Le Guen : « J’avais un complexe d’infériorité »

  • Kevin Le Guen, ancien capitaine du SA XV en Pro D2, arrivé au Racing 92 en 2019, a réalisé une excellente entrée en jeu la semaine passée face au Connacht. Son travail commence à payer. Photo Icon Sport
    Kevin Le Guen, ancien capitaine du SA XV en Pro D2, arrivé au Racing 92 en 2019, a réalisé une excellente entrée en jeu la semaine passée face au Connacht. Son travail commence à payer. Photo Icon Sport
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Il n’y a pas d’âge pour une première titularisation en Champions Cup. Le talonneur Kevin Le Guen vivra dimanche cette expérience à 30 ans. Rencontre avec un joueur au parcours atypique.

Le Racing 92 est depuis toujours connu pour son recrutement clinquant. La liste des stars venues dans les Hauts-de-Seine est une véritable litanie, inutile de la développer. Mais le club francilien est aussi passé maître dans l’art de débusquer quelques pépites en Pro D2. Olivier Klemenczak, venu de Dax et appelé récemment par le sélectionneur du XV de France, Fabien Galthié, en est un exemple, sans être un cas isolé. L’an passé, Kevin Le Guen a débarqué en provenance de Soyaux-Angoulême dans un relatif anonymat. Or, pour la première fois, dimanche, le talonneur de 30 ans sera titulaire en Champions Cup. Une promotion qu’il doit évidemment à la blessure de Camille Chat dimanche dernier et absent pour trois semaines. Mais pas seulement. L’ancien capitaine du SA XV a marqué des points ces dernières semaines. Face au Connacht lors de la 1re journée, son entrée en jeu peu après le quart d’heure de jeu a marqué les esprits. "Défensivement, il pèse vraiment sur les rencontres, souligne le manager Laurent Travers. C’est lui qui a notamment été à l’origine du dernier contest gagnant contre les Irlandais. Avant cela, il a aussi gratté un ou deux ballons. Et offensivement, il commence vraiment à s’inscrire dans le projet de jeu."

A 30 ans, le natif de La Rochelle, qui a bien failli plaquer le rugby pro en 2015 après un passage en Fédérale 1 et un parcours acrobatique, s’épanouit un peu plus chaque jour en Ile-de-France. "Aujourd’hui, il a vraiment la confiance de ses partenaires", juge encore Travers. D’aucuns diront qu’il a mis du temps à prendre la mesure du plus haut niveau. Les autres savent qu’il n’a pas été épargné. Dès son arrivée, il s’est blessé. Une vilaine pubalgie qui l’a mis à l’arrêt. "Je n’ai même pas pu disputer les matchs amicaux, ce qui m’a fait prendre du retard dans l’assimilation du plan de jeu, explique Le Guen. Et puis, il y a eu le confinement. Clairement, ce n’était pas la première saison que j’attendais, même si mon intégration s’est bien passée dans la vie de groupe." Pourtant, de l’appréhension, il en avait. Il l’avoue timidement : "J’étais le mec qui arrivait de Pro D2, plus proche de la trentaine que de la vingtaine, au milieu d’une pléiade de stars, j’avais comme un complexe d’infériorité. " Un sentiment désormais envolé.

Dimanche, il sera un des leaders du vice-champion d’Europe au même titre que Finn Russell ou Simon Zebo pour défier les Harlequins. Un statut qu’il savoure : "Pour moi, cette première titularisation en Champions Cup, c’est énorme. J’ai envie d’en faire un bon souvenir. Et pour ça, on se doit de gagner ce huitième de finale parce qu’avec ce nouveau format de compétition, nous disputons un vrai sprint. " Et de conclure dans un bel élan de sincérité : " De toute façon, tout ce que j’ai vécu avant dans ma carrière fait que je kiffe vraiment ce que je vis aujourd’hui. "

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