Au RCT, un hic dans le discours

  • Défaite amère à tout point de vue pour les Toulonnais de patrice Collazo. Ici Brian Alainu'uese n'a pas franchi la défense rochelaise.
    Défaite amère à tout point de vue pour les Toulonnais de patrice Collazo. Ici Brian Alainu'uese n'a pas franchi la défense rochelaise. Icon Sport / Icon Sport
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Méconnaissable, le Rugby Club Toulonnais repart bredouille de Deflandre. Au-delà d’une stratégie défaillante, le staff plaide une errance dans la préparation. Un simple accident, à vite oublier.
 

«Je pense que j’ai manqué un truc dans la semaine, avec mon staff. Que je n’aie pas bien fait. » L’analyse est sans appel. Au coup de sifflet final, Patrice Collazo a de suite endossé la responsabilité d’une défaite amère à tout point de vue. Sans égratigner, ou presque, son groupe. « Pour une fois, je vais leur trouver beaucoup d’excuses. Toutes les excuses du monde, car on n’a pas dû être assez clair dans ce qu’on a voulu mettre en place dans la semaine. On a manqué notre entame, on a tout manqué en fait. Le truc de fou, c’est que l’on arrive à revenir à 7 points dans un match où l’on est totalement à côté de la plaque. Et sur une énième réception de renvoi cafouillée, on prend 7 points. Tout est dit. Pas besoin de rentrer en avion, on peut rentrer en courant, les mecs ne sont même pas fatigués. On pourrait rejouer presque. Ça n’a même pas tapé sur les impacts ! »


Alors, Patrice Collazo a-t-il oublié quelque chose dans la préparation de ce match ? Réponse ferme de Swan Rebbajd : « Non, pas du tout ! C’est notre faute. Ce sont les joueurs qui sont sur le terrain, pas les coachs. C’est à nous de faire le job. On était enthousiaste mais pas dedans… » Le deuxième ligne varois, peiné par cette première copie de la saison, est d’autant moins en accord avec son coach qu’il est à l’origine de ce cafouillage sur le renvoi, dans cette 70e minute charnière. « La boulette, je la prends pour moi, c’est ma faute. C’est une faute de jeu. Ça arrive, c’est humain. »
 

Stratégie capricieuse


En tout cas, tout le monde au RCT s’accorde à dire que ce succès rochelais ne souffre d’aucune contestation. Toulon a failli, sur divers points. À commencer par la stratégie, à coups de chandelles en première période plutôt que d’opter pour la marque de fabrique de Patrice Collazo. À savoir un défi physique imposé par les avants. « Avec ces nouvelles règles, on ne peut pas jouer de chez nous. Si on le fait, on s’expose, examine l’ancien pilier. Le problème, c’est que l’on a mis du jeu au pied plutôt intéressant mais on n’a pas été bon dessous. On a refait des fautes encore dessous. Donc à partir de là, cette stratégie s’est retournée contre nous. La Rochelle n’a pas joué un ballon de son camp non plus. Parce que l’arbitre favorise la défense donc autant éloigner le danger. Mais même à 50 mètres, avec un buteur comme West ou Plisson, ça ne suffit pas. »


Côté stratégie, les Toulonnais n’ont pas non plus été aidés par les coups du sort. Avec deux trois-quarts sur le banc, le staff s’est vite retrouvé handicapé par la sortie précoce et définitive d’Anthony Belleau, touché au genou. Lui qui venait de glisser à l’ouverture pour pallier le protocole commotion de Louis Carbonel, pas totalement dans ses bottes pour la suite des événements. Le XV varois s’en est trouvé déstructuré. Patrice Collazo le sait mieux que quiconque, « la stratégie du 6 et 2, elle peut être payante si tu n’as pas de pétés sur la ligne de trois-quarts ». Et la mêlée fermée dans tout ça, l’axe que craignait le plus d’ailleurs le clan rochelais ? Performante oui, mais pas « propre sur la première mi-temps ». Pour preuve le jaune reçu par Setiano à la demi-heure de jeu. Aucune planète n’était alignée pour l’entrée en matière du RCT. 
 

Romain Asselin.
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