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Le grand gâchis rochelais

Pour n’avoir pas su tuer un match qu’ils avaient parfaitement entamé, les Rochelais n’ont pas pu ramener mieux qu’un bonus défensif.

Au moment où Jules Favre s’est effondré dans l’en-but bayonnais, en bout de ligne, un grand frisson a traversé le stade Jean-Dauger. Le score venait de passer à 12-0, l’Aviron n’avait toujours pas eu la moindre munition dans le camp adverse et l’on s’est soudain rappelé qu’un soir de décembre 2016, La Rochelle avait passé 42 points à Bayonne sur cette même pelouse. Alors quand le Stade rochelais s’est retrouvé à quinze contre quatorze juste avant la pause, la voie royale est apparue pour la bande à Sazy. Avant qu’elle ne se referme lentement, mais sûrement, dans le second acte. "On s’est dit que dès qu’on tenait le ballon, on franchissait et on les mettait à mal. On s’est dit qu’on allait continuer comme ça et qu’à quatorze, ça allait être facile. Je pense sincèrement qu’on s’est vu un peu bons", pestait Jérémy Sinzelle. "On a pris une leçon d’agressivité", enchaînait Ronan O’Gara. Maladroits (9 en-avant commis) et trop souvent sanctionnés en mêlée dans le second acte, les Rochelais ont été impuissants face à la remontada bayonnaise.

Atonio a-t-il été perturbé ?

Quelques instants après la fin du match, une question est rapidement arrivée dans toutes les bouches. Quel impact a pu avoir l’annonce du forfait de Demba Bamba sur Uini Atonio ? Au poste de pilier droit, le réservoir est rare en France et rapidement les noms de Cedate Gomes Sa et de Uini Atonio ont logiquement été évoqués pour le remplacer. Et samedi, sur la pelouse de Jean-Dauger, Atonio a rendu une copie bien loin de ce que l’on est en droit d’attendre de la part d’un joueur international (32 sélections). Le sort d’une équipe ne dépend pas de la performance d’un seul joueur, c’est évident. Mais Atonio est un joueur important de cette formation et l’annonce du forfait de Demba Bamba a-t-elle pu le perturber ? "Non, Uini est un grand garçon. Je suis le premier à le défendre, c’est un bon joueur de mêlée. Mais peut-être qu’aujourd’hui, dans le rugby, il y a trop de perceptions différentes de la mêlée. Mais nous avons été indisciplinés, nous n’avons pas contrôlé le ballon, nous n’avons pas été efficaces", l’a défendu Ronan O’Gara. On peut également se demander si la prestation d’Atonio, au Pays basque, a eu impact sur la décision qu’ont pris Brunel et son staff…

Le sélectionneur du XV de France aura certainement l’occasion de s’exprimer à ce sujet, d’autant plus que la confusion fut grande dimanche matin, lorsque via un tweet, la Fédération Française de Rugby a annoncé que le pilier rochelais s’envolerait pour le Japon… avant de le retirer quelques minutes plus tard pour affirmer que Cedate Gomes Sa était le remplaçant de Demba Bamba. "Nous avions annoncé l’arrivée de Uini Atonio précédemment, cependant, suite à un bilan médical, il ne lui est pas possible de rejoindre le groupe. Toutes nos excuses aux journalistes et supporters qui ont relayé l’info", a expliqué dimanche matin la FFR via son compte Twitter. Toujours est-il qu’à l’image d’Atonio, la mêlée rochelaise fut bousculée par le pack ciel et blanc. Récompensée par des pénalités en début de match par M. Castaignède, la tendance s’est doucement inversée. Et malgré leur supériorité numérique, les Rochelais ont subi en seconde période dans ce secteur et ont concédé des pénalités qui permirent aux Ciel et Blanc de revenir peu à peu. Sans parler des ballons portés où les joueurs de Jono Gibbes furent largement dominés. S’il serait réducteur de dire que l’Aviron a gagné grâce à sa mêlée, on peut en revanche affirmer que la contre-performance du pack des Jaune et Noir a sa part de responsabilité dans ce grand gâchis…

Pablo Ordas
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