La Ligue devrait siffler demain la fin du bal, reprise probable en septembre

  • Team of Clermont and team of Toulouse during the Top 14 Final match between Toulouse and Clermont at Stade de France on June 15, 2019 in Paris, France. (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport)
    Team of Clermont and team of Toulouse during the Top 14 Final match between Toulouse and Clermont at Stade de France on June 15, 2019 in Paris, France. (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport) Icon Sport / Icon Sport
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Pour l'instant, et contrairement à ce qui s'est fait hier soir dans le monde du football, la LNR n'a pas encore officialisé la fin du championnat 2019/2020. Cela devrait être le cas dès demain, au terme d'une réunion de première importance avec Roxana Maracineanu, la Ministre des Sports. On se dirigerait donc vers l'annulation des phases finales d'août et une reprise probable du championnat 2020/2021 début septembre.

Ce mercredi soir et au lendemain des annonces du Premier Ministre Edouard Philippe sur le déconfinement du pays, les trente présidents du rugby professionnel étaient réunis en visioconférence autour de Paul Goze, le patron de la Ligue Nationale de Rugby. Solennel, celui-ci leur a annoncé que le bureau de la LNR était favorable au fait de décréter la fin de la saison 2019/2020, une décision qui pourrait être officialisé demain midi, au terme d'une réunion qu'auront six présidents de clubs avec la Ministre des Sports, Roxana Maracineanu. Pourquoi une telle précaution ? De fait, Maracineanu semblait considérer mardi soir qu'une fenêtre pour des matchs à huis-clos partiel (5000 personnes au stade) était toujours envisageable au mois d'août, laissant la porte toujours ouverte aux phases finales évoquées mi-avril par la Ligue.

Néanmoins, tout semble aujourd'hui indiquer que les hypothèses présentées par Paul Goze mardi soir seront celles que validera le Ministère des Sports demain, soit dans le journée du 30 avril. Qu'a donc proposé le président des présidents ? Si la fin de la saison était officialisée dans les heures à venir comme on a tout lieu de le croire -et comme ce fut par exemple le cas en Ligue 1 dès l'annonce du Premier Ministre- trois possibilités s'offriraient alors au rugby professionnel français.

Pourquoi une reprise en septembre et non en janvier ?

La première consisterait à tirer un trait sur les phases finales d'août (lors de la réunion, le président de l'UBB Laurent Marti ne s'est pas élevé contre cette décision, arguant justement qu'une phase finale à huis-clos n'aurait aucun sens) et reprendre la saison de Top 14 et de Pro D2 début septembre avec des stades ouverts au public. De fait, le championnat 2019/2020, et ce pour la première fois depuis les années 40, ne sacrerait donc le moindre champion de France. La seconde, la moins souhaitable, tablerait également sur une reprise des championnats en septembre mais sous la forme d'un huis-clos total ou partiel, selon les indications données par le gouvernement.

Si le huis-clos était obligatoire, le gouvernement pourrait déclencher un immense plan Marshall pour le rugby professionnel, dont l'économie, moins dépendante des droits télés que ne l'est celle du football, souffrirait énormément d'une période de plusieurs mois sans recettes aux guichets. Pour convaincre le gouvernement du bien-fondé de leur démarche, les patrons de la Ligue et le président de la FFR Bernard Laporte ont ainsi envoyé différents courriers au Président de la République et ses ministres.

Alors, l'Etat ira-t-il dans le sens des patrons du rugby professionnel ? Compensera-t-il les pertes des clubs par une aide massive, une exonération de charges sur une durée limitée, ou alors sous forme de prêt à taux zéro ? Difficile à dire mais cela semble en tout cas vital pour le monde du rugby professionnel.

Pourquoi une reprise en janvier serait « une bombe nucléaire »

Le dernier scénario, celui que se refuse encore à envisager la LNR, tablerait sur une reprise du championnat en janvier prochain. Selon toute vraisemblance, la majorité des présidents serait contre cette idée. Pourquoi parle-t-on du scénario de janvier comme du « pire » scénario ? D'abord, comme l'a expliqué Goze en réunion, une reprise en janvier serait « une bombe nucléaire » dans le sens où elle ferait disparaître le rugby des radars pendant dix mois et rendrait impossible l'organisation d'une coupe d'Europe ou celle des matchs internationaux de l'automne 2020, lesquels seront vraisemblablement reprogrammés au cours de l'année 2021.

Par ailleurs, une reprise en janvier serait un coup dur porté aux internationaux français préparant la Coupe du monde 2023, un événement majeur pour le pays à moyen terme. Enfin, il a été indiqué lors de cette même réunion que la baisse des salaires (32 % sur les masses salariales de Top 14, 28 % sur celles de Pro D2) pourrait aider les clubs à traverser cette terrible crise économique. Celle-ci, si elle se concrétise dans les semaines à venir, devra évidemment être validée au préalable par les syndicats Provale (joueurs), Tech XV (entraîneurs) et UPCR (présidents).  

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