Le risque du surjeu

  • Tournoi des 6 Nations 2020 - Antoine Dupont (XV de France)
    Tournoi des 6 Nations 2020 - Antoine Dupont (XV de France) Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique / Patrick Derewiany
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Ce n’est pas qu’on se targue de bien les connaître, ces petits Bleus, depuis les quelques saisons qu’il nous est donné l’honneur de les suivre. Mais tout de même, s’il est bien une seule constance chez ce XV de France sur ces dernières années, c’est bien sa capacité à enchaîner les médiocres performances après les bonnes. Voilà pourquoi le risque face à l’Italie est assez facile à identifier, au vu du pedigree de l’adversaire et surtout de sa dernière sortie au pays de Galles… D’autant qu’après la belle performance défensive livrée face à l’Angleterre, le public et les joueurs eux-mêmes attendent inconsciemment de se régaler au bout d’une orgie d’essai. De quoi laisser penser que le match à venir pourrait être facile, soit le pire ennemi du rugbyman, tous niveaux confondus…

Car le risque est ici bien connu, qui consisterait à se vautrer dans le piège du "surjeu ", à l’image des mauvais acteurs désireux de faire passer une émotion qu’ils n’incarnent pas. Autrement dit, rapporté au rugby, se hasarder à envoyer tous les ballons au grand large ou à attaquer depuis son propre camp, sans travail d’usure ni discernement. Un piège dans lequel les équipes ont d’autant plus tendance à se vautrer lorsqu’elles peuvent manquer de bouteille et d’expérience, ce qui est précisément le cas de nos petits Bleus…

Dupont-Ntamack, l’expérience romaine

Le meilleur exemple ? Il n’est à vrai dire pas à rechercher très loin, mais bien dans la dernière prestation des Gallois cotre l’Italie samedi dernier (42-0). Malgré les évidentes faiblesses de leurs adversaires qui sautèrent aux yeux dès les premières actions, les Diables rouges n’ont malgré tout pas hésité à prendre leur temps pour construire leur match. En tentant leurs trois premières pénalités pour faire tourner le score, par exemple, puis en écœurant les Italiens par leur défense et leur jeu au pied, avant de ne lâcher les chevaux que lorsque les (bonnes) occasions s’en faisaient sentir. En clair, les Gallois ont affronté l’Italie avec autant de méthode, d’envie et de pragmatisme que n’importe quel adversaire. Le défi pour cette jeune équipe tricolore sera à ce titre de réussir la même chose, et se montrer assez rigoureuse pour mettre en place son "kicking game " sans se laisser à jouer le ballon de trop, qui pourrait donner à l’Italie des raisons de rêver… Survivante du match de Rome l’an dernier, la jeune charnière Dupont-Ntamack sait désormais par expérience à quel point leur première tâche ne consistera pas à envoyer du jeu aux quatre coins du terrain, mais bien à se montrer les garants d’une stratégie à tenir pendant 80 minutes. Alors, pas de blagues, petits Bleus !

Confrontés aux attentes de leur public et à leurs propres instincts, les jeunes Bleus devront rester suffisamment méthodiques pour ne pas tomber dans un "hourra-rugby" forcément préjudiciable.

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