• Le jeune Arthur Vincent prouve de semaine en semaine qu’il a sa place dans une grande écurie de Top 14. Photo Julien Poupart
    Le jeune Arthur Vincent prouve de semaine en semaine qu’il a sa place dans une grande écurie de Top 14. Photo Julien Poupart
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Top 14

Montpellier : confirmation en cours

(19 - 19) Double champion du monde moins de 20 ans, Arthur Vincent – centre de Montpellier, a éclaboussé la soirée de son talent. Pourtant, exigeant, Vincent aspire à faire beaucoup mieux.

Vérité aussi universelle qu’intemporelle : chaque supporter ou observateur qui se rend dans un stade se pose une batterie de questions, alors même qu’il grimpe les tribunes et cherche son siège. Dans le désordre : "Les nuages vont-ils faire leur apparition ?", " L’ambiance sera-t-elle au rendez-vous ?" ou encore "Quel joueur fera la différence ?" Et nous n’avons pas échappé à la règle, au moment de gravir l’Everest – enfin presque — qui nous mène à la tribune de presse du stade Mayol. La météo ? Un grand soleil et peu de vent. Le public ? 14 356 supporters avaient acheté leur billet. Plus complexe, la dernière question nous a obligés à une réflexion un poil subjective, mêlant la liste des joueurs présents, leur actualité et leur passif. Sont alors naturellement venus se glisser dans notre esprit les noms de Guilhem Guirado, revenu du Mondial, qui disputait son premier match avec le MHR, contre Toulon, où il a passé cinq saisons. D’Aaron Cruden, pour son dernier match de Top 14 avec Montpellier. Enfin, il y eut Charles Ollivon, également de retour et qui a prolongé jusqu’en 2025 avec le RCT. Pourtant, la réalité fut toute autre, et personne n’hésitera un seul centième au moment d’évoquer le joueur qui a éclaboussé cette rencontre de son talent : Arthur Vincent.

« Ce n’est plus une surprise »

Vif, rapide, solide en défense et passeur décisif, le jeune centre a été le joueur le plus dangereux à Mayol. Capable de s’amuser de son vis-à-vis, Julian Savea – excusez du peu -, de décaler ses coéquipiers ou de traverser le premier rideau défensif toulonnais, le double champion du monde moins de 20 en a fait voir de toutes les couleurs aux Varois. "Il fait un super match, mais ce n’est plus une surprise, louait son capitaine, Louis Picamoles, de longues minutes après le coup de sifflet final. On connaît les qualités d’Arthur. Il est capable de faire des choses exceptionnelles." Auteur de la passe décisive pour Anthony Bouthier, à la suite d’une énième percée, celui qui soufflait sa 20e bougie fin septembre, permettait alors à son équipe de revenir au score et arracher le nul. Le premier déplacement sans revers de la saison. "Je suis vraiment content d’avoir été décisif. Je me suis senti bien, en confiance, mais…" Ne dit-on pas que tout ce qui précède un "mais", n’est que foutaise ? À Arthur Vincent de reprendre : « Mais il faut que je sois plus réaliste, plus patient. Je dois faire mieux, notamment sur la finition. C’est le point noir. Je dois continuer de travailler. » Pas de « foutaise », donc, mais simplement le marqueur d’une évidente maturité. Qualité qu’on loue aux joueurs qui se savent en pleine ascension mais ne veulent se contenter d’une performance juste aboutie. « Arthur fait un gros match, mais il faut qu’il travaille sur la continuité du jeu, abondait en ce sens Xavier Garbajosa. Je suis exigeant, mais c’est normal. Il est jeune, progresse de sortie en sortie, mais doit être plus tranchant sur les actions d’essais. »

« Il n’est jamais satisfait de ses performances »

Comprenez que l’ex-capitaine des U20 français doit devenir plus « tueur ». « Il fait peser un danger constant sur les défenses et crée des brèches à chaque match. À lui de faire en sorte que ce soit à chaque fois décisif. Avec le potentiel qui est le sien, on en attend toujours plus », reprenait Picamoles, comme pour montrer qu’Arthur Vincent ne devait plus attendre le quatrième franchissement pour amener un essai, comme ce fut le cas à Mayol. « Il a une marge de progression mais a fait le plus dur : il en a pris conscience ! Croyez-moi, il ne se reposera pas sur ses qualités. C’est un bosseur, capable de se remettre en question. Il n’est jamais satisfait de ses performances, aussi bonnes soient-elles. Il est mature et va de l’avant. S’il continue de garder la tête sur les épaules ce ne sera que du bon. » N’est-on pas plus exigeant avec les personnes qui comptent ? Arthur Vincent est en tout cas le porte-étendard de la génération Y (ou Z) du MHR. Et nul doute que ce pur produit héraultais (il a grandi à Mauguio et signé au MHR à 14 ans) trouvera les ressources afin de définitivement truster son statut de « grand espoir » pour celui de « joueur indispensable d’un prétendant au Brennus », bien accompagné par un staff et des coéquipiers conscients qu’ils ont entre les mains un diamant qui ne demande qu’à être poli.

Chassé-croisé sur la rade

Samedi, le vent et la grisaille présents depuis quelques jours à Toulon avaient fait place à un grand soleil. Les conditions semblaient alors réunies pour que le jeu de mouvement soit à l’honneur. Il n’en fut rien. Et si les Varois prenaient le meilleur sur Montpellier en début de match, ils ne parvenaient pas à menacer l’en-but héraultais. Résultat ? Sur son premier ballon d’attaque, le MHR - par l’intermédiaire d’Immelman à 50 mètres - inscrivait les premiers points (8e , 3-0). Il fallait attendre la 27e minute pour voir Belleau lui répondre (3-3). Le buteur toulonnais doublait la mise à la 31e (6-3), avant d’être imité par Cruden (34e , 6-6). Belleau redonnait l’avantage à son équipe juste avant la pause (39e , 9-6). Bousculés, les Montpelliérains revenaient des vestiaires avec de meilleures intentions, et inscrivaient un essai dès la 43e minute (Ngandebe). Ce dernier sera finalement refusé pour en-avant ; contrairement à celui inscrit au ras par le malin Webb (56e , 16-6). Dix points, de quoi mettre à l’abri le RCT ? Que nenni, une pénalité de Cruden (60e ) et un essai de Bouthier (63e ) permettaient au MHR de recoller (16- 16). L’ouvreur néo-zélandais permettait même à son équipe de prendre l’avantage (71e ), mais Belleau lui répondait une nouvelle fois (76e , 19-19). À la 80e minute, Montpellier se voyait offrir une ultime pénalité, mais un geste d’humeur de Picamoles obligeait l’arbitre à retourner la faute. Le score n’évoluera plus.

P. I.-R.

Midi Olympique
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