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Top 14

Dur retour sur terre pour la Section

Deuxième défaite à domicile pour des palois qui ont manqué de maîtrise, malgré une bonne entame de match.

Le plan paraissait parfait. Pendant trente minutes, la Section paloise a joué à sa main, laissant penser qu’elle était devenue une experte des bras de fer dans la boue et sous une pluie battante, comme cela avait été le cas à Bayonne lors de la précédente journée du Top 14. Mieux, elle arrivait à enchaîner des séquences intéressantes malgré les conditions. On pouvait alors croire que la formation de Nicolas Godignon allait faire preuve d’une certaine constance, voire de la maîtrise tant recherchée qui caractérise les grandes équipes, tout du moins celles qui jouent le haut du tableau. Une possibilité qui pouvait devenir crédible en cas de victoire face à Toulon. Cet espoir a explosé en mille morceaux lors des dix dernières minutes de la première période où la Section a perdu le fil conducteur. Dix minutes pendant lesquelles l’arroseur a été arrosé, saccageant ainsi un plan de jeu qui avait pourtant été redoutable à Bayonne.

Tout s’est déréglé à une vitesse impressionnante. Les jeux au pied palois ont perdu en précision, la conquête s’est délitée, les en-avant se sont multipliés. "Cette défaite est un peu rude, avouait le co-manager Nicolas Godignon. Dans ces conditions, cela se joue à des détails, à celui qui fait le moins d’erreurs et nos erreurs nous ont coûté un peu cher. La gestion de la fin de première mi-temps n’est pas bonne. On avait pourtant bien commencé mais c’est difficile de bien jouer au rugby dans ces conditions, cela demande souvent peu de talent mais beaucoup de cœur."

Une conquête en souffrance

Certes, les Palois n’en ont pas manqué à l’image des guerriers Fabrice Metz et Baptiste Pesenti mais le collectif béarnais s’est délité devant la succession des erreurs en fin de première période. La maîtrise attendue, et même entrevue pendant les premières minutes, s’est vite transformée en panique. La Section a connu les mêmes bugs que lors de la défaite face au Racing 92, notamment au niveau de la conquête, ce qui peut laisser penser que la confiance est encore fragile.

L’alignement en touche a été en souffrance, perdant deux ballons en première période, sans oublier une pénalité, et laissant cinq munitions en cours de deuxième acte. Un déficit bien trop grand pour se sortir de ce bourbier surtout en étant obligé de courir après le score. "Ce n’est pas facile de lutter avec un alignement qui compte Parisse, Rebbadj et Ollivon, poursuivait Nicolas Godignon, mais c’est pénible de perdre des ballons sans opposition avec des lancers pas droits." La mêlée a aussi été en souffrance, surtout après la sortie des piliers titulaires, enchaînant les fautes. "On a eu des sursauts d’orgueil en seconde période, tempérait le deuxième ligne Fabrice Metz. Mais nous n’avons jamais été précis dans les zones de marques." À l’image de cette dernière munition gâchée juste après la sirène alors qu’un point de bonus défensif pouvait encore être sauvé. Encore un regret pour une équipe qui avait une occasion en or de s’installer en haut du tableau. Il faut croire que la Section est encore un peu tendre pour y prétendre, retrouvant une place inconfortable au milieu d’un classement. Nicolas Godignon était forcément amer : "Une victoire nous aurait permis de prendre un peu d’avance sur nos concurrents directs. C’est embêtant car, même si le classement est encore anecdotique puisque tout le monde se tient à une victoire, nous avions l’occasion de prendre le large." Reste à savoir si cette opportunité se présentera de nouveau pour les Palois.

Nicolas AUGOT nicolas.augot@midi-olympique.fr
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