• Fabien Galthié, sélectionneur du XV de France.
    Fabien Galthié, sélectionneur du XV de France. Icon Sport / Icon Sport
Publié le / Modifié le
XV de France

Le tremplin du mondial

"Adjoint comme les autres" pendant le mondial, Fabien Galthié a en profité pour imposer certains principes de jeu, tout en gagnant un temps précieux dans la connaissance de ses joueurs.

On s’est souvent gaussé du qualificatif "d’adjoint comme les autres" accolé à Fabien Galthié par Jacques Brunel, durant la préparation de la dernière Coupe du monde. Parce qu’à l’évidence, celui qui était appelé à endosser le costume du sélectionneur au retour du Japon ne pouvait en aucun cas être un membre du staff anodin, tout comme Thibault Giroud ou Laurent Labit d’ailleurs. Pourquoi ? Tout simplement parce que, pour la première fois depuis Bernard Laporte en 2003, le successeur du sélectionneur faisait partie du staff en place, ainsi que fonctionnent (au hasard) des All Blacks depuis presque toujours). Une manœuvre acceptée par lé président de la FFR (sur la foi de sa propre expérience?) et de nature, semblait-il de prime abord, à maintenir une certaine autorité pendant le Mondial. Une période durant laquelle, faut-il le rappeler, les joueurs du XV de France se laissent traditionnellement aller à des rébellions plus ou moins efficaces à l’endroit de leurs coachs, ainsi que cela arriva en 1999 (à l’initiative, tiens donc, de Galthié), 2007, 2011 et même 2015…

Connaissance des hommes et des joueurs

Toutefois, au-delà d’imposer une autorité sur des joueurs craignant légitimement de perdre leur place en cas de comportements séditieux, la présence de Fabien Galthié au Japon lui permit surtout de gagner un temps précieux. Parce que cette période lui permit en premier lieu de prendre la température au sujet de la vie de groupe, bien sûr, ainsi que de jauger de près certaines individualités qui, hasard ou pas, ne font plus partie de ses plans aujourd’hui sur des critères plus ou moins sportifs, tandis que d’autres se trouvent aujourd’hui dans des positions plus que délicates, à l’exemple manifeste de Thomas Ramos. Mieux, Galthié a su bâtir au Japon un début de colonne vertébrale (à l’exception de Chat au talonnage, qu’il chercha vainement à imposer à Jacques Brunel au détriment du capitaine Guilhem Guirado, ainsi que du poste d’arrière dévolu alors à Maxime Médard). N’empêche qu’aujourd’hui, des joueurs comme le capitaine Charles Ollivon, le numéro huit Greg Alldritt, la charnière Dupont-Ntamack ainsi que la paire de centres Fickou-Vakatawa a profité de la Coupe du monde au Japon pour rôder certains automatismes qui sautent aux yeux aujourd’hui. Ce qui constituait fatalement un vrai luxe, à l’heure de préparer le Tournoi 2020 et particulièrement le France-Angleterre…

Une défense et des principes d’utilisation rodés depuis juillet

Mieux, au-delà du facteur humain, c’est bien sur le contenu que Galthié a pu imposer sa patte depuis désormais quelques mois. En mettant en place cette fameuse "rush défense", d’abord, à laquelle Shaun Edwards n’eut à greffer que quelques détails à son arrivée. En revoyant par ailleurs certains circuits offensifs ainsi que la redistribution des avants dans le jeu courant, notamment par un nouveau quadrillage (au sens propre du terme !) du terrain, ainsi qu’en posant les bases d’un "kicking game" digne des standards internationaux. Mais surtout, en filigrane, en bouleversant les joueurs dans leurs habitudes et leurs méthodes d’entraînement, au travers notamment de l’intensité exigée par Thibault Giroud dans sa préparation physique. Autant de petits détails qui, mis bout à bout, ont permis au XV de France de s’avérer performant dès le début de la compétition, malgré un temps de préparation réduit. Et offert à Galthié un début de mandat royal...

 

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir