2019, l’année des Springboks

  • L’Afrique du Sud a remporté cet automne la troisième Coupe du monde de son histoire. Les partenaires du capitaine Siya Kolisi ont ainsi achevé en beauté une année 2019 pleine de réussites.
    L’Afrique du Sud a remporté cet automne la troisième Coupe du monde de son histoire. Les partenaires du capitaine Siya Kolisi ont ainsi achevé en beauté une année 2019 pleine de réussites. PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Les Sud-Africains sont bien sûr premiers de notre classement. On ne devient pas champion du monde par hasard, après avoir gagné le Rugby Championship. On n’oubliera pas non plus le grand chelem des Gallois, bons deuxièmes, ni le niveau de jeu des Anglais ou la montée en flèche des Japonais.

1. Afrique du Sud

Un troisième titre de champion du monde, ça ne se gagne pas par hasard. L’escouade de Rassie Erasmus a de plus empoché le Rugby Champhionsip (formule resserrée) en faisant match nul à Wellington. Seule ombre au tableau : ils sont devenus les premiers sacrés avec une défaite en poule (contre les All Blacks en ouverture).

De ce triomphe, plusieurs symboles nous resteront en mémoire, comme le duo de flankers Peter-Steph Du Toit - Siya Kolisi ou encore l’activisme du farfadet Faf De Klerk. Pour ne pas être trop long, on retiendra le premier essai de la finale, aplati par Makazole Mapimpi après une délicieuse passe aveugle de Lukhanyo Am. Les spécialistes rappellent toutefois que les Springboks se sont accessoirement reposés sur la meilleure conquête de la compétition et sur une défense très particulière avec des montées agressives des ailiers.

2. pays de Galles

Il ne faut pas l’oublier en cette fin d’année civile que le pays de Galles a remporté le grand chelem 2019, le quatrième de l’ère professionnelle. Un exploit banalisé pour une si petite nation. Une étoile de plus au palmarès de Warren Gatland (son troisième personnel) et une capacité étonnante à faire éclore de nouveaux talents, tel l’ailier Josh Adams (obligé de s’exiler en Angleterre pour faire son trou), les troisième ligne Josh Navidi et Aaron Wainwright.

Au Mondial, les Gallois ont confirmé en battant l’Australie et en ralliant les demi-finales après un succès face à la France en quart. En août, ils se sont même retrouvés numéro un du classement World Rugby.

3. Angleterre

Les Anglais auraient très bien pu finir à la première place mais ils ont eu le tort de perdre deux matchs cruciaux : les finales de la Coupe du monde et du Tournoi. Reconnaissons qu’ils ont régalé le monde le reste du temps avec un coup de force à Dublin, une "piquette" infligée au XV de France et deux démonstrations pour finir face à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande (ce qui leur vaut de terminer devant les All Blacks dans notre classement). Mais ils l’ont payé cher en finale.

4. Nouvelle-Zélande

Le quart de finale incroyable survolé par les All Blacks face aux Irlandais (46-14) restera un souvenir fort. Les Néo-Zélandais ont aussi été les seuls à battre les futurs champions du monde sud-africains mais ils ont baissé pavillon face à l’Angleterre en demi-finale. On mettra ce revers sur le compte d’une sorte de fatalité… Même si les derniers changements ont posé question (Barrett replacé à l’arrière, Mo’Unga à l’ouverture, Ioane et Ben Smith écartés !). Steve Hansen méritait sans doute une autre sortie. Beauden Barrett, Brodie Retallick et Ardie Savea ont encore de beaux jours devant eux.

5. Australie

La défaite cuisante face aux Anglais en quart de finale mondial est venue sanctionner une année plutôt morose, même si elle fut rehaussée, par une belle victoire face aux All Blacks à Perth (47-26) lors du Rugby Championship. Mais les Australiens ont été nettement dominés par l’Afrique du Sud et ont été privés de la première place de leur poule de Coupe du monde par les Gallois, à l’issue d’un match magnifique (les Wallabies semblaient capables de l’emporter avec cinq minutes de plus). Michael Cheika a fini son mandat sur une note plutôt triste, même si on a senti les Vert et Or toujours capables de belles choses.

6. Japon

On ne va pas faire un dessin. Les Asiatiques se souviendront de 2019 comme d’une année bénie, avec sept victoires en neuf matchs ; les deux seules défaites contre l’Afrique du Sud, futur championne du monde. Évidemment, le programme proposé n’avait pas la densité de celui des nations "historiques" mais les Nippons se sont quand même payé l’Irlande et l’Écosse. Il fallait le faire ! Et tout ça a débouché sur le premier quart de finale de leur histoire. Historique!

7. Irlande

Après l’année 2018 exceptionnelle, ce cru reste très médiocre pour les Irlandais, battus à domicile par l’Angleterre, écrasés par les All Blacks en quart de finale du Mondial et auparavant humiliés par le Japon en poule. Ils ont finalement perdu cinq matchs dans la saison, avec également 57 points encaissés face à l’Angleterre en match de préparation cet été. Leur large victoire face à de faibles Français fut finalement le phare de leur saison. Le plus incroyable, c’est que début septembre, les Verts étaient numéros un du classement World Rugby. Une bizarrerie administrative.

8. France

Les Bleus ont assuré l’essentiel, une place en quart de finale de Coupe du monde, et ont même frôlé les demies. Mais la médiocrité du Tournoi nous est vraiment restée en travers de la gorge, avec ces deux gifles assénées par l’Angleterre (44-8) et l’Irlande (26-14) et cette remontée subie face aux Gallois après avoir mené de dix-sept points. Cette huitième place sanctionne une sorte de descente aux enfers que Fabien Galthié essaiera de stopper.

9. Écosse

Rien de nouveau sous le soleil. Les Écossais se maintiennent avec des hauts et des bas. C’est leur destin. Ils ont été battus cette année à la régulière par le Japon pour les priver de phase finale de Mondial. Le XV du Chardon a des fulgurances mais pas le souffle pour se maintenir parmi les meilleurs.

10. Argentine

L’une des grandes déceptions de l’année. Les Pumas n’ont pas pu sortir des poules de la Coupe du monde pour la première fois depuis 2003. Durant l’été, elle n’a gagné aucun match face à ses adversaires classiques de l’hémisphère Sud. Seuls le Tonga et les États-Unis sont tombés devant ces Sud-Américains pourtant censés se préparer dans des conditions optimales avec la totalité de leur élite payée par la Fédération et maintenue au pays. On se dit quand même que si le sélectionneur Mario Ledesma avait pris Facundo Isa et Santiago Cordero dans son groupe, le verdict aurait peut-être été différent.

N.B. : Ce classement n’est pas le calque ce celui de World Rugby. Il est le fruit de notre propre réflexion.

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