• Le coaching osé du staff s’est avéré payant. Mais dieu que le XV de France de Yacouba Camara et Antoine Dupont a eu peur dans les derniers instants de son match face au Tonga ! Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Le coaching osé du staff s’est avéré payant. Mais dieu que le XV de France de Yacouba Camara et Antoine Dupont a eu peur dans les derniers instants de son match face au Tonga ! Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Coupe du Monde

XV de France : Coaching à risque ... mais gagnant !

Dans la perspective du match contre l’Angleterre, le staff du XV de France avait décidé en amont de la rencontre de coacher certains joueurs bien précis. Un choix qui aurait pu coûter cher...

Le XV de France est qualifié pour la phase finale de la Coupe du monde et c’est bien là l’essentiel. Quelques semaines en arrière, les plus optimistes lui promettaient l’enfer face à l’Argentine, les plus pessimistes conseillaient aux joueurs de réserver un billet d’avion pour relier Tokyo à Paris au lendemain du match contre les Pumas. Ils vont finalement découvrir Oïta, le grand théâtre des quarts de finale. Mais dieu que ce fut dur. La gestion de ces deux matchs en quatre jours n’aura pas été sans difficulté, ni polémique (cf. le cas Guirado). Autant, le coaching orchestré par le staff de Jacques Brunel, notamment le choix fort de placer des joueurs expérimentés sur le banc des remplaçants, avait été salué à l’issue de la victoire sur les Pumas, autant les atermoiements autour des deux compositions d’équipe pour les deux matchs qui ont suivi ont posé question. "On a essayé de préserver au maximum les organismes, expliquait le sélectionneur Jacques Brunel dernièrement. On a donc pas mal changé l’équipe mais, pour nous, c’est une satisfaction, même s’il y a des imperfections, car on a su, peu importent les joueurs sur le terrain, aller chercher l’objectif qui était la qualification."

Le staff a joué avec le feu

Sauf que. À trop vouloir préserver l’intégrité physique et ménager les joueurs appelés à commencer la rencontre face à l’Angleterre samedi prochain, le sort de ce France-Tonga a bien failli basculer. Pour le coup, Brunel et ses adjoints n’ont pas pris en considération l’impact positif des joueurs qu’ils ont voulu préserver. Quand Paul Gabrillagues s’est parfois montré en souffrance dans le combat, le staff a choisi de faire sortir l’autre deuxième ligne Sébastien Vahaamahina, un des rares avants dominants (53e). Quand Grégory Alldritt a été rappelé sur le banc (61e) pour laisser entrer Yacouba Camara, l’objectif premier n’était pas d’apporter du sang frais. Simplement la volonté de gérer le temps de jeu du troisième ligne rochelais. Et quand Virimi Vakatawa, peut-être l’attaquant le plus dangereux de la rencontre, a rejoint ses deux partenaires pour offrir une première cape à Pierre-Louis Barassi (66e), le staff s’est alors coupé d’une de ses armes offensives les plus tranchantes. Tant et si bien que le XV de France s’est retrouvé à gérer une fin de match qui aurait pu tourner au vinaigre. Le témoignage de Sofiane Guitoune est exempt de toute ambiguïté. "Quand j’ai vu sortir Virimi, je me suis dit "merde", c’est lui (qui est coaché). Les dix, quinze dernières minutes, je l’ai eu un peu dur physiquement. J’ai perdu un peu de lucidité, loupé pas mal de plaquages. Physiquement, je n’avais plus rien. Je commençais à avoir des crampes un peu partout. Mais comme disait Loulou (Louis Picamoles), c’est jouer avec la santé des mecs." La dernière phrase du trois-quarts centre toulousain vise plus sûrement World Rugby, l’organisateur du calendrier. Il n’empêche que Brunel et son staff, dans un souci de bien faire, ont, eux, joué avec le feu.

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