• President of the French Rugby Federation (FFR) Bernard LAPORTE during the Six Nations match Tournament between France and England at Stade de France on February 2, 2020 in Paris, France. (Photo by Dave Winter/Icon Sport) - Bernard LAPORTE - Stade de France - Paris (France)
    President of the French Rugby Federation (FFR) Bernard LAPORTE during the Six Nations match Tournament between France and England at Stade de France on February 2, 2020 in Paris, France. (Photo by Dave Winter/Icon Sport) - Bernard LAPORTE - Stade de France - Paris (France) Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Coronavirus - Covid 19

Laporte : « Un match que l’on va gagner ensemble ! »

Encore en train de peaufiner la lettre qu’il doit envoyer à tous les clubs de France, le président de la FFR Bernard Laporte a pris le temps, ce dimanche en début d’après-midi, de détailler en exclusivité son plan de relance estimé à 35 millions d’euros, qu’il lance dès ce lundi.

Vos services vont annoncer un plan de relance pour le rugby de l’ordre de 35 millions d’euros pour faire face à la crise Covid 19, qu’en est-il exactement ?

Un courrier a déjà été envoyé aux clubs il y a quelques jours pour annoncer que la FFR ne laisserait personne au bord de la route malgré la grave crise sanitaire que traverse le pays. Le rugby amateur a subi un énorme impact. Les compétitions et les entraînements ont été stoppés jusqu’à nouvel ordre. Les clubs sont à l’arrêt pour un certain temps. Le rôle d’une fédération, c’est d’aider ses clubs quand ils en ont besoin. Ils vont en avoir besoin. Notre chance, c’est d’avoir une grosse trésorerie, une santé financière saine. J’ai demandé aux équipes d’Alexandre Martinez, le trésorier, de pondre un véritable plan Marshall. D’être le plus ambitieux possible et aussi d’être capable de le présenter le plus rapidement possible. Je remercie d’ailleurs les élus, les salariés qui ont travaillé autour de lui pour qu’aujourd’hui, la FFR puisse être innovante et lancer ce plan. Merci aussi aux Ligues et aux départements qui se sont mobilisés pour nous faire des remontées de terrain.

En quoi consiste-t-il ?

La FFR va injecter près de 35 millions d’euros sur la saison en cours et la prochaine. Il s’agit de maintenir toutes les mesures « traditionnelles » de la redistribution des ressources au profit des clubs amateurs prévues au budget 2019-2020, c’est-à-dire que, même s’il n’y a plus de match jusqu’à la fin de la saison, les clubs recevront les sommes prévues dans la caisse dit de blocage, c’est-à-dire la participation de la FFR à leurs frais de déplacement. C’est tout de suite 1,8 millions d’euros promis qui seront versés. Ainsi toutes les reversions au niveau des indemnités kilométriques pour les clubs de F1, F2 et F3, seront réalisées. Il y en a pour plus de 2 millions d’euros. Nous sommes partis d’un scénario catastrophe, à savoir pas de reprise des compétitions d’ici à la fin juin. Et si nous avons une bonne surprise sportive, on avisera mais je me devais d’envisager le pire. Par ailleurs, nous allons suspendre tous les prélèvements fédéraux à partir du 1er avril. Il y en a pour 4 millions d’euros. On demande également à toutes les Ligues régionales d'en faire de même. La quote part sur la licence que prélevait les Ligues – 800 000 euros – est aussi supprimée pour cette saison. Pour la saison prochaine, les clubs pourront encaisser l’ensemble des produits des licences. La FFR et les Ligues ne prélèveront rien du tout. Nous savons que l’effort doit être fait maintenant mais aussi pour la saison prochaine. Les clubs vont souffrir au niveau de leur partenariat privé. Ils doivent pouvoir compter sur leur fédération.

Le monde professionnel soufre aussi, c’est-à-dire les employeurs des joueurs de l’équipe de France…

Ils ne doivent pas être oubliés. Je n’ai eu de cesse de dire qu’il n’existe qu’un seul rugby, cette affirmation est encore plus vraie durant cette crise. Les rugby amateur et professionnel ne font qu’un. L’un ne peut exister sans l’autre et nous sortirons au mieux de ces difficultés si nous sommes encore plus solidaires qu’à l’accoutumée. Je voudrais réunir au plus vite l’ensemble des clubs de Top 14 et de Pro D2 pour trouver des solutions afin aussi de pérenniser ces deux championnats.

Pouvez-vous aussi supprimer la tournée en Argentine en juillet prochain et offrir un créneau dans le calendrier afin que la saison pro puisse se terminer ?

Je peux l’envisager mais pas le décider. D’abord, ce lundi à 21 heures, une conférence téléphonique, sur le sujet des tournées d’été, est programmée à World Rugby. Je dois voir ce qu’il est possible de faire. Mon intérêt est aussi d’aider et sauver le monde professionnel. C’est l’une de mes priorités que nos clubs français soient épargnés, car au final, il est question de l’équipe de France. La vitrine de notre sport. Alors, ce que je peux vous dire, c’est que je m’engage à prendre les mesures nécessaires. Il va y avoir des discussions sur les tournées de juillet, avec World Rugby, avec la LNR. Nous trouverons les solutions.

Comment comptez-vous financer ce plan ?

Alexandre Martinez a déjà trouvé plusieurs solutions. Je vais par exemple voir ce qu’il est possible de négocier avec notre assureur et partenaire, la GMF, voir si l’on peut piocher dans le fonds assurance. Les détails de ce financement seront communiqués dans les tout prochains jours par notre trésorier. Notre politique actuelle ne sera pas remise en cause ou stoppée. Nous avons les moyens de financer ce plan. C’est LA bonne nouvelle du weekend.

Le congrès de Marseille, prévu début juillet, sera-t-il reporté ?

A ce jour, tout porte à croire que l’on pourra l’effectuer à date. Il y a une menace qui planait et plane toujours, mais je suis raisonnablement optimiste. Mon vécu d’entraîneur me permet de dire une chose pour conclure. Ce que je vois depuis quelques semaines me rassure. Notre sport est digne des valeurs qu’il véhicule. Je suis convaincu de mes femmes et de mes hommes, que ce soient les salariés ou les licenciés. C’est dans la difficulté que l’on voit les grandes équipes. Nous gagnerons ce match ensemble.

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