• Le surpuissant numéro huit sud-africain Duane Vermeulen a tout emporté sur son passage. Bien aidé par un pack impérial.
    Le surpuissant numéro huit sud-africain Duane Vermeulen a tout emporté sur son passage. Bien aidé par un pack impérial. Steeve Hag / Icon Sport / Steeve Hag / Icon Sport / Steeve Hag / Icon Sport
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Coupe du Monde

Vermeulen, l’héritier sur son trône

Auteur d’une finale presque parfaite, le numéro 8 sud-africain a atteint, à 33 ans, le sommet de sa carrière. L’ancien Toulonnais l’a fait pour lui, pour son pays. Mais aussi pour son père.

Depuis son natal Mpumalanga, "le lieu où se lève le Soleil", au Japon, "le pays du Soleil-Levant ", Duane Vermeulen a accompli son improbable destinée, samedi, en se hissant sur le toit du monde.

Quelques secondes après le coup de sifflet final de cette conquête ultime, l’armure du géant s’est fissurée. Les larmes ont coulé sur le visage du guerrier. La promesse d’une vie, dite à son beau-père, le jour où son rêve a pris forme, est devenue réalité, à la face du monde : "Je vais te montrer que je peux devenir un grand joueur. Un des tout meilleurs au monde. Le meilleur, peut-être, même", nous avait-il confié du temps de ses années toulonnaises. Élu homme du match de la finale après une partition proche de la perfection, Duane Vermeulen aura su tout surmonter, en chemin, pour atteindre ce sommet : les blessures avec une série d’opération aux genoux, la concurrence des Van Niekerk, Spies, Whiteley, les doutes quand sa sélection se cherchait et s’interrogeait sur sa simple présence. Lui, capé pour la première fois à 26 ans, a repoussé toutes les limites. "Certaines personnes naissent avec un truc en plus, d’autres doivent travailler très dur. Je me placerais plus dans cette deuxième catégorie. Un de mes éducateurs me répétait que les efforts valaient plus que le talent. C’est ce que je pense aussi."

"Je vis son rêve"

Pour accomplir sa mission, il a puisé des forces supplémentaires. Venues d’ailleurs. De la mémoire d’un père, modeste pratiquant décédé à ses 8 ans : "Il n’a pas évolué à un très haut niveau, il a surtout connu les championnats de province. Mais il aimait profondément ce sport. Je regrette qu’il n’ait pas pu me voir vraiment jouer. Je pense qu’il aurait aimé avoir le parcours que j’ai connu. Dans un sens, je vis son rêve." Voilà un des secrets de la réussite cet enfant de la ferme élevé à la dure : il joue pour deux, plaque pour deux, percute pour deux… "Son souvenir est très important. Même si je l’ai peu connu véritablement, il a eu une grande influence sur moi. Quand j’ai pu douter, je me rappelais ses paroles. Et quoi qu’il arrive, je porte son nom. Ça compte beaucoup à mes yeux. Je me dois de le hisser le plus haut possible afin de lui rendre hommage et qu’il soit fier. Tout ce que je fais sur le terrain ou presque, c’est pour lui." Des Stormers aux Kubota Spears en passant par Toulon, il a suivi cette lumière et conservé cette mentalité de forçat du destin : "Dès mon plus jeune âge, mon père m’a donné des conseils que j’emmènerai dans ma tombe. Je me souviens encore de ce qu’il assénait, en substance : "Ne recule jamais", "Si la porte est fermée, enfonce-là."…"

Jusqu’à cette année, s’il pouvait être fier de sa carrière, son armoire à trophées manquait de clinquant : y figuraient seulement deux Currie Cup, décrochées en 2007 et 2012. Arrivé à l’âge du Christ, il vient d’ajouter la plus belle des lignes à son palmarès : champion du monde. Tout en portant son nom et celui de son père au sommet du rugby. La victoire d’une vie.

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