Virimi Vakatawa, ce génie contrarié

  • Face à Toulon, Virimi Vakatawa a alterné le pire et le meilleur. d’abord ridicule puis globalement magnifique, il ne put néanmoins renverser le cours d’un match dominé par les avants toulonnais.
    Face à Toulon, Virimi Vakatawa a alterné le pire et le meilleur. d’abord ridicule puis globalement magnifique, il ne put néanmoins renverser le cours d’un match dominé par les avants toulonnais. Icon Sport
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Face à Toulon, Virimi Vakatawa a alterné le pire et le meilleur. d’abord ridicule puis globalement magnifique, il ne put néanmoins renverser le cours d’un match dominé par les avants toulonnais.

On ne compte plus les personnalités du rugby pro qui, de Henry Chavancy à Chris Masoe en passant par Dan Carter, jugent aujourd’hui que Virimi Vakatawa est le meilleur trois-quarts centre du monde. Au Midol, on est évidemment pas loin de le penser, tant le Franco-Fidjien brille de mille feux depuis deux ans, que ce soit sous le maillot du Racing 92 ou celui du XV de France, au sein duquel il incarne l’arme fatale de Fabien Galthié au centre du terrain. Mais comme tout génie, l’ancienne vedette du circuit international à VII est capable du meilleur comme du pire et l’a une nouvelle fois démontré dimanche soir, sur la pelouse de Paris-La Défense-Arena.

 

Il a fait sortir Nonu !

Pour « Viri », le début de la rencontre fut donc une longue plainte et, le concernant, l’impensable survint même à la vingtième minute de jeu : alors que le Rct menait 17 à 3 sur la pelouse de Nanterre, le trois-quarts centre des Bleus franchit le rideau défensif adverse, puis la ligne d’en-but des Toulonnais et, au lieu d’aplatir aussitôt, fit le choix étrange de temporiser, attendant le déluge, l’arrivée des vaccins ou le retour de la neige, allez savoir…

C’est à ce moment-là que surgit, dans son dos, l’ailier varois Gabin Villière, qui se jeta sur son coéquipier en équipe de France, lequel commit un en-avant balourd dans l’en-but ennemi. « Sur le coup, expliquait Villière à la mi-temps, au micro de Canal +, je suis un peu en retard. Je vois qu’il patiente et décide de me jeter. Ça a fonctionné mais derrière ça, il (Vakatawa, N.D.L.R.) s’est bien réveillé… »

Et de quelle manière, bonne mère ! Passée la bourde originelle, Virimi Vakatawa humilia d’abord l’Australien Duncan Paia’aua d’un cadrage débordement magnifique et fut, une poignée de temps plus tard, à l’origine de l’essai de Teddy Thomas, qu’il servit d’une admirable « passe chistera », comme on l’appelle.
 

« Une arme incroyable »

« Virimi est aujourd’hui devenu une arme incroyable, nous disait récemment Laurent Labit, l’entraîneur des trois-quarts du XV de France, au sujet du joueur. Aucun de ses adversaires ne parvient à décrypter son jeu parce qu’il a mille cordes à son arc : la percussion, le jeu dans le plaquage, la passe aveugle avant contact, l’évitement… Il peut lâcher un ballon dans toutes les situations, mobilise à chaque fois deux à trois défenseurs et autour de lui, crée des espaces : tôt ou tard, les joueurs qui circulent dans sa zone auront des occasions d’essais. »

Au fil de ce match de toute beauté et où les espaces étaient innombrables, Virimi Vakatawa fut ainsi dans son élément, poussant même l’entraîneur adverse, Patrice Collazo, à sortir à la mi-temps son vis-à-vis Ma’a Nonu, totalement dépassé par le phénomène. Malgré tout, le paquet d’avants du Racing 92 fut dimanche soir à ce point dominé par la force collective des Toulonnais en mêlée fermée et le combat au sol que Vakatawa, génie contrarié, ne put renverser le cours d’un match que les Franciliens avaient bien trop mal débuté…

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