• Samuel Ezeala, l’ailier clermontois, auteur du premier essai des Auvergnats. Photo Icon Sport
    Samuel Ezeala, l’ailier clermontois, auteur du premier essai des Auvergnats. Photo Icon Sport
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Top 14

Clermont traque le bonus

(30-13) Entre deux épisodes européens, les Clermontois s’étaient fixé comme objectif de quérir leur premier bonus offensif de la saison. Mission (encore) ratée, la faute à un début de match indigne.

C’est par de longs et appuyés hommages à leurs adversaires agenais que tous les Clermontois appelés à s’exprimer face aux médias ont commencé par appuyer leur propos. Tout sauf un hasard, rassurez-vous… Car si on pouvait bien sûr y déceler une sportivité, il fallait surtout voir sous la patine du fair-play comme une forme d’excuse, devant le constat d’échec face à ce premier point de bonus offensif après lequel ils courent depuis le début de la saison. Car il ne faut pas s’y tromper, c’était bien cet objectif que les Auvergnats s’étaient fixé pour la réception du 13e du championnat, ainsi que l’avouait à demi-mot le capitaine Morgan Parra. "On aurait aimé plus que cette simple victoire, c’est sûr… Mais quand tu réalises un début de match aussi compliqué que celui-là, c’est difficile de prétendre à autre chose. On a une dernière possession à la sirène pour aller chercher ce bonus, mais peut-être qu’on se débarrasse un peu vite du ballon au pied… " "Même si on a essayé de sauver les meubles, on s’y est pris trop tard, regrettait le centre Wesley Fofana, de retour à la compétition. La victoire, c’est bien et il ne faut pas cracher dessus, mais quand on voit ce qu’on est capable de faire quand on tient le ballon, on devait être capable de faire mieux… " Des propos à chaud toutefois vite tempérés par le manager, Franck Azéma. "On savait que ce match au milieu des confrontations européennes serait difficile à négocier, surtout face à cette équipe d’Agen qui ne lâche jamais rien. On est content d’être passé entre les gouttes et d’avoir pris quatre points. Ce qui compte pour nous à cet instant, c’est d’avancer dans la compétition, récupérer nos internationaux et nos blessés et retrouver de la cohésion dans notre jeu. Cela doit aussi passer par des matchs comme ça. "

Le choix du respect

Un match "comme ça ", entendez par là difficilement qualifiable, quelque part entre le "piège " et le "facile ". "Ce n’était pas un match piège, puisqu’on s’était déjà fait avoir contre Pau, souriait le flanker Alexandre Lapandry. On était prévenu. J’aurais aimé qu’on leur passe 40 points et qu’on aille chercher le bonus, mais malheureusement, il y avait une équipe en face qui n’en avait pas envie... Et puis, on sait bien qu’ils ne disputent pas le Challenge européen comme nous la Champions Cup… Cela donne des matchs particuliers, qu’il faut savoir se contenter de gagner. "

La meilleure preuve du respect adressé aux Agenais résidant finalement dans cette pénalité sagement tentée par Morgan Parra à la 75e, au sujet de laquelle le demi de mêlée international ne regrettait absolument rien. "Je prends cette décision parce qu’à ce moment-là, les trois points nous mettent à l’abri d’un essai. J’ai connu tellement de scénarios dans ma carrière que j’ai d’abord voulu valider la gagne avant de songer à autre chose. " "Les bonus, c’est bien, mais les matchs, il faut d’abord les gagner, appuyait le talonneur Yohan Beheregaray. Si on n’avait pas pris les points à ce moment du match et encaissé un contre juste derrière, pardon de l’expression, mais on se serait bien bouffé les c..."

La tête à Bath, forcément

Que les Clermontois se rassurent, ce menu n’était pas à l’ordre du jour, quand bien même leur investissement de la première mi-temps n’aurait guère mérité d’autre brouet. Au vrai, hormis les quelques joueurs conscients de devoir profiter de l’occasion pour bousculer la hiérarchie à leur poste (Beheregaray, Uhila, Naqalevu, Ezeala…), les Clermontois qui donnaient l’impression d’avoir profondément envie d’être sur le terrain n’étaient pas légion samedi soir… Difficile de leur en vouloir, pour tout dire, des joueurs professionnels n’en demeurant pas moins des hommes, à qui la promesse d’une double confrontation décisive en Coupe d’Europe face à Bath peut légitimement paraître plus aguicheuse que l’ordinaire pluvieux du Top 14. Une explication logique que Parra, en bon capitaine, ne souhaitait pourtant pas entendre. "On n’avait pas la tête à l’Europe. Il y a surtout eu un mauvais début de match de notre part, ce qui est un problème récurrent chez nous et doit nous mettre en alerte, car on ne pourra pas se permettre le même contre Bath. " Peut-être l’unique intérêt de cette rencontre appelée à être très vite oubliée.

Un 27-0 en cinquante minutes

Alors qu’on croyait ce problème enfin réglé depuis le passage par la Coupe d’Europe, les hommes de Franck Azéma ont encore oublié de régler leur réveil. « On a dormi pendant une demi-heure » résumait le troisquarts centre international Wesley Fofana. Résultat de cette sieste prolongée au-delà du raisonnable ? Les Agenais, opportunistes et vaillants en diable dans le jeu au sol, menaient 13-3 à la grâce d’un coup de filou de Ryan surprenant Parra dans l’enbut. Il fallut un exploit personnel d’Ezeala juste avant le repos pour remettre l’ASM en selle, avant que l’indiscipline des Agenais permette au pack clermontois d’inscrire en puissance l’essai du break (20-13) à la 45e . « À partir de ce moment, on s’est fait pas mal pénaliser, donc on est resté dans notre camp, se rappelait l’arrière du SUALG Loris Tolot. On a été moins performant sur le jeu au pied, dans le jeu aérien… Un peu partout, en fait, sur tous ces détails qui font le haut niveau. » Toutefois, alors qu’on pensait que les Jaunards allaient justement profiter de la baisse de régime adverse passer la surmultipliée et aller chercher le bonus offensif, la partie retomba subitement en intensité, obligeant les coéquipiers de Parra à d’abord assurer la victoire en prenant les points au pied à la 75e . L’essai en puissance de Yato à la 79e s’avérant insuffisant pour remplir le contrat du premier bonus offensif de la saison que les Clermontois s’étaient promis.

Nicolas ZANARDI
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