• Les supporters des autres clubs du championnat, à l’image de ceux de Gloucester, redoublent d’imagination pour montrer leur écœurement envers les Saracens.
    Les supporters des autres clubs du championnat, à l’image de ceux de Gloucester, redoublent d’imagination pour montrer leur écœurement envers les Saracens. PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Premiership

Exeter ne lâche pas les Saracens

Les clubs anglais ne se contentent pas des lourdes sanctions prononcées contre les Saracens. Dans le sillage de Tony Rowe, président d’Exeter, ils étudient d’autres actions légales.

Visiblement, les clubs anglais ne sont pas encore prêts à pardonner aux Saracens, accusés d’avoir contourné le salary cap lors des trois dernières saisons au moins et lourdement sanctionnés, pour la dernière, de plus de 6 millions d’euros et trente-cinq points de retrait au classement, avec effet immédiat. Il n’est pas question, pour l’heure, de s’en contenter. Nouvel épisode, ce lundi : la sortie médiatique très remarquée (et commentée) du big boss des Exeter Chiefs, Tony Rowe. Lequel s’est exprimé en ces termes, sur le plateau de l’émission anglaise "BT Sport’s Rugby tonight show" : "Il faut le dire clairement : Nigel Wray (président des Saracens, N.D.L.R.) est un tricheur. Avec ce qu’il a commis, il ne devrait pas pouvoir s’en sortir si facilement."

Un audit à mi-saison ?

Habituellement si discret sur les affaires de son club et du rugby anglais, Rowe est en première ligne depuis l’explosion de la bulle "Saracens", il y a trois semaines. "La plupart des présidents de Premiership avaient de forts soupçons les concernant. Regardez la quantité de joueurs de classe mondiale dans leur effectif : à la Coupe du monde, ils avaient une vingtaine de joueurs au Japon ! Voilà mon avis pour le sportif. Maintenant, je mets ma casquette de commercial : budgétairement, notre position serait tout autre si nous étions triple champions d’Angleterre. Mais nous ne le sommes pas. Il y a un manque à gagner et je prends actuellement des conseils, autour de moi, pour réfléchir à engager des poursuites légales." Derrière les mots, il y a donc des actes : la direction d’Exeter étudie actuellement la possibilité de poursuivre les Saracens devant une juridiction civile.

L’objectif ? Si l’attribution des titres de champions d’Angleterre en 2016, 2017 et 2018, lorsque les Sarries avaient à chaque fois battu les Chiefs en finale, ne devraient pas être remis en cause, les manques à gagner financiers qui ont découlé de ces défaites sont "plaidables en justice" pour Exeter, selon l’avocat anglais du sport Richard Cramer qui s’exprime dans les colonnes du Daily Mirror. "Je pense même qu’ils auraient de sérieux arguments en cas de plainte. Et les conséquences pourraient être sérieuses pour les Saracens. En montant un dossier solide et qui regroupe tous les préjudices commerciaux, c’est une sanction à sept chiffres qui pourrait être prononcée." Ce qui viendrait s’ajouter à l’amende de 5,36 millions de livres sterling (environ 6,2 millions d’euros) déjà actée.

Voilà pour l’aspect rétroactif, que Tony Rowe pourrait faire valoir. Mais le président d’Exeter ne s’arrête pas là et s’occupe également du présent. Lors d’une réunion des présidents des clubs professionnels anglais, il a emmené dans son sillage d’autres décideurs vers une nouvelle exigence : que les Saracens se plient à un audit financier détaillé dès la mi-saison, sans attendre la fin d’exercice comme c’est habituellement le cas. Une injonction qui jette le trouble sur les dernières déclarations de la direction des Sarries, qui promet être désormais en conformité avec le salary cap (7 millions de livres sterlings en Angleterre).

En réponse, le club londonien a fait savoir qu’il se portait volontaire pour une telle démarche de transparence, sans que rien ne l’y oblige légalement. Une manière d’apaiser les tensions, nombreuses outre-Manche ? Pas sûr que cela suffise.

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