Aldigé : « La coupe Mickey »

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Jean-Baptiste Aldigé, président du Biarritz olympique, est en totale opposition avec la formule proposée par les caciques de la Ligue, concernant la fin du championnat de deuxième division. Il s’explique…

Que vous inspire cette phase finale en août ?

Nos bonnes vieilles institutions ont opté pour cette formule, que je qualifierais de "coupe Canal", ou "coupe Mickey". Il n’y a pas de secret : je l’ai d’ailleurs déjà dit à Paul Goze, lors de la précédente réunion des présidents. Je vous assure que même si on m’avait invité à la disputer, j’aurais refusé.

Pourquoi ?

Elle ne rime à rien ! Je peux comprendre, en Top 14, que l’on veuille se battre pour le Bouclier de Brennus, qui reste un symbole très fort de notre discipline, de notre histoire, de notre culture. En Pro D2 ? Il n’y a rien à gagner : ni retombées financières, ni gloire, ni montée.

Quelle fut la motivation de base, dès lors ?

En fait, j’ai l’impression que le modèle choisi répond à la logique du parallélisme des formes : on a voulu faire en Pro D2 ce que les grands avaient fait, en première division, quitte à ce que le résultat n’ait aucun sens. Et puis, elle est où l’éthique dont on parle depuis le début de la crise ? Cette équité tant mise en avant lors de nos réunions ? L’an prochain, le finaliste et le champion démarreront le Pro D2 avec des points d’avance. Et ça, ça me gêne… Je me sens floué…

Votre club était qualifié, dans les faits…

Nevers (cinquième, N.D.L.R.) et Biarritz (sixième) avaient jusque-là gagné leur place en phases finales. Ils sont aujourd’hui les dindons de la farce. Je me rassure en me disant que nous ne sommes pas les seuls dans ce cas.

À qui pensez-vous ?

Le Stade toulousain, qui a disputé plus d’un tiers du championnat sans ses internationaux, a également de grandes chances de se retrouver sur le bord de la route… C’est injuste…

Qu’aurait-il fallu faire, dès lors ?

Je crois que l’on n’aurait pas dû commencer nos réunions par le gel des championnats professionnels. Derrière ça, les clubs maintenus en Top 14 et Pro D2 ne se sont plus du tout sentis concernés par la suite des débats. Après ça, tout était biaisé…

Qu’auriez-vous préconisé, de votre côté ?

En tant que citoyen, je serais resté responsable. Le pays traverse aujourd’hui une crise sans précédent ou presque, j’étais donc opposé à toute forme de reprise. Le monde ne tourne pas autour du rugby, que je sache.

On vous sent agacé…

Oui. Clermont et Biarritz, au motif qu’ils n’ont pas satisfait jusqu’à présent aux exigences sur le nombre du Jiff, auront des retenues financières. Mais le championnat était-il terminé ? Non, il restait au moins sept matchs. Et Clermont ou Biarritz avaient-ils une chance de satisfaire à ces normes si la compétition s’était poursuivie ? Clairement, oui. Tout ça m’agace…

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