Rugby sous covid - Simon : « Sans vestiaire, la pratique va s’arrêter »

  • Serge Simon, médecin de métier, vice-président de la FFR
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Médecin de formation, le vice-président de la FFR, Serge Simon, ne comprend pas la décision de certains maires ou préfets d’interdire l’accès aux vestiaires. Avec ses homologues des fédérations de football, de handball et de basket, ils sont montés au créneau au ministère des sports pour que les choses évoluent.

En tant que médecin de formation, et vice-président de la FFR, que pensez-vous de la multiplication des interdictions de vestiaires ?

Cela me révolte et m’inquiète. Depuis quelques jours, nous assistons à une vraie tendance de fond. Une sorte de contagion de mesures de précaution et je dis ça, sans mauvais jeu de mots ! Et pourtant c’est contre la volonté du législateur. C’est dangereux car cela s’étend dans tous les territoires. Et cela met en péril la pratique de notre sport. Je vais être clair, sans accès aux vestiaires la pratique du rugby va s’arrêter. On met en péril nos clubs. Je crois que les personnes qui prennent ce genre de décision ne mesurent pas les conséquences d’une telle décision. Or la fédération reçoit depuis deux weekends pas mal de demande de report de match pour cette raison, mais à ce rythme, les dates de repli vont être vite consommées.

Que peut faire la fédération ?

De la pédagogie quand des maires prennent conseil auprès de nous avant de prendre ce genre de directive, mais aussi faire entendre sa voix au ministère des sports. Qu’il l’a entendue. Nous ne sommes pas les seuls à nous être plaint. Le football, le handball ou le basket sont dans le même cas que nous. Nous avons milités pour qu’une fois l’autorisation de la pratique délivrée, le sport commence dès l’accès aux vestiaires. C’est dans l’ADN du rugby de ne pas respecter la distanciation physique. On est un sport de contact, on se touche, on bataille pour le même ballon. Alors interdire les vestiaires… Je suis vraiment en colère car cela touche d’abord et avant tout nos bénévoles. Pour qui la vie actuelle, avec cette pandémie, est déjà difficile au niveau professionnel ou personnel. Et là, alors qu’il décide de donner de son temps, on lui met des bâtons dans les roues. Sans compter qu’après match, les joueurs ne peuvent pas se laver. Il va falloir m’expliquer le bienfait sanitaire de cette mesure….

Avez-vous été entendu par le ministère ?

Je le crois. Le message que nous avons cherché à faire passer c’est que l’activité sportive est en danger. Or faire du sport c’est bon pour la santé. C’est une banalité ce que je dis mais dans le contexte actuel, il est bon de la rappeler. C’est aussi un moyen de prévention contre les infections. Je crois que les lignes bougent au ministère et qu’il devrait faire redescendre le message aux préfectures. Le rugby ne commence pas au coup d’envoi d’une rencontre mais dès l’accès aux vestiaires. Il faut arrêter avec cette décision absurde.

Mais il y a aussi la réalité d’un virus qui circule énormément…

… Je ne remets rien en cause, mais cette infantilisation de nos dirigeants et joueurs est insupportable. On a perdu le sens des réalités. Cela fait quelques mois que nous cohabitons avec ce virus. Avec le ministère des sports, la fédération a mis en place un protocole pour une pratique du rugby en toute sécurité. Ne nous laissons pas gangréner par des mesures dentelles !

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