• Francois Cros of Toulouse during the Top 14 Semi Final match between Toulouse and La Rochelle on June 8, 2019 in Bordeaux, France. (Photo by Manuel Blondeau/Icon Sport)
    Francois Cros of Toulouse during the Top 14 Semi Final match between Toulouse and La Rochelle on June 8, 2019 in Bordeaux, France. (Photo by Manuel Blondeau/Icon Sport) Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

Cros : « Si on est sur nuage, il va falloir vite redescendre »

De retour sur une pelouse de Top 14 lors du revers à Brive après s’être fait retirer une varice à un mollet, le flanker revient sur son éviction du XV de France, sur l’opération qu’il repoussait depuis trois ans ou sur la nécessaire prise de conscience des rouge et noir.

Comment avez-vous vécu votre retour en Top 14 ?

Je suis content d’avoir joué cinquante minutes. J’avais besoin de retrouver des sensations après la petite intervention que j’ai subie. Rien de très important, juste une varice à un mollet, mais j’avais à cœur de revenir rapidement. C’est chose faite. Cela faisait un moment que je n’étais plus au club, c’est agréable de retrouver les mecs. La bonne ambiance est toujours là, c’est bien, mais il faut maintenant remettre une dynamique positive sur notre rugby et relancer la machine. On doit trouver les solutions pour rebondir.

Votre opération était prévue de longue date. Votre non-sélection l’a-t-elle précipitée ?

J’avais cette varice depuis trois ans et je savais qu’il faudrait l’enlever. Mais les saisons sont longues et je n’avais jamais trouvé de créneau. Après ma non-sélection, j’avais deux semaines à prendre. J’en ai profité même si j’ai débordé puisque l’opération m’a contraint à trois semaines d’arrêt. C’était le meilleur timing pour régler ce problème. J’ai raté une semaine à l’arrivée mais je suis sur pied et cela ne me gênera plus. C’est un mal pour un bien.

Pourtant, après une grosse déception, on a parfois envie de rejouer immédiatement pour éviter de cogiter…

Je le voulais, d’abord pour ressentir les bienfaits de la préparation car c’est dommage de faire deux mois et demi de boulot pour s’arrêter. C’est frustrant de ne pas être sur le terrain mais cela aurait pu un jour me coûter davantage que trois semaines. J’ai pesé le pour et le contre et c’était le moment idéal. J’attaque cette saison neuf et frais.

Il est revenu que cette gêne au mollet a pu vous coûter votre présence au Japon. Y croyez-vous ?

J’étais souvent en soin pour surveiller mon mollet mais, sur les matchs, il ne m’a pas du tout gêné. Lors du premier, j’ai reçu une décharge à la 70e minute mais j’ai fini la rencontre car il n’y avait plus de remplaçant disponible. Puis c’était ma première sélection et j’avais à cœur de rester un maximum de temps sur la pelouse. Cette lésion n’avait rien à voir avec la varice. Mais ça m’a perturbé et je n’ai pas joué le deuxième match. On a préféré ne pas prendre de risque mais un doute est peut-être apparu, même si j’ai tenu mon rang sur le troisième match. était-ce un critère pour le staff ? Je ne sais pas quoi en penser… Oui, cela m’a peut-être coûté la sélection mais j’étais bien contre l’Italie et donc opérationnel. Je pouvais postuler et il n’y avait à mon sens aucun souci physique.

Vous avez vécu les montagnes russes cet été : réserviste d’abord, statut qui disparaît ensuite, puis vous êtes pressenti pour être dans le groupe avant finalement d’en être écarté…

Je suis passé par tous les états mais j’ai surtout vécu un été exceptionnel. D’abord, mon premier titre de champion avec mon club, le vingtième du Stade toulousain qu’on attendait depuis sept ans. Puis cette présence dans les trente-sept qui était déjà énorme pour moi. Faire la préparation, connaître ma première sélection et ensuite une deuxième… C’était fantastique. Il y a forcément une déception de ne pas partir au Mondial mais je n’ai pas de regret par rapport à ce que j’ai réalisé. Désormais, c’est passé et je ne conserve que les bons côtés de cette expérience.

Sauf le coup de fil de Jacques Brunel…

Ce n’était pas le plus agréable de ma vie (sourires). Mais je vais apprendre et ça me servira pour les années à venir. Je devrai être encore plus prêt pour les grandes échéances.

Félix Lambey avait eu besoin de se retirer du groupe WhatsApp des joueurs juste après son éviction. Avez-vous, comme lui, voulu couper directement ?

C’est un groupe très actif, avec beaucoup de messages. Quand vous n’êtes pas concernés, ça peut être vite énervant. Comme Félix, j’ai préféré me retirer en écrivant un mot d’encouragement et en laissant les mecs vivre l’aventure. Puis avec le décalage horaire, si le téléphone vibre toute la nuit, ce n’est pas génial non plus (rires). Mais ce n’est pas parce que je suis sorti du groupe que je n’ai pas de nouvelles des Toulousains ou d’autres. Je les suis à distance.

Pour revenir à votre club, tout le monde a-t-il pris conscience qu’il fallait désormais accélérer ?

Si on est encore sur un nuage, il ne va pas falloir y rester longtemps et vite redescendre. La saison est lancée et nous sommes treizièmes. ça fait mal après un titre. L’équipe est amputée par le Mondial mais ce n’est pas une excuse car on le savait avant le début du championnat. à nous de retrouver des automatismes, reprendre confiance et surtout parvenir à marquer parce que nous avons les occasions et on ne met rien au fond. Ce manque de réalisme nous pénalise puisqu’il nous empêche de ramener des points à l’extérieur et nous rend fébriles à domicile.

Le président Lacroix réclamait des leaders après Brive. Pouvez-vous aussi être utile dans ce rôle ?

L’équipe en a besoin mais, pour ma première, j’ai un peu failli à la tâche (il était capitaine après la sortie de Kaino et Tekori, N.D.L.R.) car, quand on bute sur une ligne d’en-but sans la franchir, il y a d’autres façons de marquer au rugby. J’aurais dû faire le choix de prendre les points au pied. C’est derrière nous mais on doit retenir qu’il faut les valider quand ils se présentent au lieu de s’entêter dans une période où on ne parvient pas à scorer.

Basculer sur le derby contre Castres, même si les deux clubs ont joué l’apaisement après plusieurs confrontations houleuses, change-t-il quelque chose pour les joueurs ?

Il arrive au bon moment. On a besoin de se rassurer sur notre investissement. Un derby, c’est toujours un match particulier, surtout à domicile où il faut garder notre invincibilité. Chacun veut remonter au classement et remettre le club où il doit être. On s’attend à un duel très engagé. C’est parfait pour se tester sur l’état d’esprit.

On a d’ailleurs senti lundi à l’entraînement que l’engagement et le ton étaient montés d’un cran…

Il faut basculer. La saison dernière a été fabuleuse mais elle est finie. L’euphorie est passée et on doit reconstruire sur des choses simples. Pour l’instant, même là-dessus, on ne maîtrise pas assez. Dans ce championnat serré, il n’y a pas cinquante opportunités dans un match. Les rater nous dessert et entretient l’espoir des adversaires. J’espère que ça va vite rentrer dans l’ordre.

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