Bastareaud, numéro 8 utilisé à bon escient !

  • Mathieu Bastareaud (Lyon) contre le Racing 92
    Mathieu Bastareaud (Lyon) contre le Racing 92 Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Malgré la défaite, Mathieu Bastareaud a été un des joueurs les plus influents de la rencontre face au Racing 92. Décryptage de son utilisation au poste de troisième ligne centre.

Depuis qu’il a décidé de le faire venir sur les bords du Rhône, Pierre Mignoni en est convaincu : Mathieu Bastareaud va s’imposer définitivement au poste de troisième ligne centre. Son profil, sa puissance, son explosivité sur les premiers mètres ballon en mains sont autant d’atouts offensifs pour le Lou. Et, en défense, sa capacité à contester n’est plus à démontrer. Pour cette première de la saison, certes le manager du Lou n’avait pas d’autres choix. Gillian Galan et Loann Goujon à l’arrêt, Alex Tulou encore en phase de découverte, Mignoni s’est appuyé sur "Basta", qui avait joué sept matchs à ce poste avec le club lyonnais la saison dernière, avant son départ pour New-York. Avec une franche réussite.

Evidemment, Mathieu Bastareaud n’est pas Sergio Parisse, ni Jerome Kaino : la couverture du fond de terrain, très peu pour lui. Son positionnement dans le premier rideau défensif n’a donc rien eu de surprenant, samedi. En début de rencontre (8e), à l’heure du round d’observation, il a regardé les ballons passer au-dessus de sa tête pendant les longs échanges au pied entre Toby Arnold et Jonathan Pelissié d’un côté, et Kurtley Beale et Finn Russell de l’autre. Logique. De par sa morphologie et son appétence pour la zone de "contest", c’est au près que "Basta" a principalement opéré. Dès la première minute de jeu, on l’a retrouvé collé aux phases de combat au sol pour gratter un ballon ou au moins en ralentir la sortie. Le premier de ses quatre plaquages n’a pas manqué de soulever un râle de plaisir dans les travées du Matmut Stadium. Allez donc demander à Yoan Tanga ce qu’il en pense, lui qui a reculé de plusieurs mètres sur l’impact.

Une combinaison taillée pour "Basta"

Mais c’est aussi et surtout en attaque que le joueur formé à Massy était attendu. Il n’a pas déçu. Souvent placé dans l’axe de son ouvreur, on l’a parfois vu surgir pour déchirer le premier rideau racingman. Au quart d’heure de jeu, c’est lui qui a été à l’initiative du premier temps fort de son équipe. Bien servi par Jonathan Wisniewski à hauteur, il a franchi le premier rideau, avant de resortir le ballon sur l’extérieur pour son arrière Toby Arnold. Las, le Néo-Zélandais a été repris à quelques centimètres de la ligne par l’argentin Juan Imhoff. Au total, Basta, c’est trois plaquages "cassés" et un franchissement net. Des statistiques, aux normes des attentes, auxquelles il convient d’ajouter un essai. Le premier de la saison qui en appelle sûrement d’autres. Et pour cause. Cet essai, c’est la résultante d’une combinaison taillée pour lui. Imaginée pour son explosivité. Pensée pour sa puissance. Récit : sur une touche à cinq mètres de la ligne d’essai du club francilien, un alignement réduit à six éléments est commandé, "Basta" placé en relayeur avec juste quelques mètres de recul comme pour mieux se lancer. Prise de balle de Kilian Geraci dans la zone du premier sauteur. à la retombée, le deuxième ligne, double champion du monde des moins de 20 ans, sert immédiatement le troisième ligne centre lancé dans le couloir. La défense ? Cédate Gomes Sa affiche un visage surpris, Maxime Machenaud s’écarte pour défendre le deux contre un avec le talonneur Mickaël Ivaldi. On ne se met pas devant "Basta" si facilement... Louis Dupichot, courageux mais pas très épais, essaie en vain de le stopper mais à peine parvient-il à le ralentir. Et comme pour mieux signifier à tout le monde qu’il était loin d’être fini, Mathieu Bastareaud, après être sorti un peu avant l’heure de jeu (54e), est revenu sur le terrain terminer la rencontre au poste de trois-quarts centre...

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