera à lui faire confiance au moins pour les matchs importants. Sa puissance à l’impact est à notre avis sans équivalent pour un trois-quarts dans le circuit international. Les Anglais n’ont donc pas de raisons de s’inquiéter après ce match inaugural, ni de raison de pavoiser, c’est vrai. En plus, ils n’ont apparemment blessé personne à Sapporo. C’est normal car selon les limiers de la presse anglaise, Eddie Jones programme des entraînements plus durs que les matchs, c’est ce qui explique que Henry Slade soit entré en jeu déjà muni d’un bandage. "Rien de grave, Henry Slade est un pur-sang, et les chevaux de course aussi entrent en piste avec des bandages…" a déminé Eddie Jones.

Alors, oui, les Anglais ont été davantage pénalisés que leurs adversaires (dix contre neuf). Oui, ils ont été coupables de plus de dix fautes de main. Focalisé sur son opération déminage, Eddie Jones est allé tout de suite au devant des éventuelles critiques : "Tout va bien, nous avons joué dans ce stade couvert magnifique devant 45 000 personnes et contre des Tongiens qui se sont surpassés. Au final, nous repartons avec cinq points. Personne ne pourra nous les enlever. Je rappelle aussi que le seul enchaînement de nos adversaires a eu lieu dans les cinq dernières minutes. Ça doit vouloir dire quelque-chose, comme le fait que c’est le deuxième match consécutif que nous terminons sans encaisser d’essai."

Pas si idyllique

Nous retiendrons néanmoins quelques images fortes de cette opposition déséquilibrée : la belle "tortue" qui a envoyé Jamie George derrière la ligne 57e ou l’accélération au large du lévrier Jonny May qui eut la classe de retrouver Tuilagi à son intérieur au lieu de se montrer égoïste.

Mais Eddie Jones est sans doute conscient des limites de ce premier adversaire. Les Tonguiens ont plaqué dur, c’est vrai, mais leur jeu manquait trop de vitesse pour mettre sa défense à l’épreuve. Il espère que les États-Unis seront plus performants dans ce domaine pour préparer les Anglais à leur copieux dessert du premier tour. Argentine et France, comme un seizième et un huitième à négocier coup sur coup. Pas si idyllique.

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