Toulouse à son étoile

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    Toulouse à son étoile Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Focalisés depuis quinze mois sur l’objectif européen, les Toulousains ont répondu présdent ce dimanche pour le premier rendez-vous de phase finale de la saison... 2019-2020. Le rêve, en guise d’ambition suprême, se poursuit.

Devinette : comment reconnaître une obsession ? Au fait qu’une idée revienne à l’esprit sans arrêt. C’est le dictionnaire qui le dit. Depuis des jours, des semaines, des mois, ce n’est pas faute de répéter à quel point les Toulousains ont fait de la Champions Cup un objectif suprême. Cela se voyait dans leurs prestations de cette saison 2019-2020 "pré-covid" ? C’était édifiant, comme en témoignaient les six victoires en autant de rendez-vous de poule. Encore fallait-il continuer à placer les actes en face des mots, et surtout des espoirs, au moment de finir une campagne pas comme les autres. Dimanche 20 septembre, premier jour du reste de leur exercice pour un sommet européen après deux journées de Top 14. Les hommes d’Ugo Mola n’ont eu besoin que de trois minutes pour rappeler qu’ils comptaient être à la hauteur de leurs rêves de (re)conquête. Le temps pour Cheslin Kolbe, propulsé meilleur attaquant du monde sans l’étiquette de finisseur, de montrer qu’il gardait le plus beau pour la suite. Avec lui, il y en a toujours une et elle est à chaque fois plus savoureuse. Après son doublé contre La Rochelle, le champion du monde springbok a récidivé contre l’Ulster dans sa chasse à l’Europe.

Les planètes alignées ?

Aujourd’hui, et plus que jamais, les planètes semblent alignées à Toulouse. Parce que cette génération dorée, celle des Baille, Marchand, Mauvaka, Cros, Dupont, Ntamack, Ramos et consorts qui a relancé et magnifié un monument devenu quelconque au milieu de la dernière décennie, a déjà replacé le Brennus dans l’armoire à trophées d’Ernest-Wallon voilà quinze mois et veut désormais marcher sur les traces de ses glorieuses aînées. Aussi parce qu’il est l’heure pour l’immense Jerome Kaino, promu capitaine en Coupe d’Europe sans que cela ne soit dû au hasard, d’aller décrocher le seul sacre qui lui manque encore. Ce dimanche, le Stade toulousain n’a sûrement pas signé en première mi-temps la performance la plus aboutie de son parcours, peut-être rattrapé par irrépressible spectre du match à élimination directe. Mais, notamment porté par certaines de ses individualités hors normes, il était trop fort pour cet Ulster, comme en témoigne l’écart final au score. Toulouse est là, dans l’ultime carré, debout et ambitieux. Il en faudra davantage pour croire en un exploit sur le terrain d’Exeter samedi ? C’est une évidence, et les Stadistes en sont conscients.

Seul en lice pour le record

Le 21 avril 2019, les Rouge et Noir s’étaient déjà invités en demi-finale de la Champions Cup. C’était à Dublin et cette fougueuse et insouciante bande, encore trop immature à ce niveau, avait logiquement rendu les armes face au Leinster. Durant son discours à l’hôtel, avant de prendre la direction du stade, Ugo Mola avait axé son propos sur les quatre étoiles que partagent Toulouse et la province irlandaise, record de la compétition. En somme, il avait dit à ses troupes : "Ce soir, il n’en restera qu’un en lice." Ce fut le Leinster, battu par les Saracens en finale. Samedi, les joueurs de Leo Cullen sont encore tombés face aux Anglais. Alors, il ne reste qu’un club pour viser la cinquième étoile et, cette fois, c’est le Stade toulousain. Lequel se voit proposer un défi démesuré à Sandy Park pour prouver qu’il a grandi depuis un an et demi. Assez pour s’asseoir sur le toit de l’Europe ? "Les équipes qui dominent ne le font pas de manière spontanée, assure Mola. ça se construit sur des années et des cycles. C’est notre deuxième demie affilée..." Une obsession, mais peut-être pas si folle.

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