Visions de cauchemar chez les Anglais

  • L'Angleterre a connu un premier match du Tournoi compliqué face à la France
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Dans un après-midi noir pour les Anglais, les options du staff ont été battues en brèche par l’excellence française, jusqu’à assister à des scènes qu’on pensait impossibles, Farrell et Itoje paraissant fébriles comme des débutants.

Quelle douche glacée pour les Anglais… On a eu le sentiment de vivre samedi la pire première mi-temps du XV de la Rose depuis des lustres, même la série noire du Mondial 2015 ne nous avait pas fait aussi mauvaise impression.

On a vu par exemple une sorte de maul avec demi-tour contact tenté au milieu de terrain, figure de style bizarre assez datée, style années 1970. C’est-à-dire la période où l’Angleterre était la banlieue rugbystique du pays de Galles. Nous avons aussi noté une chandelle délivrée par George Ford comme un authentique aveu d’impuissance après une série de coups de boutoir stériles (12e minute). Tels une nuée de mouches qui viennent buter sur des vitres propres, les joueurs anglais venaient de hisser le drapeau blanc.

Plus fort encore, au bout de trente-cinq minutes, les Anglais en étaient à huit en-avant, la faute à la défense intransigeante des Bleus mais pas que… Oui, on a vu l’impensable dimanche au stade de France, comme Owen Farrell qui vendange consécutivement deux ballons faciles pour lui. Deux vraies maladresses d’un joueur stressé par l’enjeu et par la sensation d’évoluer à un niveau trop élevé… Ça, vraiment, on ne l’avait pas imaginé. Owen Farrell, l’homme aux nerfs d’acier perdu sur un terrain. Il a fallu attendre huit ans et 83 tests pour voir ça.

On a vu aussi quarante minutes extrêmement brouillonnes de Maro Itoje, avec des en-avant et des interventions hors de propos. C’était la deuxième grosse surprise de l’après-midi, le gladiateur à la peau d’ébène qui bafouille son rugby. Il fut pénalisé à deux reprises dont une fois sur une action surréaliste : un ballon ramassé en position de hors-jeu manifeste, sur un ruck français plutôt approximatif d’ailleurs (39e). Mais le joueur des Saracens était tellement à côté de ses chaussures qu’il ressembla sur le moment à un joueur carrément débutant. Un colosse testé pour la première fois en réserve d’un club de Fédérale. Un gros potentiel sans aucun sens du jeu, vision de cauchemar pour les supporters anglais. Seul Jonny May sur deux exploits personnels a permis d’éviter le naufrage complet.

Est-ce l’hubris ?

Ces prurits de médiocrités ont forcément des causes diverses, l’excellence française en premier lieu, peut-être la crise des Saracens qui embrouille les esprits les mieux préparés mais aussi les choix d’Eddie Jones. Comment a-t-il pu délibérément se priver d’un numéro 8 perforant en l’absence de Billy Vunipola ? Le sélectionneur n’a eu de cesse de revendiquer presque comme une provocation cette option très risquée en expliquant que c’était le moment de jouer un "autre rugby". On a vu le résultat. Replacé au centre de la troisième ligne, Curry n’a pas le profil d’un casse brique tout terrain. Par ailleurs, beaucoup de ses paris ont été invalidés (Furbank, lire ci-dessous, et Ewels). Comment de surcroît Eddie Jones peut-il encore sélectionner Willi Heinz, demi de mêlée de Gloucester révélé sur le tard ? Il s’est montré si brouillon en fin de match. Dans son propre club, Joe Simpson nous semble aussi fort que lui, sans parler des Danny Care ou des Ben Spencer.

L’entraîneur anglais avait pourtant fait une grande semaine… médiatique. Nous, journalistes, ne dirons pas le contraire. Le technicien n’a pas son pareil pour sortir des formules qui font mouche. Il avait promis aux jeunes Français une férocité à laquelle, ils n’étaient pas censés être habitués. Sa personnalité provocatrice le conduit à se retrouver les pinceaux emmêlés quand les éléments ne tournent pas tous en sa faveur (sortie prématurée de Tuilagi par exemple). Les Grecs appelaient ça l’Hubris, la démesure insolente qui vous donne une confiance excessive en soi. Il s’en explique ci-dessous…

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