Toulouse et les « gros » travaux

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    Toulouse et les « gros » travaux Icon Sport
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Samedi, en manque de fluidité par rapport à leurs habitudes, les Stadistes se sont appuyés sur la dominattion de leurs avants pour remettre les choses dans l’ordre.   

Il est tellement question, depuis quelques années, de louer les prises d’initiative de cette enthousiasmante équipe toulousaine, de relever les talents hors normes de sa ligne de trois-quarts. Il est aussi classique de relever le nom de ces mêmes arrières dans les statistiques des marqueurs après chaque rencontre. Une fois n’est pas coutume, ils sont restés vierges samedi. Et pourtant, le Stade toulousain a encore planté six essais. Tous par des avants ou à la grâce de leur travail : deux de pénalité, les quatre autres par Tekori, Cros, Aldegheri et Cramont. « Il faut bien qu’ils soient un peu récompensés aussi », sourit l’ailier Yoann Huget, capitaine contre Brive. Avant de reprendre plus sérieusement : « La semaine précédente, à La Rochelle, ils avaient réalisé un énorme match et c’est nous qui avions marqué derrière. » Théorie reprise par l’entraîneur de la défense Laurent Thuéry : « C’est avant tout collectif et on ne veut pas ressortir certains joueurs plus que d’autres. »

N’empêche, voilà qui n’est pas tout à fait anecdotique au regard du déroulement des faits samedi après-midi. Longtemps, le leader du Top 14 a bafouillé son rugby et s’est montré moins consistant qu’à l’accoutumée. Ce qui explique comment Brive était devant au score à vingt-cinq minutes du terme. « Les automatismes ont été longs à se mettre en place, reconnaît Huget. Mais nous sommes restés sereins. à la mi-temps, pas mal d’autres équipes se seraient posées plus de questions. » Mais justement, et alors que le doute était en passe de s’installer, que s’est-il dit dans l’intimité du vestiaire stadiste ?

« Ugo (Mola), par son discours, a restructuré les choses et nous a mis sur les bons rails, poursuit l’ailier international. Nous nous étions peut-être trompés dans la stratégie en début de match où on a essayé de se passer les ballons alors qu’on n’avait pas gagné nos duels. C’était mi-figue mi-raisin. On ne savait pas trop si on devait faire du large-large ou conserver pour faire du jeu à une passe. C’était paradoxal car on sentait qu’on n’était pas loin, que, quand on tenait le ballon, on parvenait à les mettre à mal. Mais la confiance, malgré les quatre points d’avance à la pause, était dans le camp briviste. On s’est juste dit qu’il fallait placer les choses dans l’ordre, être plus patient à l’approche des lignes, plus performant en défense. Il n’y avait pas de raison de douter. »

Les mauls portés, salut du jour

Surtout, dans la dernière demi-heure, les Rouge et Noir se sont montrés plus pragmatiques et efficaces. « Il fallait d’abord resserrer la défense pour exploiter les couloirs, alors que nos adversaires ne contestaient les ballons que sur les extérieurs, pour espérer faire craquer cette belle équipe », reprend Huget. C’est ce qui a enfin permis de trouver dans l’avancée. Pour le reste, le Stade toulousain s’est appuyé sur son gros point fort du jour : sa conquête et son paquet de devant, dominateur dans les zones d’affrontement. Voilà pourquoi les locaux ont insisté sur les ballons portés en allant chercher plusieurs pénaltouches. C’est ainsi qu’ils ont récolté leurs deux essais de pénalité et se sont retrouvés en double supériorité numérique. Pas le plus « sexy » mais diablement rassurant quand tout ne tourne pas comme prévu.

« On voyait qu’on prenait l’ascendant dans ce secteur, ne cache pas Laurent Thuéry. On n’avait pas enclenché un seul maul porté dans les vingt-cinq premières minutes. Il est essentiel d’en faire. On se sentait forts là-dessus et on a appuyé pour recoller au score et marquer. » Une évidence. Preuve également d’une forme de maturité pour ce groupe. « On a constaté qu’on avant trouvé une solution pour reprendre l’avantage et on a continué dans cette voie, explique le flanker Thibaud Flament. Cela a payé. »

Car à l’arrivée, malgré quelques frayeurs et un manque de fluidité inhabituel, les Toulousains ont enregistré un nouveau succès bonifié à domicile et ont accentué leur matelas en tête du classement. « Il faut retenir le positif, assure Flament. On voulait absolument gagner avant la coupure et c’est chose faite. Disons que c’est simplement une petite piqûre de rappel pour garder la tête sur les épaules. » Et aussi pour ne pas oublier qu’en plus de tous ses joyaux, cette équipe possède également de sacrés combattants. D’autant plus précieux pour la suite.

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