Botica, bien plus qu’un ouvreur bis

  • Le Néo-Zélandais Benjmain Botica est un talent supérieur du Top 14, passé deux fois par le Pro D2. Son parcours fut un peu chaotique, mais l’UBB est bien heureuse de pouvoir compter sur lui, pour alterner avec Matthieu Jalibert. Photo Icon Sport
    Le Néo-Zélandais Benjmain Botica est un talent supérieur du Top 14, passé deux fois par le Pro D2. Son parcours fut un peu chaotique, mais l’UBB est bien heureuse de pouvoir compter sur lui, pour alterner avec Matthieu Jalibert. Photo Icon Sport
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Avec la blessure de Matthieu Jalibert, Benjamin Botica va prendre la main à l’ouverture de l’UBB. Retour sur un parcours hors des sentiers battus.

Pourquoi le cacher ? Nous aimons ce genre de carrière, pleine de fausses pistes et de chemins de traverse. Ben Botica, 30 ans, est typiquement le genre de talents qui échappent aux cadres tracés d’avance. Une première arrivée en France chez les espoirs de Biarritz en 2008, sans succès, un retour à Périgueux en Pro D2 , un départ chez le champion d’Angleterre, les Harlequins, un retour express et frustrant à Montpellier, puis un départ en cours de saison à Oyonnax comme joker médical pour se retrouver… en Pro D2. On le retrouve désormais ouvreur titulaire à l’UBB une équipe qui joue le haut du tableau du Top 14. L’été dernier, on s’était laissé aller à penser qu’il serait un joker de luxe de Matthieu Jalibert, Mais Christophe Urios est un adepte du "tourniquet". Benjamin Botica a débuté contre Toulouse et le Stade français et comme Jalibert s’est blessé assez sérieusement, le Néo-Zélandais a donc de grandes chances de finir la saison avec des statistiques appréciables. "Il a joué autant que Matthieu avant sa blessure. Après, Matthieu est un joueur de rupture, un gars qui a une vraie impulsion physique et qui prend des décisions très vite. Il va tenter de faire la différence par lui-même, soit il va opter pour un jeu latéral. Ben, lui, est capable de faire jouer autour de lui, dans sa zone par des passes avant et après contact ; ce que Matthieu fait moins facilement", explique Christophe Urios.

Meilleur joueur du Top 14… et relégué

Frano, le père de Benjamin fut champion du Monde 1987 avec les All Blacks (et, accessoirement, idole de Thomas Casatignède) Benjamin ne portera jamais le maillot noir, il n’a même jamais joué en Super Rugby. Il s’est contenté du NPC avec North Harbour. Il a donc vécu une carrière chaotique, dont on n’a pas suffisamment souligné à nos yeux le plus bel exploit : son titre de meilleur joueur de la saison 2017-2018 alors qu’Oyonnax venait d’être relégué en Pro D2. Ben Botica s’était déchaîné en deuxième partie de saison. Il avait notamment conduit son équipe à un succès totalement inattendu à… Bordeaux (20-26), le 10 mars 2018. Sous son impulsion, l’USO avait gagné une place, puis talonné le Stade français pour le maintien avant de se donner droit au barrage. Son entraîneur de l’époque, Adrien Bunonato est resté proche de lui : "Nous avons encore de nombreux contacts. Sur la phase retour en 17-18, nous avions terminé cinquièmes en partie grâce à lui en battant plusieurs gros bras. C’est un gars très talentueux, mais il faut qu’il soit en confiance. À Oyonnax, on avait récupéré un joueur un peu "cassé" qui avait besoin qu’on lui apporte du soutien. Il adore quand l’équipe tient le ballon, qu’il y a du mouvement autour de lui et qu’il peut choisir entre diverses options. Si on vous a dit qu’il fait jouer après lui, c’est parce qu’il est très harnaché du bas du corps. Il s’en sort toujours sur les contacts. On lui avait collé une image de dilettante qui ne correspondait à rien. Il travaillait au contraire énormément et faisait très attention à lui."

L’UBB a fait ce qu’il fallait pour l’attirer en le faisant signer dès septembre-octobre 2018 pour juillet 2019. Personne n’est déçu à Bordeaux à ce jour. "Pour moi, tout a été facile, Christophe Urios m’a bien intégré. Je précise que, contrairement à ce que beaucoup pensent, je ne le connaissais pas. Nous ne nous sommes pas croisés à Oyonnax. Je ne propose pas exactement les mêmes choses que Mathieu. Lui est jeune, moi je viens d’avoir 30 ans. Il attaque la ligne, il passe bien les ballons. Mais je peux le faire aussi. La seule différence c’est que je suis moins rapide que lui. Je dois donc taper plus souvent au pied. Je peux aussi jouer avec le numéro 12, mon pied gauche soutenant le pied droit de Matthieu. Mais je le reconnais, mon ami Ulupano Seuteni peut aussi le faire."

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