• Après la défaite à Castres, le Stade français de Julien Arias, meilleur marqueur du club avec cent essais, devra faire preuve d’agressivité face aux Toulonnais pour espérer renouer avec la victoire. Photo Stéphanie Biscaye
    Après la défaite à Castres, le Stade français de Julien Arias, meilleur marqueur du club avec cent essais, devra faire preuve d’agressivité face aux Toulonnais pour espérer renouer avec la victoire. Photo Stéphanie Biscaye / Stéphanie Biscaye
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Top 14

« C’est une question d’attitude »

Englués dans le fond du classement, le Stade français se retrouve dans une urgence absolue de résultats. Pour l'ailier historique du club, l'équipe doit impérativement retrouver une attitude plus conquérante.

Dans ce moment de flou le plus flou depuis vingt ans qu’il a fait son retour dans l’élite, le Stade français fait le dos rond. Le président Hans-Peter Wild avait renouvelé sa confiance à son manager Heineke Meyer devant ses joueurs en tant qu’homme de la situation dans le vestiaire après la défaite subie à domicile contre Clermont. Sa position n’a pas changé à l’issue de la nouvelle gifle reçue à Castres. Le président préside, les entraîneurs entraînent, et les joueurs jouent : à rebours de ce qui fut la culture de ce club, où des techniciens n’ont pas achevé leur contrat faute de convaincre leur collectif de la justesse de leurs méthodes, la verticalité du pouvoir a été exercée par son propriétaire dans un mouvement de clarté et d’attente d’un retour de résultats. À l’entraînement, les Parisiens tentent d’inverser la tendance de leurs insuffisances.

Dans le flot de celles qui grèvent à ce jour chacune de leurs sorties, la problématique défensive récurrente a été évoquée au moment de la préparation du match contre Toulon. Si la défense est perméable, la réussite globale au placage n’est pas mauvaise. Elle place les stadistes sur le podium du classement du nombre de placages réussis (788 placages). Mais les interventions offensives, ou décisives, sont trop rares, et la mobilité un peu trop réduite met à mal le système collectif. La chose a été vue en vidéo avec l’ensemble de l’équipe. Pour le plus ancien du club de tous les coéquipiers, l’ailier Julien Arias, qui a fait son retour à Castres, il n’existe qu’une solution pour se remettre à l’endroit : "C’est une question d’attitude. Nous n’avons pas une attitude digne de ce club et du Top 14. On pourrait développer la meilleure technique du monde que nos résultats ne seraient pas meilleurs sans retrouver un comportement adéquat. Nous sommes trop gentils, nous manquons d’agressivité. Il faut immédiatement retrouver une attitude correspondante à ce que nous voulons faire dans ce championnat."

"Nous devons nous adapter"

Depuis que Julien Arias a posé ses valises à Paris en venant de Colomiers en 2004, le meilleur marqueur du club - cent essais - a vu passer près d’une dizaine de responsables et autant de méthodes. Il a traversé des périodes moroses, "avec des entraîneurs étrangers ou français, je ne vois pas la différence", dit-il au sujet de la problématique de la traduction nécessaire entre Meyer l’Anglophone et ses joueurs francophones. Les questions annexes de la structure du club, de son management à sa tête, des choix qui ont présidé à la situation d’aujourd’hui, et de ceux qui feront celle de demain, il se tient à bonne distance "dans ce rugby qui évolue, et dont nous devons nous adapter à sa modernité. Je suis joueur. J’ai fait une connerie en début de saison en essayant de tenir ma place malgré des alertes musculaires. J’ai dû attendre la semaine dernière pour revenir. J’ai aussi fait une connerie, puisque j’ai raté un placage en bout de ligne. Cela arrive. Il faut aller de l’avant. C’est une saison difficile mais ce n’est que le sixième match, et il y a Toulon devant nous. Notre attitude et notre désir de nous en sortir, c’est tout ce qui importe".

Heineke Meyer n’a pas encore donné à ses joueurs sa composition d’équipe. Il la fournira aujourd’hui ou demain lors du capitaine run. Julien Arias devrait en être, et sa présence totémique serait une parabole malicieuse du flottement. On avait sifflé la fin de son aventure parisienne. Les dirigeants du Stade français ne l’avaient pas renouvelé en fin de saison sur l’autel de la problématique de la masse salariale. Il pensait avoir disputé son dernier match le 26 mai contre Pau à Jean-Bouin. Il y avait inscrit son centième essai sous les couleurs parisiennes. Sa romance était passée. Il incarne aujourd’hui une révolte. Les choses bougent au Stade français.

Midi Olympique
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