Les travaux ont commencé

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    Les travaux ont commencé / Jean Paul Thomas / Icon Sport
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La commission médicale de la Ligue a commencé à se pencher sur les conditions de reprise des joueurs professionnels. Elle va définir un protocole précis.

Même dans le marasme ambiant, alors que son cabinet médical de Montpellier lui donne beaucoup de travail, Bernard Dusfour, le médecin de la LNR, phosphore sur la reprise des compétitions professionnelle. « Oui, la commission médicale a eu des réunions tous ces jours-ci. Il faut qu’on s’adapte à ce qu’il se passe, une situation totalement inédite. » Évidemment, personne ne pouvait imaginer vivre des mesures de confinement aussi drastiques, en rugby comme ailleurs. Mais la situation des sports collectifs est vraiment particulière : « Jamais les joueurs n’avaient vécu une telle situation. D’habitude, quand ils arrêtent leur activité, c’est pour les périodes de vacances, et on sait qu’ils font toujours un minimum d’exercice. Mais là, rendez-vous compte, ils sont contraints par la loi à l’inactivité totale et pour une durée indéterminée. J’insiste, nous sommes dans l’inconnu. »

Dusfour : « Attention aux joueurs en rééducation »

Dans un rugby devenu aussi exigeant, les responsables de la LNR ne veulent surtout pas prendre de mesures à la sauvette. « Nous sommes en train d’examiner plein de paramètres, mais rien n’est encore défini. Évidemment, nous allons commencer par nous mettre d’accord sur un outil ou un protocole qui permette l’évaluation de l’état général de nos joueurs. »

Les craintes de Bernard Dusfour sont multiples : ça va de la prise de poids aux séquelles psychologiques d’une aussi longue période d’inactivité. D’autres voix nous ont, par exemple, alertés sur le décrochage moral de certains joueurs, ceux qui arrivent en fin de contrat par exemple.

Il y aura bien sûr des examens cardiaques pour éviter une reprise trop brutale. À ce sujet, le ministère des sports a récemment vivement recommandé aux institutions du sport professionnel d’en passer par un protocole précis, incluant une ECG (électrocardiographie) et une échographie cardiaque, ainsi qu’un test à l’effort pour tous les joueurs. Des examens à effectuer en milieu hospitalier ce qui, étant donné la période de surcharge et la priorité (logique) donnée aux malades, devrait nécessairement repousser l’échéance d’une éventuelle reprise. « Il y a un dernier cas qui nous interpelle » précise Bernard Dusfour. « C’est celui des joueurs qui étaient en rééducation au moment du confinement. Leur cas est très sensible, même si nous savons que les kinés essaient de les suivre et qu’ils ont des fiches. Mais leur situation est très difficile car, a priori, ils n’ont pas accès aux installations de leurs clubs.»​​​​​​​  Autant de questions auxquelles il faudra répondre avant d’envisager une reprise.

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