• En se qualifiant pour la première fois de son histoire pour les quarts de finale, les Japonais changent de dimension et entre dans la cour des grands. Photo Icon Sport
    En se qualifiant pour la première fois de son histoire pour les quarts de finale, les Japonais changent de dimension et entre dans la cour des grands. Photo Icon Sport
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Coupe du Monde

Le Japon relance son Mondial

Les Brave Blossoms joueront pour la première fois de leur histoire un quart de finale mondial. Comme l’Argentine dans les années 2000, ils ont changé de catégorie.

Ça restera l’événement de cette édition. La Coupe du monde va découvrir un nouveau quart de finaliste, le Japon. La nation organisatrice n’a pas eu besoin d’une annulation providentielle de son dernier match pour se qualifier.

Malgré le typhon, les Japonais ont bien joué leur quatrième match et ils l’ont gagné sans discussion possible face à l’écosse (28-21). Ils menaient même 28 à 7 à la 43e quand ils ont inscrit leur quatrième essai par Kenki Fukuoka. On peut même dire que Michael Leitch et ses partenaires ont rela,cé la compétition qui depuis quelques jours vivait au rythme des dépêches métérologiques.

Le Japon devient la treizième équipe à participer à la phase finale de la Coupe du monde après la Nouvelle-Zélande, la France, l’Australie, l’Angleterre, l’Afrique du Sud, le pays de Galles, l’Irlande, l’Argentine, l’écosse, les Fidji, les Samoa et le Canada.

Quand on se souvient que les Nippons avaient encaissé un terrible 145 à 17 en 1995 face aux All Blacks et qu’en 2007 et en 2011, ils avaient encore terminé leur Coupe du monde avec zéro victoire. Le Japon fait donc partie des quelques nations qui ont changé de division comme l’Argentine le fit dans les années 2000 (le cas des Fidji est trop spécial pour être comparé). Nous avions eu la puce à l’oreille en 2017 quand les Nippons étaient venus faire match nul à l’Arena de Nanterre face au XV de France de Guy Novès (23-23). Nous pensions encore que l’exploit de Brighton en 2015 face à l’Afrique du Sud (34-32) faisait partie des exploits isolés.

Dans l’élite Mondiale

Quatre ans après, la qualification des Japonais est d’autant plus impressionnante qu’elle est assortie d’une première place de poule. Avant l’écosse, ils avaient battu l’Irlande le 28 septembre (19-12). Les joueurs de Jamie Joseph se payent donc le luxe d’éviter les All Blacks en quart de finale. En échange, ils retrouveront les Springboks. Évidemment, cette embellie va dans le sens de l’élargissement de l’élite mondiale, l’objectif tant désiré (officiellement) de World Rugby et de tous les commentateurs depuis la nuit des temps. La pratique du rugby au Japon n’est pas nouvelle, mais jusqu’au XXIe siècle en gros, cette nation souffrait de son isolement et du manque de tests face aux nations majeures.

Mais elle avait ses traditions, son propre système de formation pas si médiocre, et les moyens de ses grandes entreprises pour financer le professionnalisme.

On pensa longtemps aussi que les gabarits limités de ses joueurs empêcheraient le Japon de "percer" dans le gotha du rugby mondial. Les shoguns de la fédération ont trouvé la parade en naturalisant à tout va, des Polynésiens et des Anglo-Saxons.

Sur les quinze titulaires vainqueurs de l’écosse on comptait trois Néo-Zélandais (Luke Thompson, Michael Leitch, Will Tupou) ; un Australien (James Moore), un Sud-Africain (Pieter Labuschagne) ; un Samoan (Thimoty Lafaele). Trois des remplaçants ont été également formés à l’étranger (Ai Valu, Helu, Tui). Mais bon, par les temps qui courent, un supporter français est mal placé pour donner ce genre de leçons, c’est vrai.

Merci les Sunwolves

Le Japon a capitalisé sur la création de la Top League en 2003, vrai championnat d’élite avec quelques renforts étrangers.

Il a aussi bénéficié de la création d’une franchise de Super Rugby, les Sunwolves. Depuis 2016, ses joueurs se mesurent régulièrement aux meilleurs éléments des nations majeures du Sud. Ce n’est pas rien en termes de rythme et d’intensité. La majorité des vainqueurs de dimanche sortent d’ailleurs de cette expérience (même si la saison passée, ils ont peu joué dans un souci de préservation). Hélas, cette expérience prendra fin en 2020, les nations du Sud n’ont pas jugé que l’apport des Sunwolves avait été assez lucratif au sens premier du terme.

La qualification des Japonais est incontestablement une borne historique. Personne ne sait si c’est un palier ou un apogée…

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