Eben n'est pas sorti du bois

  • Sous le coup d‘une enquête judiciaire en Afrique du Sud, Eben Etzebeth a préféré se recentrer sur sa performance sportive et sera titulaire contre les Gallois. Photo Icon Sport
    Sous le coup d‘une enquête judiciaire en Afrique du Sud, Eben Etzebeth a préféré se recentrer sur sa performance sportive et sera titulaire contre les Gallois. Photo Icon Sport
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Sous le coup d'une plainte car accusé d'avoir proféré des insultes racistes envers des compatriotes, le futur toulonnais Eben Etzebeth traverse un Mondial très paradoxal.

Aussi discret qu’important, voilà comment l’on pourrait définir le rôle du deuxième ligne. Depuis l’arrivée des Springboks au Japon, quelques jours après que l’affaire ait été rendue publique, Eben Etzebeth ne s’est jamais présenté en conférence de presse. Ce sont donc ses coéquipiers et entraîneurs qui parlent pour lui, dans un contexte pas évident, ou le joueur, par communiqué, pour nier les accusations d’insultes racistes qu’il aurait proférées en août. "Toutes ces déclarations sont fausses. Je suis et je ferai toujours tout pour être un ambassadeur de cette belle nation arc-en-ciel et de ce sport que j’adore", déclarait-il devant la Commission sud-africaine des droits de l’homme qui a déposé une plainte contre lui - plainte dont il a demandé l’annulation par la Haute Cour - et qui lui vaut une procédure interne de sa Fédération.

Mais il a jusqu’à présent disputé quatre rencontres dans cette Coupe du monde, en étant titulaire notamment face à la Nouvelle-Zélande en ouverture ou lors du quart face au Japon. Son profil rugueux, plaqueur invétéré, à la fois rapide, explosif, mobile et à l’aise dans les airs, fait qu’il est une pièce maîtresse du collectif de Rassie Erasmus, dont il est l’un des vice-capitaines. "Il a tellement d’expérience alors qu’il n’est pourtant pas si vieux (il aura 28 ans le 29 octobre, N.D.L.R.), disait de lui cette semaine Faf De Klerk. Il est capable d’unir les gars derrière lui. Il a une énorme influence sur la mêlée et il est aussi capable de contester les ballons et de gratter. Si vous avez besoin de vous reposer sur quelqu’un, il fait partie de ceux-là. Il travaille toujours très dur et est devenu un joueur complet", poursuit le demi de mêlée.

En souvenir de 1995 et 2007

Derrière le profil d’Etzebeth, il y a ainsi le cas d’un joueur indispensable sur le plan sportif mais qui fait ressurgir des problématiques d’unité au sein d’une nation qui lutte contre le racisme. Après la victoire contre l’Italie, il avait fallu éteindre la polémique née d’une vidéo montrant un groupe de joueurs blancs repoussant un coéquipier à la peau noire. Il s’agissait en fait, selon les joueurs, du groupe des remplaçants écartant un joueur devenu titulaire… "Nous sommes une équipe très unie. Même si tu ne joues pas, tu t’assures que la préparation de l’équipe soit la meilleure", assure l’ailier S’busiso Nkosi. Dans ce contexte, les Springboks se remémorent les succès de 1995 et 2007, "des moments importants pour l’histoire de notre pays qui avaient donné de la confiance, de l’excitation et de l’espoir", rappelle François Louw, et lancent que leur envie est de réécrire cette histoire vertueuse en 2019.

Julien Plazanet
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