• Evacué inerte le 4 janvier dernier sur la pelouse des Saracens (en haut), Michael Fatialofa, vainqueur du Super Rugby en 2016 avec les Hurricanes (en bas à gauche), soigné désormais dans un centre de rééducation spécialisé, a réussi à remarcher sans assistance la semaine dernière (en bas à droite).
    Evacué inerte le 4 janvier dernier sur la pelouse des Saracens (en haut), Michael Fatialofa, vainqueur du Super Rugby en 2016 avec les Hurricanes (en bas à gauche), soigné désormais dans un centre de rééducation spécialisé, a réussi à remarcher sans assistance la semaine dernière (en bas à droite). / PA Images / Icon Sport
  • 06.08.2016. Wellington, New Zealand.  Michael Fatialofa.
    06.08.2016. Wellington, New Zealand. Michael Fatialofa. / Actionplus / Icon Sport
  • Fatialofa, ce rayon de soleil
    Fatialofa, ce rayon de soleil / FAVRE Ludovic
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Fatialofa, ce rayon de soleil

Gravement touché à la moelle épinière lors d’un match de Premiership début janvier, le deuxième ligne néo-zélandais Michael Fatialofa a effectué ses premiers pas seul et sans assistance ces derniers jours. Une leçon de courage de et d’abnégation, réjouissante en ces temps incertains.

Pendant que le monde du rugby, au même titre que l’ensemble de la société, est plongé dans l’incertitude et l’inquiétude face à la crise liée au coronavirus, voilà une nouvelle qui vient d’Angleterre, de nature à faire relativiser et à apporter du baume au cœur. Il y a deux mois et demi, le samedi 4 janvier, le deuxième ligne de Worcester Michael Fatialofa (27 ans) se blessait très gravement à la suite d’un double plaquage lors d’un match contre les Saracens. Les images, absolument glaçantes, avaient alors frappé tout un chacun : resté allongé et incapable d’effectuer le moindre mouvement sur la pelouse, le visage pétrifié par la peur, le Néo-Zélandais avait attendu une quinzaine de minutes avant d’être évacué sur civière puis d’être transporté en urgence vers l’hôpital St Mary à Paddington. Touché à la moelle épinière, le joueur risquait d’être paralysé à vie. "Il ne peut pas encore sentir son corps", avait affirmé sa femme Tatiana sur les réseaux sociaux le lendemain de l’accident. Il avait été opéré le lundi.

"Le marathon continue !"

Voilà qui avait entraîné une vague de soutiens parmi ses congénères, partout en Grande-Bretagne, en Europe ou dans son pays natal. De très nombreux joueurs étaient d’ailleurs venus lui rendre visite dans sa chambre, parmi lesquels ses partenaires de Worcester comme Cornel Du Preez, Jono Lance, Ollie Lawrence, Joe Taufete’e ou Marco Mama, d’autres qui évoluent en Premiership ou en Ligue celte mais aussi plusieurs garçons jouant en France comme Victor Vito (La Rochelle), Loni Uhila (Clermont), Jordan Puletua (Agen) ou Kimani Sitauti (Montauban). Pendant ce temps, le syndicat des joueurs professionnels anglais avait aussi lancé une collecte de fonds pour apporter une aider financière à sa famille. "Ensemble, nous pouvons tous garantir qu’il a les meilleures chances de retrouver son indépendance et de vivre à nouveau une vie épanouissante", remerciait sa femme, laquelle s’est toujours plu à montrer son optimisme et son abnégation.

Alors qu’il avait notamment passé quinze jours en soins intensifs, Fatialofa a été, au bout d’un mois, transféré dans une unité de rééducation spécifiquement dédiée à la colonne vertébrale afin de poursuivre son très long combat. "Je suis enfin suffisamment solide pour déménager dans une clinique spécialisée, s’était alors réjouit l’intéressé sur son compte Instagram. Les médecins, les infirmières et les kinés ont été incroyables. Je suis submergé par l’amour et le soutien de la famille et des amis. Merci d’avoir été à mes côtés. Le marathon continue !" Depuis, les nouvelles n’ont cessé d’être encourageantes concernant son évolution au quotidien.

En fin de semaine, c’est d’ailleurs une autre et merveilleuse nouvelle qu’est venue apporter son épouse puisqu’elle a, cette fois, publié une vidéo sur laquelle on peut voir Michael Fatialofa marcher seul et sans assistance pendant plusieurs secondes dans une salle de travail. Une scène émouvante et surtout impressionnante pour ceux qui ont encore en mémoire cette horrible attente sur le terrain des Saracens, onze semaines plus tôt.

Uhila : "Le voir marcher me fait pleurer"

Des premiers pas, signe des immenses progrès réalisés jusque-là et dans un laps de temps extrêmement court pour ce genre de blessures par l’intéressé, qui est évidemment sur la bonne voie. Fin février, le joueur avait déjà lui-même posé une vidéo sur laquelle on l’observait avancer seul à l’aide d’une canne, ce qui avait de nouveau provoqué un tonnerre de réactions positives de la part de divers rugbymen. Forcément, il a franchi une autre étape la semaine dernière. Et là encore, nombreux sont ceux à s’être félicités publiquement de cette énorme avancée. Parmi eux, le pilier tonguien de l’ASMCA, Loni Uhila, qui a côtoyé le deuxième ligne chez les Hurricanes de Wellington entre 2015 et 2017 : "Il y a quelques semaines, je réclamais vos prières pour mon frère Michael Fatialofa et sa femme Tatiana et le voir marcher aujourd’hui me fait pleurer. Je t’aime mon frère et continue à te battre." Certes, le Warrior (traduction de "guerrier" et surnom des joueurs de Worcester, plutôt équivoque actuellement) et ses proches devront encore s’armer de patience mais l’espoir est permis, ce qui est déjà une très grande victoire. "On a besoin de miracles. On a besoin de prières. On a besoin du pouvoir de Dieu pour le soigner. Je ne lâcherai rien jusqu’à ce qu’on voit une lumière", disait sa femme après le drame. Aujourd’hui, c’est bien sûr une forme de miracle pour elle et son mari.

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