Ces Bleus sont si faciles...

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    Ces Bleus sont si faciles... Midi Olympique - Patrick Derewiany
Publié le , mis à jour

C'est sans vraiment forcer leur talent que les Tricolores ont écrasé l'Italie samedi, en ouverture du Tournoi des 6 Nations. Vivement la suite...

Etait-on vraiment en droit d'avoir peur ? Après tout, cette équipe d'Italie restait sur une funeste série de vingt-sept défaites dans le Tournoi des 6 Nations, sortait d'une coupe d'automne en tout point calamiteuse et, en son sein, celui que l'on nous présentait alors comme l'étoile montante du rugby transalpin se nommait Monty Ioane et comptait deux misérables apparitions sous le maillot du Stade français, en 2015. Passé la facile victoire des Tricolores au stade olympique de Rome, on sera simplement en droit de constater qu'il faudra, tôt ou tard, repenser une compétition dont le tiers des rencontres n'a finalement que très peu d'intérêt...

On est dur, vous dîtes ? On constate seulement que la « squadra azzura », privée du soutien populaire qui la porte habituellement juste au-dessus du seuil de médiocrité, aurait pu samedi attaquer deux nuits durant sans ne jamais angoisser une défense tricolore certes agressive, mais moins huilée et plus indisciplinée (cinq pénalités lors des vingt premières minutes) qu'elle ne l'était par exemple en novembre, au crépuscule de la coupe d'automne des nations. Au sujet de cette équipe de France, désignée par les plus grands techniciens du moment (Steve Hansen, Michaël Cheika...) comme favorite de la compétition continentale, les esprits synthétiques assureront aujourd'hui qu'elle a eu beau livrer à Rome une première mi-temps un peu fadasse, en comparaison avec ce qu'elle proposait au fil de l'année 2020, elle fut néanmoins capable d'écarter l'Italie d'un revers de main, quand ses aînées s'étaient en ces mêmes lieux tant de fois embourbées.

Thomas et Dupont sur une autre planète

Malgré quelques approximations, la bande à Galthié a toutefois proposé quelques beaux mouvements et, parmi eux, on retiendra l'essai aplati par Gaël Fickou après une passe au pied d'Antoine Dupont, celui de Brice Dulin consécutif à un superbe « une deux » avec son ailier Gabin Villière ou enfin, celui de Teddy Thomas, concluant une percée du meilleur demi de mêlée du monde, auteur samedi après-midi de quatre passes décisives, excusez du peu. A Rome, le XV de France a donc lancé son Tournoi de la meilleure des manières, coffrant le « bonus offensif », prenant la tête de la compétition et envoyant un message clair à ses deux plus grands rivaux, l'Angleterre et l'Irlande.

Dans la douceur de l'hiver italien, les Bleus, inquiétés avant le début du Tournoi des 6 Nations par une hécatombe de blessures, ont également rassuré quant à une forme physique qui minait leur staff avant que les hostilités ne débutent. De l'autre côté des Alpes, Antoine Dupont fut ainsi exceptionnel, Paul Willemse (16 plaquages!) renversant en défense, Brice Dulin fidèle à la forme olympique qu'il affiche depuis son départ à La Rochelle et Gabin Villière tout aussi précieux, dans le jeu courant. Teddy Thomas ? Insaisissable, il fut dangereux sur chacun des ballons qu'il eut à négocier, ridiculisant des défenseurs italiens tout à coup devenus trop lourdauds. « TT », dont le Racing ne veut plus, a une nouvelle fois prouvé que s'il n'était pas considéré comme indispensable dans les Hauts de Seine, ses 15 essais aplatis en 23 caps faisaient de lui le finisseur ultime de la sélection. Convenez avec nous qu'une telle boulimie pourrait s'avérer utile, samedi, face à une défense irlandaise encore considérée comme l'une des plus hermétiques au monde...

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